On y était : Cat Power à la Salle Pleyel (Festival Days Off)

C’est rare les concerts où quand tu sors tu ne sais pas si tu as aimé ou pas. Ben c’était un peu le sentiment que j’ai ressenti en sortant de Pleyel après le concert mi-figue mi-raisin de Cat Power.

J’avais entendu par quelques bruits de couloirs que Cat Power était à Paris depuis le début de la semaine précédant son concert à Pleyel qui devait se dérouler le 3 juillet. Elle avait loué un studio d’enregistrement, mais n’est jamais venue. Aucune session, avec à la clé toujours une bonne excuse. Peur donc…Merde, et si jamais elle ne venait pas ce dimanche ? Non impossible. Faisons abstraction de ça. Le concert aura lieu. Ayons la foi. Elle est bien présente en effet. Et, le concert était l’un des plus étranges qui m’ait été donné de voir. Décousu, intense par moments, et puis déprimant par d’autres.

 Un concert de Cat Power, c’est particulier.

En fait, on est subjugué et mal à l’aise à la fois et partagé entre plusieurs sentiments : captivé par la peur que Cat Power ressent. Les grosses respirations qu’elle prend avant de se lancer dans un titre sont la preuve qu’elle n’a pas encore totalement vaincu sa peur de la scène. On la sent lutter contre elle-même, et on se demande même si elle va finir le set. Mais aussi on la trouve touchante, même si on a un peu envie de la remuer, en lui disant « t’inquiète pas tout va bien se passer, vas-y ».

On sait bien que dans le passé, elle avait une peur panique de la scène, si bien qu’avant de monter elle s’enfilait des litres et des litres d’alcool, jusqu’à développer une addiction et dépendance totale. Bourrée ou pas ce soir-là, Cat Power était toujours au bord du précipice, quittant souvent la scène entre deux morceaux, et à deux doigts de vaciller mais finalement elle a tenue.

Et puis, on est émerveillé par cette voix qui sort d’on-ne-sait-où, qui nous embarque, et qui nous fait oublier les errances scéniques qui ponctueront le set. Parce que oui, si la demoiselle défaille et semble parfois être sur une autre planète loin de nous, dès qu’elle se met à chanter, on est pris aux tripes, au plus profond, et on ne peut s’empêcher d’être suspendu à ses lèvres. En fait, dès qu’elle se met à chanter (et quand elle est dedans), on la sent comme possédée. Mais, ça ne dure qu’un temps… une moitié de chanson…

2. C’est quoi le titre ?

Dans le top 10 de mes albums préférés figurent incontestablement You Are Free. Oui, je sais, tous les fans de Cat Power disent que son meilleur album est The Greatest (et d’ailleurs « Greatest« , issue du même album était certainement le titre le plus attendu et donc plus applaudi). Dieu sait que cet album né dans la douleur est beau, mais étrangement You Are Free, c’est celui que j’écoute en boucle, notamment « I Don’t Blame You« … C’est ce morceau qui clôturera le set. Sauf que. Il fût tellement modifié et réarrangé, que j’avais du mal à retrouver le morceau original. Même chose pour « Good Woman« . Du coup, je suis un peu déçue.

Je m’attendais également à ce qu’elle prenne la place derrière un piano, histoire de nous faire pleurer un bon coup, ou bien qu’elle nous joue un morceau seule à la guitare. Il n’en sera rien, puisque c’est toujours accompagnée de son groupe de musicien tout droit sorti de Las Vegas qu’elle jouera tous ses morceaux.

 3.  » I’m Sorry  »

 C’est l’expression qu’elle a du le plus répéter pendant le concert. « Je suis désolée », « merci d’être restés aussi longtemps », « je suis trop distraite, désolée ». évidemment qu’on lui pardonne. L’ensemble du public aussi lui pardonne, puisqu’à la fin du concert, c’est une standing-ovation qu’on lui offre qui durera une bonne dizaine de minutes. Véritablement touchée Chan Marshall remerciera longtemps les spectateurs, offrira des fleurs, et balancera des bracelets. Parce que c’est elle, parce qu’on est touché par sa classe, sa simplicité, sa voix, son regard de dépressive, sa musique. Parce que c’est Cat Power.

Malgré tout, avec une nuit de réflexion à me repasser le concert dans la tête, je ne sais toujours pas si j’ai apprécié ou pas. Sans doute avais-je mis trop d’attentes dans ce concert. Et, fatalement oui je suis un peu déçue. Je m’attendais à une grosse claque, et je m’étais déjà dit avant « ce concert sera, j’en suis sûre le meilleur concert de l’année« . Non, indéniablement, il était beaucoup trop irrégulier ce concert pour être qualifié de « super concert ».  D’autres diront même qu’elle s’est tout simplement vautrée…

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Une pensée sur “On y était : Cat Power à la Salle Pleyel (Festival Days Off)

  • 4 juillet 2011 à 16 h 54 min
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    So true. Nearly our exact sentiments about the evening.

  • 4 juillet 2011 à 20 h 27 min
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    J’y étais et cet article fait ressortir les sentiments mitigés que j’ai eu tout au long du concert.
    Parfois génial, parfois me donnant envie de quitter la salle.
    J’ai eu l’impression que la prestation de Cat Power ne tenait qu’à un fil, que quand elle s’éclipsait en coulisses pendant que le groupe finissait le morceau, elle ne reviendrait pas.
    Avec cette voix et la magie qu’elle arrive à faire vivre sur certains morceaux, je lui pardonne tout. D’autant plus que j’étais très mal placé (2ième balcon) d’où la difficulté d’apprécier tout le concert.
    Par ailleurs la salle Pleyel, quelle horreur !!

  • 4 juillet 2011 à 22 h 13 min
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    Bouleversante. pas dans le sens où on l’attendait. Destabilisante. Bluffante.

  • 4 juillet 2011 à 23 h 53 min
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    C’est exactement ce que j’ai ressenti ; très bonne analyse

  • 5 juillet 2011 à 0 h 58 min
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    Pas de sentiment mitigé de mon côté. C’était beau, intense. Ceux qui diront qu’elle s’est vautrée, seront ceux qui n’étaient pas dans la salle.

  • 5 juillet 2011 à 12 h 42 min
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    Un concert magnifique d’une rare intensité. Et quelle acoustique incroyable salle Pleyel. L’excellent jeu de batterie de Jim White a du coup pris une ampleur énorme.
    En début de concert, nous avons pu entendre beaucoup des nouvelles chansons en préparation pour le nouvel album. On sent que Chan évolue et que sa musique s’enrichit de nouvelles influences. Les rythmes s’accélèrent, plus tendues, plus rock, de nouveaux riffs de guitare allant chercher vers le métal. Sa voie qui s’envolent dans des aiguës punks sur une chanson.
    Pour moi, son meilleur concert. Et de loin.

  • 5 juillet 2011 à 14 h 08 min
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    Je suis d’accord sur le fait que Jim White était impressionnant. J’ai du bloquer plusieurs fois sur son jeu de baguette. Par contre, comme j’étais très près de la scène, et on voyait sur le visage de musiciens qu’ils étaient blasés…
    J’arrive toujours pas à savoir si j’ai aimé ou pas… J’adore vraiment Cat Power et d’un côté j’étais touchée par sa fragilité, mais ce côté un peu jemenfoustiste et complètement ailleurs ça m’a gonflé parfois… C’est bizarre, en général, une fois qu’un concert est fini je réfléchis pas, et là, j’arrête pas de me le repasser en boucle… en me disant que quand même cette fille est à part…je sais pas…
    ça m’empêchera pas toutefois de retourner la voir en concert…

  • 6 juillet 2011 à 1 h 33 min
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    Chan Marshall sur scène est sur la brèche, on l’a bien ressenti dimanche soir. Déstabilisante et bouleversante, je suis d’accord avec un commentaire précédent. J’ai énormément apprécié ce concert plein d’émotions, presque intimiste. J’étais littéralement perché à sa voix… Et Jim White m’a bien fait halluciner! Un concert de Cat Power, c’est différent, mais dans le bon sens du terme!! Je m’en souviendra longtemps… et vivement le prochain!

  • 4 avril 2012 à 22 h 21 min
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    ah, l’effet troublant de Cat Power en live… çà ne change pas trop !

  • 14 mars 2016 à 21 h 30 min
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    en fait elle était très gênée car c’est une salle de musique classique sans retour de son apparemment ce qui l’a perturbée pendant tout le concert… Mais j’ai aimé quand même…

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