On y était : June&Lula, Brigitte et Madjo au Festi’Val de Marne

Je ne m’étais jamais rendue à ce festival avant, et pourtant le FestiVal de Marne fête ses 25 ans cette année, alors joyeux anniversaire à ce bel événement qui promeut la musique de tous les styles dans le département du Val de Marne (et entre nous, j’habite le 94 depuis des années, alors c’est bien bête de ne pas y être allé avant)

Nous y voilà donc, à la salle Jacques Brel de Fontenay sous Bois, dont le nom ne pouvait promettre que du bon. Sans vous parler de la programmation de ce vendredi 14 octobre. Alors pour ne pas vous mentir, je n’avais pour ma part jamais entendu Madjo en live, et j’avais raté les Brigitte au Festival Live de la Fnac l’Hôtel de ville de Paris. Heureusement ce soir était pour moi le soir du grand rattrapage culturel !

Ca débute avec June&Lula, deux jeunes femmes bien différentes, l’une à la guitare avec un timbre de voix alto en pantalon/chemise, et l’autre soprano, robe noire et flûte traversière. Avec une telle description, ça ne peut que promettre du bon, puisqu’il ne faut pas oublier Matthieu à la contrebasse, et pieds nus. Un bel ensemble donc.

Les filles entament la soirée, et ce n’est guère une tâche facile face à une salle presque comble mais un peu dissipée. Ca tombe bien, car elles font ça tout en douceur, avec leurs titres fétiches, dont notamment un « My Girl » bien enjoué, un »Goodbye Suzanne » dansant, un « Lonely Guy Blues » absolument divin et « I’m Not Going » final partagé avec le public. Une belle salve d’applaudissements plus tard, et voilà le duo-trio qui salue après avoir réalisé un bel exploit: captiver le public fontenaysien avec une contrebasse, une guitare sèche, et deux voix frêles en parfaite harmonie.

 

Une entrée tout en douceur, qui nous amène à parler du duo suivant, pas vraiment dans le même style dirons-nous. Deux chèvres des deux côtés de la scène, et un grand « B » qui apparaît sur le fond? Allez, facile … Brigitte ! Et les deux acolytes absolument sublimes savent faire le show. D’abord une petite musique douce, les trois instrumentistes qui entrent, un peu de caisse claire pour accompagner le tout, puis soudainement un changement radical dans le fond sonore, et deux silhouettes qui entrent sur scène sous des capes dignes du Seigneur des Anneaux. Une premier chanson « encapée » puis enfin les filles se découvrent et nous laissent voir leurs sublimes robes brillantes de milles feux… et leurs sourires. Je ne les avais jamais entendues, et différentes points de vue m’avaient été donnés quant à leur album « Et vous tu m’aimes? ». Soit on aimait, soit on n’aimait pas. Et bien moi j’ai grave aimé. J’ai aimé cette joie, cette bonne humeur, leurs longues robes et leurs tambourins à paillettes, leurs petits pas de danses, et cette ambiance particulièrement agréable. J’ai aimé les paroles complètement décalées, le Jesus en image de fond alors que Brigitte chante sensuellement la reprise de NTM « Ma Benz » sur fond de Portisheah, et le public qui s’éclate et qui ne se sent plus sur « Battez-vous ».

Un beau set, plein de strass et paillettes, de sourires et de déhanchements, et deux artistes qui ont crée un monde bien à elles. Elles sortent de scène avec un « Brigitte se casse ». Et en effet, elles se sont cassées.

Pour l’anecdote et après les demandes de bis, on nous apprend que les filles ont été juste niveau timing, donc rebelote, changement de plateau, et les techniciens au travail pour la dernière invitée de cette soirée spéciale girls power.

C’est une scène bien différente qui se met en place, avec notamment deux stands de percussions. Quelques minutes plus tard, c’est Madjo qui apparaît, devant un public quelque peu dégarni, mais dont la majorité est restée jusqu’au bout. Déjà, première constatation, une voix rauque incroyable qui prend aux tripes, si vous me permettez l’expression.

C’est une fin de soirée, et le calme s’installe dans la salle, à l’écoute presque studieuse de Madjo et de ses 3 musiciens-chanteurs. Deuxième remarque, la musicalité des titres de Madjo est vraiment originale et plutôt orgasmique. Pardonnez-moi encore le terme, mais il y a une sorte de fil conducteur qui nous fait apprécier chaque note de ces « transes musicales », avec lesquelles la voix de Madjo s’allie si bien. Je ne sais pas si je parviens à me faire comprendre avec de simples mots, mais au moins j’aurais tenté d’expliquer ce qui rend Madjo si intéressante. Car pour moi c’est bien au-delà du « Nid des 100 soucis », c’est plutôt un « Leaving My Heart » continuel, soit un titre bien plus intéressant musicalement. Ce discours peut paraître rébarbatif et m’éloigner du sujet principal, donc avant que vous ne lachiez ce paragraphe, laissez-moi vous dire que j’ai été superbement contente de découvrir cette artiste en herbe, qui promet de très, très belles choses par la suite.

Une belle soirée conjuguée au féminin, qui pour moi est un beau panorama de ce que la musique française est en train de produire. Trois styles complètement différents, et pourtant si proches dans leurs alliances des voix. Un plaisir pour mes oreilles, et un plaisir pour toutes les personnes dont j’ai pu voir les visages comblés pendant la soirée.

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