Christine and the Queens : électrique, freaky et addictive !

Tout commence à Londres. Un soir Héloïse, jeune étudiante en théâtre, se rend dans un cabaret de la capitale anglaise. Elle rencontre un groupe de musiciens travestis. Illumination, elle veut chanter.  Surtout, ce qu’elle veut c’est être accompagné par un groupe de drag-Queens, comme ceux que le destin a mis sur son chemin.  Chez elle, seule elle compose sur son piano branché à son ordinateur des compositions. Clavier, percu, voix. Des voix qu’elle dédouble, démultiplie et enregistre dans sa salle de bain…L’acoustique est toujours meilleure dans une salle de bain !  Elle aurait voulu être entouré de queens comme celles de Londres, mais à défaut de les avoir en physique, elle les a en pensée. Doucement Héloïse devient Christine. Un faux Queen, entendez par-là une femme qui se déguise en travesti. Un imposteur qui sévit dans le groupe : Christine and the Queens.

Le projet est posté sur internet et remonte jusqu’aux oreilles des Inrocks qui craquent pour la fille qui ne porte que des smoking. Tout s’accélère pour elle. La tempête Christine and the Queens est prête à tout emporter sur son passage. Il faut dire que musicalement aussi bien que visuellement parlant, le projet à tout pour plaire et susciter la curiosité. Un grain de folie et de fraicheur qui est bien rare de nos jours.

Rythmiques électroniques mêlées aux percus , douces rêveries, une voix lyrique, Christine and the Queens se situe quelque part dans le sillage d’une Bat For Lashes ou d’une Kate Bush. Les mélodies bien construites sont enivrantes à l’image du très addictif « Amazoniaque » issu de l’EP Mac Abbey. (sorti en janvier 2012).  Mais c’est sur scène que la demoiselle est encore plus intéressante. C’est là qu’on découvre pleinement l’univers étrange et fascinant de Christine.

Sur cette scène, elle est seule. (enfin pas tout à fait, puisque ces cinq Muse invisible l’accompagnent). Son ordinateur posé au loin, qu’elle contrôle à l’aide d’une télécommande.  Ses samples sont son seul musicien, alors oui elle ne compte pas cacher son ordinateur mis bien en évidence. Christine coiffée de corne de cerfs chante, danse et se démène, susurre, joue avec des ciseaux, se dédouble sur un écran géant. A la limite de la performance, Christine mêle musique, théâtre et danse. Le pari est audacieux, freaky sur les bords, mais après le choc de la nouveauté, on se trouve transporter dans le monde du Faux Queen. Et on voudrait d’ailleurs en découvrir un peu plus.

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