On a écouté : Neverending de Swann

Quand vos oreilles s’attarderont pour la première fois sur l’album de Swann  Neverending, même avec désinvolture, c’est la voix de la demoiselle qui les fera frémir. Elle est de ces voix particulières qui émaillèrent la longue histoire du rock, à la fois douce et rageuse, rocailleuse et douce, sensuelle et… sensuelle. On y entend du Patti Smith, du Lou Doillon, et même la voix d’une vieille chanteuse de country qui s’échapperait d’un vieux jukebox au fond d’un miteux bar du Texas. Mais les qualités de la jeune songwriter  ne s’arrêtent pas là. Il est indéniable que la jeune femme de 23 ans a de la culture musicale et qu’elle sait la mettre au service de ses propres compositions. De formation classique, elle apprend très tôt la guitare, le piano et l’harmonium que l’on retrouve sur quelques morceaux. Elle commence à composer dès l’âge de onze ans, se nourrissant toujours plus de ses rencontres musicales : son premier album est le reflet de ce large éventail.

En fermant, les yeux on se sent tour à tour sous le lourd soleil américain, dans un désert rouge de la route 66 (« It don’t Ryme », ou « Angel of death »), dans le métro new-yorkais coincé entre Patti Smith  et Blondie (« Show me your love »), dans un film français métaphysique qui se pose des questions sur la nécessité de se poser des questions (« My darling ») ou dans les ruelles de Liverpool hésitant entre aller boire une bière dans un pub (« Trying Hard to Find Myself Again ») et acheter l’album Revolver des Beatles (« Poem#1« ). On serait amener à croire que tant d’univers musicaux pourraient dénaturer l’album, pourtant la voix de la jeune fille (encore) et sa manière de composer donnent un style tout à fait particulier à son opus qui unit chaque chanson les unes aux autres, et nous font passer un moment délicieux.

Enfin, on s’attardera sur « Hold me close », titre écrit alors qu’elle n’avait que 14 ans, et dans lequel on sent à la fois les mélancoliques pensées de l’adolescente en fleur et une tristesse mature non feinte. Et surtout, on ralentira un peu plus encore notre écoute sur le titre « I’ll say a prayer », moment de poésie simple, tendre, où l’harmonica souligne délicatement le chant à deux voix d’une Swann dédoublée, et où la guitare est jouée d’un simple arpège comme on trouvait dans les premiers albums de Ben Harper (« Not fire, not ice »). Petit moment de bonheur pour cette chanson, et indéniablement une agréable écoute pour le premier album d’une jeune musicienne, qui, et cela ne fait aucun doute, sera amener à en faire d’autres.

Charles L.

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