Fat crush sur les Soeurs Boulay

Je ne suis pas franchement fan de musique francophone. Je ne sais pas non plus si vivre au Québec m’a retourné le cerveau, parce que depuis que je suis rentrée, je me suis remise à écouter des grands classiques de variété française. Cela dit, si la variété française est plutôt inexistante (ou inintéressante à vous de choisir) en ce moment, de l’autre côté de l’Atlantique, la francophonie est valorisée et estimée à sa juste valeur. Il faut dire qu’il y a de quoi. Au Québec, il n’y a pas de honte à chanter en français, et on ne saurait l’expliquer, mais les paroles paraissent beaucoup plus crédibles. C’est comme ça, les Québécois on les kiffe, point à la ligne.

Boulay est un nom commun au Québec. Stéphanie et Mélanie ne le sont pas. Ces deux soeurs de trois ans d’écart tout droit venues de New Richmond en Gaspésie ont désormais posé leur guitare, ukulélé et percussions à Montréal. Elles ont baigné dans l’univers musical depuis toutes petites grâce à leurs parents, à travers des cours de chant, de la chorale, des covers sur YouTube et des concerts donnés sur les routes québécoises. Un socle solide pour démarrer comme il faut.

Et puis en février 2012 un premier EP sort. Elles enchaînent alors les dates, entre gros festivals et petites villes au fin fond de la Belle Province jusqu’aux Iles de la Madeleine. Enfin, en mars 2013, les filles sortent « Le Poids des Confettis » leur premier album très attendu (Dare to Care Records / Grosse Boîte). Enregistré en six jours sous la neige de décembre l’album était une évidence.

On adore comment les soeurs décrivent leur album :

« Le poids des confettis c’est de la nostalgie sans fin de monde qui a pas grandi. C’est une couple de guirlandes des fêtes passées qui traînent à terre, des bye-bye qui font brailler. C’est de la musique brocante à écouter en boule dans un coin ou dans ton char au grand vent, des histoires de soirées paquetées, de ski-doo et de secrets fleuris aussi; de monde choqué, de monde high. C’est du sucré amer, c’est un peu passé d’mode mais c’est pas si grave ».

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On ne peut pas ne pas être d’accord. Le Poids des Confettis c’est un album enchanteur et satiné. Tout est finement dosé. Les voix sont mises en valeur, le folk est à son état brut. C’est épuré, c’est beau. Souvent une guitare et un ukulélé suffisent. Comme sur « Sac d’école » ou « Mappemonde » dans laquelle les soeurs livrent le témoignage d’une fille qui se rend compte qu’elle n’aura pas le gars qu’elle voulait. Même si dans le fond, elle le savait au plus profond d’elle-même. Du moins c’est ce qu’elle se dit. Qu’il ne sera jamais son chum et elle sa blonde. C’est un peu nous les filles quoi. Enfin, complètement nous en fait.

C’est fou cette capacité qu’elles ont a retranscrire tout haut, avec humour et amertume des banalités de tous les jours. « J’compte les filles qui t’ont fait l’amour, pis je manque de doigts » dans « Ote-moi mon linge » par exemple. Cette chanson, leur a été écrite par Stéphane Lafleur du groupe Avec Pas d’Casque, et on accroche grave. De toute façon, rien qu’avec les titres de leurs treize chansons, on pourrait faire nous-même une compo. Et puis forcément comment ne pas mentionner la grande complémentarité de leurs deux voix. Elles chantent tour à tour, ou ensemble à l’unisson ou dans de superbes harmonies qui foutent des frissons. Je ne parlerai pas de leur « accent » parce qu’on m’a appris là-bas, que c’était nous les français, qui en avions un. Même si on adore ça.

C’est de la musique presque minimaliste et étonnement maligne. C’est frais et maussade à la fois, agile et naïf aussi. Elles ont leur propre signature, leur style. C’est leur manière à elle de miser sur des textes malicieux et très terre à terre.

Si les soeurs Boulay n’ont pas encore bien débarqué en France, elles commencent à se faire un vrai nom au Québec. Elles sont les révélations de l’année 2013-2014 de Radio Canada catégorie chansons (elles succèdent à Karim Ouellet !), ce qui n’est pas rien. Elles sont aussi venus tourner un peu en Europe, notamment aux Francofolies de la Rochelle où elles faisaient partie d’une soirée spéciale Québec. Forcément on en redemande dans l’hexagone.

Actuellement elles enchaînent les concerts au Canada et sont bookées jusqu’en avril 2014. On espère qu’elles trouveront un peu de temps pour faire un détour par la France !

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Une pensée sur “Fat crush sur les Soeurs Boulay

  • 5 août 2013 à 18 h 24 min
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    Aucun lien de parenté avec Isabelle ?
    OK, je sors…

  • 6 août 2013 à 10 h 18 min
    Permalink

    haha
    apparemment non ! 🙂

  • 24 janvier 2016 à 12 h 11 min
    Permalink

    Je trouve leurs chansons sympas mais cela me rappelle les Brigitte en moins bien. Donc pour moi il n’y a aucune originalité.
    Dommage.

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