Lou Reed : même les Dieux peuvent mourir

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C’est étrange ce rapport que l’on entretient avec ses idoles et les icônes. Lorsque Kurt Cobain est mort, je n’avais pas 10 ans. Je ne comprenais ces gens à la télé qui pleuraient sa mort. Avec ma conscience d’enfant, je me demandais naïvement si tous ces gens le connaissaient vraiment ? Quand la princesse Diana est décédée, je ne comprenais toujours pas pourquoi des personnes venaient se recueillir sous le pont de l’Alma. Quand Michael Jackson s’est éteint, je n’ai pas vraiment été touché. Cela me paraissait lointain et surréaliste de pleurer la mort d’une personne que l’on ne connaît que par son statut d’artiste ou de personne publique.

Et puis…

« Lou Reed est mort »

J’ai reçu cette alerte sur mon téléphone. Je sortais du cinéma, encore euphorique du film que je venais de voir. D’un coup, j’ai senti mes jambes faiblir et un froid m’envahir. J’ai du m’asseoir pour relire. « Lou Reed est mort à l’âge de 71 ans ». Mon Lou Reed ? Impossible. Là, les larmes sont venues. Toutes seules. J’ai eu l’impression de perdre quelqu’un de ma famille. Il faisait parti de ma vie. Littéralement parlant. J’ai découvert tardivement l’existence du Velvet. C’était à la Fnac, à la sortie du lycée. J’ai acheté un album parce que j’aimais bien sa pochette. La fameuse banane d’Andy Warhol. On n’écoutait pas beaucoup de musique chez moi et je ne savais pas ce qu’était le Velvet Underground & Nico. Le coup de foudre a été immédiat. J’ai acheté les autres plus tard et ceux de Lou Reed ensuite. Et, j’ai passé les quinze dernières années de ma vie à écouter le Velvet Underground au moins une fois par semaine. Parfois même en boucle pendant des journées entières sans être capable d’écouter autres choses. Ils sont rares les groupes et artistes à me faire ça : il y a lui, les Smiths, David Bowie Jeff Buckley, Bob Dylan, Nirvana et Joy Division.

La guitare crade et mauvaise, les paroles parfois provocantes, acides de vérités, meurtries, pleines de double-sens, les ambiances quasi-malsaines qui se dégagent des chansons, j’ai aimé tout ça instantanément. « Sunday Morning », « I’ll Be Your Mirror », « Riptide », « Endless Cycle » les albums Berlin, Set The Twilight Reeling. Tranformer. Ce mec était un génie.
Et puis j’ai rêvé de le voir, en vrai… Mais j’ai maudit très vite ce jour. Ce n’était pas le héros flamboyant que je voyais sur les vidéos Youtube. Le Lou Reed que j’ai vu, était un vieille homme malade, ridé, décrépi, lunettes sur le nez qui a du mal à se déplacer. L’image du jeune et clinquant Lou Reed a pris un coup.

Ça fait mal de voir ses idoles en mauvais état. Tout comme ça fait mal d’apprendre qu’ils peuvent mourir. Qu’ils meurent. On se prend alors une réalité en pleine face : ils ne sont pas les dieux increvables qu’on s’imagine. Ce 27 octobre, quand j’ai appris que l’un de mes dieux est mort, j’ai pleuré. Longtemps. Je me suis sentie orpheline. Je ne comprenais pas, cette fois, pourquoi les gens autour de moi continuaient de rire, de parler, d’être heureux alors que la musique venait de perdre l’un de ses héros. Un mec qui a littéralement révolutionné le rock, qui a donné naissance à des milliers d’autres groupes. C’était un triste jour. Un dimanche…Comme s’il l’avait prévu, le bougre, de mourir un Sunday Morning.

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