Hein Cooper : « C’est quand tu joues dans une salle vide que tu sais que tu aimes vraiment la musique »

INTERVIEW – Hein Cooper s’est plié à l’interview des premières fois avec humour et gentillesse.

Hein Cooper. Un nom que l’on entend depuis un certain temps maintenant. Normal. Il figure parmi le bataillon Indica Records, la mine de talents de Montréal. Et pourtant, comme son aîné Kim Churchill, pour lequel il a fait les premières parties en Allemagne, il est Australien. On était donc plus que curieuses de le découvrir enfin, lors de son deuxième concert parisien au MaMA Event. On le rencontre le lendemain de son passage au Petit Moulin, chez Naïve, chez qui il vient de signer. Je lui explique ce qu’on va faire, il me demande décontracté « qu’est-ce que c’est cette interview des premières fois ?« . Je lui réponds qu’il va voir par lui-même. « Aaaaaalright« , me répond-il, taquin.

Hein Cooper

Rocknfool : Ton premier souvenir musical ?
(rires) Quand j’avais 6 ou 7 ans, mes parents ont acheté un lecteur de disques pour la première fois, et on a acheté Mambo No. 5. Et je me souviens que je l’écoutais religieusement tous les jours (chantonne le refrain).

Tu devais danser en l’écoutant non ?
Carrément ! Mais je rappais et chantais les paroles surtout.

Le premier concert que tu es allé écouter ?
Je n’ai pas vraiment grandi avec des parents qui aimaient aller écouter de la musique en live, ce qui craint un peu je trouve… Donc je pense que mon premier concert live devait être celui de ma grand-mère chantant à l’opéra, c’était une chanteuse d’opéra assez populaire en Australie. Ça durait plusieurs heures, à la fin je m’ennuyais !

Ton premier CD ?
(rires)… Limp Bizkit ! Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water. C’était du lourd ! (chantonne). C’est mon secret, ma passion. Je l’adore vraiment cet album.

Tu l’écoutes encore ?
Je ne l’écoute pas tous les jours (sourire), mais je me le mets quand je suis très en colère contre le monde, ça me blinde.

Ton premier idole ?
Jack Johnson. J’ai appris la guitare quand j’avais à peu près 14 ans, et à cette période là, la façon dont il en jouait m’inspirait beaucoup. Je pouvais apprendre tout seul à jouer ses chansons, et j’aimais ça. J’ai pris des cours pendant un an peut-être, après j’ai appris de mon côté. J’aimais absolument toutes ses chansons à l’époque.

Ton premier bœuf ?
Je ne me souviens pas de mon premier vrai bœuf. Mais lorsque j’ai déménagé à Sydney, j’ai vécu avec dix personnes dans une maison à deux étages. On avait un garage, et j’y jouais littéralement tous les jours pendant trois ans avec un batteur et un autre guitariste. On avait installé des baffles, des micros… il y avait même un piano ! C’était le bazar. Mais on y a passé énormément de temps ! Et le truc le plus incroyable c’est que nos voisins ne se sont jamais plaints alors que nous étions entourés de maisons ! On jouait jusqu’à 1h du mat’, personne n’a porté plainte et on n’a jamais eu de visite de la police. C’était spécial !

Ta première chanson que tu as écrite ?
(chante) You’ll be juste fine, you will be alright, under some palmtrees in your quiet mind…. J’ai oublié le titre. Mais c’était très…. lent….très… doux… très… Jack… Johnson…

Ta première première partie ?
Probablement pour Little May, un groupe de filles australiennes, vraiment cool. Je ne l’ai fait qu’une fois pour elles, mais après il y en a eu tant d’autres… J’en ai beaucoup fait, et je le fais encore beaucoup ! Je n’arrive pas à me souvenir de la moitié de toutes les premières parties que j’ai jouées en cinq ans. J’avais une mémoire pourrie à l’époque…

Ton premier concert où tu as joué ?
C’était dans une vieille maison à Bondi, à Sydney…(silence). Non en fait c’était au lycée. Tu sais, les spectacles de fin d’année, où tous les musiciens jouent une chanson chacun. J’ai chanté une chanson à moi, avec un guitariste qui m’accompagnait, je devais avoir 16 ans… C’est drôle d’y repenser ! (sourire) Il faut que je retrouve les enregistrements, parce que bien sûr j’avais tout enregistré !

Ça m’intéresse ça !
J’ai des enregistrements que j’avais fait lorsque j’avais 18 ans : mes premiers vrais enregistrements réalisés par un autre enfant de l’école de musique, que j’avais rassemblé sur un EP de cinq titres. Et à cette époque j’étais éperdument amoureux d’Angus & Julia Stone, donc ça ressemble exactement à Angus Stone, la manière dont je chante, la façon dont je joue de la guitare…

Ce n’est pas un mal non ?
Non non c’est sûr… Maintenant, je n’écoute plus Angus Stone, ni Jack Johnson. Je suis plus Ben Howard, Radiohead, Bon Iver, Beck, City and Colour, Jeff Buckley… J’ai évolué ! (sourire) J’ai l’impression qu’ils m’inspirent bien plus.

Ta première fois à Paris ?
J’avais deux ans…

Deux ans !
Ouais, j’avais appelé un avion tout seul, j’étais descendu dans un hôtel, je me suis bourré la gueule… C’était il y a tellement longtemps ! Tellement de bons souvenirs de ce voyage… (rires) Non sérieusement j’y étais allé avec mes parents. Et plus récemment en tant qu’adulte je pense que c’était l’année dernière [2014 ndlr]. Cette année, je suis venu en mai pour faire mon premier concert à La Cigale qui était vraiment cool, avec Sophie Hunger.

La première chose que tu fais quand tu montes sur scène ?
J’accorde ma guitare.

Tu ne t’accordes pas avant ?
J’avoue, tu as raison, je m’accorde avant (rires). La première chose que je fais quand je monte sur scène à Paris c’est « bonsoiiir, je m’appelle Hein Cooper, je suis Australien, je ne parle pas bien français, sometimes I’ll speak English ! », puis je commence à jouer la première chanson.

Et dans les autres pays ?
Je change tout le temps. Parfois je ne dis rien, je commence juste à jouer une chanson entraînante, car ça permet au public d’entrer dans le concert. J’hésite toujours à débuter par un titre rythmé ou une balade. J’ai vu beaucoup d’artistes le faire, et dans ce cas là il ne faut rien dire quand tu entres sur scène, pour que tout le monde puisse entrer dans ton univers. En tournée je ferai moitié moitié je crois…

Et la première chose que tu fais en sortant de scène ?
En général je remballe tout mon matériel rapidement car je veux retourner dans la salle pour vendre des disques. C’est une lutte pour tout récupérer…

C’est vrai qu’en plus tu as pas mal de choses avec toi sur scène…
Carrément ! Ça irait si je jouais en deuxième partie, je n’aurais pas à tout ranger, puisqu’il n’y aurait personne après moi… comme ça je pourrais boire du vin rouge tranquillement !

Ta première déception ?
Il y en a eu beaucoup (rires). J’essaye de les oublier en fait !

Tu dois sans doute te souvenir d’une plus marquante… ?
Je me souviens d’un grand nombre de ces déceptions en fait, mais juste pas de la première ! Je me souviens très bien des fois où je jouais et qu’il n’y avait personne dans le public, genre 3 ou 4 personnes maximum… C’est dans ces moments là que tu sais que tu aimes vraiment la musique. Si tu persévères et continues à jouer malgré ces moments de solitude… peu importe ta popularité, tu fais de la musique parce que tu aimes ça !

Hein Cooper

Le premier rêve que tu as finalement réalisé ?
Avoir mes chansons qui passent à la radio en Australie… Ce n’était sûrement pas le premier rêve qui s’est réalisé, mais l’un des plus importants à mes yeux. D’entendre sa musique passer à la radio, c’est quelque chose d’extraordinaire.

Et donc, ton premier album c’est pour quand ?
Au début de l’année prochaine. Il est déjà enregistré et bouclé !

Hein Cooper, EP disponible (Indica/Naïve).

À LIRE AUSSI >> Hein Cooper au MaMA Event 2015.

Propos recueillis par Emma Shindo.

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