Eurosonic 2016 : la surprise Alex Vargas et d’autres petites pépites

First. Quand on se promène dans les rues de Groningen, petite ville au Nord des Pays-Bas on est frappé par une chose : ça transpire la musique. Pas une rue sans un concert-bar, un disquaire. D’ailleurs tous les artistes auront cette phrase à la bouche : « ici, vous aimez vraiment la musique ». Et ici, c’est le siège de l’Eurosonic. C’est comme le MaMa Event mais en plus gros et en plus vieux. L’event existe depuis 30 ans et pour son anniversaire, il affiche complet. Ils sont environ 3000 professionnels à avoir fait le déplacement, ils viennent des quatre coins de l’Europe pour repérer les prochains talents que tous le monde aura dans son casque les prochaines années parmi 350 groupes. Ca fait beaucoup. Et c’est impossible de tous les voir. J’aurais voulu voir Georgia, Verveine, Young Folk ou encore C Duncan mais je n’ai pas ce don magnifique qui n’existe pas qu’est l’ubiquité.

J’ai donc choisi d’aller voir Alex Vargas : un Danois au corps athlétique, à la silhouette longiligne et dont la voix module entre les très aigües et les très graves. Sa musique est comme les deux faces d’un vinyle. D’un côté, un folk-singer bercé par la soul music qui devrait plaire aux fans de James Bay. De l’autre, une musique électronique barrée que les clubs berlinois ne bouderaient pas. Le mélange est étrange mais exquis. A suivre de plus près. A suivre de près aussi, la diva Seinabo Sey. Une diva r’n’b à l’ancienne qui a introduit avec subtilité les influences électro actuelles. Sa voix gorgée de gospel donne un côté christique à sa musique et il n’est pas rare de voir quelques badauds dans les scènes où elle se produit lâcher une larme quand elle rend hommage à son père décédé.

Je ne sais pas trop quoi penser en revanche d’Alice on The Roof. Cool sur deux chansons, épuisante au bout de la troisième : une poupée qui mélange rock et électronique façon Tove Lo mais en moins trash et en plus acidulée et pailleté. Je crois, aussi, avoir trouvé le pire groupe de rock du monde : Dolores Haze, quatre punkettes comme on peut croiser dans un quartier paumé le soir d’une fête de la musique. Pourtant, sur le papier, ça avait l’air cool. Leur bio dit ça : « Swedish quartet Dolores Haze write scuzzy, post-punk anthems that sound like a more droll, radio-friendly version of The Stooges or Siouxsie and The Banshees. Just don’t mistake these kids for a bunch of downers because Dolores Haze is also just as informed by mainstream stars like Charli XCX and Miley Cyrus. With one song baring the title ‘**** The Pain Away’ urging the listener « to stay in school/’cause it’s the best », even Alice Cooper himself would be impressed ». En vrai, on a l’impression de voir une chanteuse sous Lexomil qui aurait voulu ressembler à Nina Hagen. C’est dur de faire du post-punk. Ce n’est pas qu’un look, des fringues dark, une attitude faussement blasée et des paroles faussement provoc’.
Plus tôt dans la journée, on a croisé la route de Jain qui donnait un showcase dans les studios d’une radio locale, 3FM. Déjà, il y a la petite fierté chauvine de voir une Française si talentueuse faire danser et lever les bras des journalistes. Vu les regards et les sourires sur leurs lèvres, ils ont apprécié les trois chansons du set très très privé de la jeune fille à qui personne ne résiste. Personne.

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Texte et photos : Sabine Swann Bouchoul

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