On a écouté : « Gamble For a Rose » de King Charles

Tu te rappelles de l’histoire d’Inside Llewyn Davis ? Celle inspirée du folksinger Dave Van Ronk : le gars tellement intègre qu’il ne voulait pas changer un iota de sa musique. Plutôt que de faire la musique qui plaît aux autres, il voulait faire celle qui lui plaisait à lui d’abord. Le King Charles de 2016 m’a fait penser à ce personnage-là. Trois ans plus tôt, il avait sorti le tapageur mais très bon Love Blood. Un gros bordel musical où se croisaient rock, hard-rock, folk et même country sur fonds de paroles d’amour. C’était l’album pop par excellence. La catégorie fourre-tout dans laquelle on met tout dedans parce qu’on ne sait pas exactement ce qu’elle regroupe.

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Pour son second album, King Charles a mis un grand revers sur la table, il a tout effacé et effectué ce qu’il appelle lui-même un retour aux sources. Lesquelles ? Le folk qu’il affectionne tant. Changement dans la musique mais aussi dans son style à lui, puisque les longues dread ont disparu, la moustache, les fringues pouilleuses également. Quand je le rencontre, un mercredi matin, il n’est plus du tout le même que celui que j’avais interviewé au Printemps de Bourges… Je me souvenais d’un garçon très séducteur, très taquin qui prenait un malin plaisir à déstabiliser son interlocuteur. En l’occurrence, interlocutrice. Je me souviens même qu’il m’avait invitée à danser une valse en fin d’interview. Le truc sortait de nulle part et m’avait laissé un souvenir étrange en mémoire.

En 2016, on retrouve une autre personnalité de King Charles. Plus posé, plus fragile, le chanteur s’est assagi, il s’est adouci. Et musicalement, ça donne Gamble For a Rose. Un album folk produit par Marcus Mumford. « L’album que j’aurais dû faire il y a cinq ans », confie-t-il. Quand le premier est enregistré dans des studios à Los Angeles, le second lui a trouvé sa maison dans une ferme en Angleterre. Roots, on a dit. Plus authentique. Comme pour faire le pont entre Love Blood et cette deuxième galette, on retrouve un titre déjà présent sur le premier album, totalement réarrangé : « Coco Chitty », débarrassée de son orchestration grandiloquente. Retour à la simplicité. Parfois, ça fait du bien. Pourquoi faire compliqué lorsqu’on peut faire simple. C’est sans doute le proverbe qui qualifierait le mieux l’album. King Charles va à l’essentiel, gratte machinalement à la guitare pour le plus grand plaisir de nos oreilles comme sur la magnifique « Saint Peter’s Gate ». King Charles n’a rien perdu de son côté romantique et dès l’ouverture, il le montre avec « Loose Change For The Boatman », une très belle histoire d’amour passionnel et passionné. On craque aussi pour « Choke » et la magnifique « Gamble For A Rose » qui a donné son nom à l’album. Certes, parfois, King Charles se perd dans la facilité, en rajoute toujours un peu… mais ce joli retour aux sources folk est plus que réjouissant. À voir ce que cela donnera en live.

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