On y était : Muse à l’AccorHotels Arena

Un concert de Muse, sur le Drone World Tour, c’est une expérience multi-sensorielle, pour répondre l’expression de GaGa pour son hommage à Bowie pendant les Grammy. Les oreilles sont prises dans un tourbillon de guitares rugissantes et la voix haut-perchée de Bellamy. Les yeux sont sollicités par les voiles qui tombent du plafond et projettent des centaines d’images, par les drones qui survolent et virevoltent. Et mon nez essaie d’oublier les effluves de vomis et de bières et de sueurs qui émanent du rang devant moi. Un concert de Muse, c’est grandiloquent, c’est gigantesque, c’est conceptuel. Le groupe caresse le doux rêve de jouer un jour dans l’espace. En attendant, ils reproduisent ce qui ressemble à une base spatiale digne de Star Wars dans l’enceinte du flambant neuf AccorHotels Arena. Ca écorche la langue d’appeler la salle ainsi. Pour moi, ça restera Bercy, vous me le permettez ? Avant de monter dans la navette intergalactique que je baptiste moi-même le Muse SuperStarship, il y a Phantogram. Le duo new-yorkais tente tant bien que mal de faire dandiner la foule. Sarah donne son maximum, mais le public de Muse n’est pas très réceptif. A côté de moi, un homme se moque de sa façon de bouger sa chevelure bi-couleur. Ce même garçon fera la même chose sur « Supermassive Black Hole », mais comme il est chauve, ça ne fait pas le même effet.

Il est 21h30 quand les trois garçons (et un quatrième larron au clavier à demi enseveli dans la scène) montent sur scène. Avant qu’ils sortent de terre, c’est dans les airs que ça se passe. Des énormes drones dansent dans un amas de couleurs brillantes. C’est joli, ça claque même comme entame. Mais pas le temps d’admirer le ballet des ballons, Matt Bellamy et ses copains débarquent sur scène à coups de guitares rugissantes avec un « Psycho » très hard. Le concert dans sa globalité sera d’ailleurs très hard-rock, Bellamy s’imaginant dans sa tête sans doute, être un guitar-hero d’un autre temps. Le garçon n’est pas très loquace. Pendant les deux heures de concerts, il lâchera trois mots. En tout. Public et copains compris. Par contre, il est très sautillant, il court partout, bondit d’un micro à l’autre, fait mumuse avec les caméras, shoote dans sa guitare pailletée, la balance par terre (on a mal pour elle, surtout qu’elle doit couter une petite fortune, cette guitare). Et parce qu’il est un peu fou, un peu diva, il sortira de nulle part une paire de lunette scintillante, lui donnant l’air d’un robot. Les robots. Thème central de ce Drones World Tour. Une dystopie musicale. Si on suit les projections des énormes voiles, on peut imaginer que la navette de Muse s’est posée dans un futur plus ou moins lointain, où le monde (détruit et en partie en feu) est peuplé d’humanoïdes qui manipulent les humains comme s’ils étaient des espèces de pantins. D’ailleurs, j’avoue, j’ai été bluffée par ce moment du concert où des énormes mains suspendues au milieu des airs s’amusent à tirer des ficelles et jouer avec Bellamy et Christopher Wolstenholme. Ce sont eux les deux pantins. Visuellement, ce concert est assez fou. Je vais l’avouer. Musicalement, c’est bien huilé. Avec Muse, nos chemins se sont séparés après l’album Absolution. Je trouvais leurs albums chaque fois de moins en moins bons. Trop souvent un réchauffé d’une vieille recette déjà 100 fois servie. En live, on remarque encore plus les similitudes entre les titres. Ceci dit, ça m’a fait un petit quelque chose de réentendre les chansons qui ont fait, jadis, les jours heureux de mes années d’adolescente torturée et perturbée, toujours habillée en noir (oh ça, ça n’a pas changé) : « Plug In Baby « , « Time Is Running Out », « Citizen Erased », « Hysteria », « Stockholm Syndrome ». A l’exception du très radiodiffusé « Starlight », « Madness », « Dead Inside », et du très twilightisé « Supermassive Black Hole », à l’applaudimètre et si on se fie au niveau sonore ce sont les plus vieux titres qui seront les plus appréciés. Logique, on a envie de dire. On passera rapidement sur l’explosion de confettis (inutile), la basse sabre-laser un peu too much. On se rappellera juste que visuellement, c’était assez incroyable. Mais que niveau émotion, il n’y a rien. Aussi froid que la morgue d’un hôpital. Sans âme. A croire que Muse, aujourd’hui, c’est une machine où il n’y a pas de place pour l’impro ni le rock, tu sais celui sauvage qui vient des tripes et du fond du ventre. 
SET LIST – Psycho/Dead Inside/Plug In Baby/Supremacy/The 2 Law: Isolated System/The Handler/Stockholm Syndrome/Supermassive Black Hole/Prelude/Starlight/Citizen Erased/Madness/Undisclosed Desires/Reapers/Time Is Running Out/Uprising/The Globalist/Mercy/Knights of Cydonia

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2 pensées sur “On y était : Muse à l’AccorHotels Arena

  • 1 mars 2016 à 21 h 24 min
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    j’aurai adoré !! ca a du etre magique et puissant

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