On a vu : « Café Society » de Woody Allen

Soyons clair, Woody Allen est loin d’atteindre un jour le top 5 de mes réalisateurs préférés. Son dernier long-métrage, sorti en 2015, « L’Homme irrationnel » m’avait profondément barbée (sauf cette scène incroyable de l’ascenseur à la fin… mais il faut attendre les 10 derniers minutes). Mais avec « Café Society » j’avais bon espoir : un casting de rêve, une époque féerique, une intrigue rigolote et du bling-bling plein les yeux. Et en effet, s’il y a un Woody Allen à voir, c’est bien celui-là !

Bobby Dorfman (Jesse Eisenberg), un jeune New-Yorkais débarque à Hollywood dans l’espoir de trouver un petit boulot auprès de son oncle Phil, grand agent de stars de cinéma. Bobby prend rapidement part au faste de la belle richesse californienne. Il se rapproche de Vonnie (Kristen Stewart), l’assistante de son oncle. Mais on comprend très tôt qu’un dramatique triangle amoureux va se jouer entre le rassurant oncle Phil (Steve Carell), le maladroit Bobby et l’irrésistible Vonnie. Mais qui va-t’elle choisir ?
Bobby rentre à New-York où il s’associe avec son gangster de frère pour ouvrir un club luxueux. Il se marie, devient riche et reconnu, mais son passé finit par le rattraper…

café society

Une belle réalisation
En situant son intrigue entre Hollywood et New-York dans les années 1930, Woody Allen donne la part belle aux élégantes soirées mondaines. Robes à paillettes, martini blanc, pantalons pastel, lustres lumineux, tout y est pour nous ravir les yeux. Au plaisir des yeux s’ajoute le plaisir des oreilles : du jazz partout ! On passe des fascinantes divas lors de cocktails distingués aux sombres solos de saxo dans des clubs enfumés new-yorkais.
C’est beau, c’est doux et c’est bien filmé : plans larges, lents travellings, cadrage millimétré, le tout sur fond de voix off (celle de Woody Allen bien sûr) grave et apaisante.
Et puis, faut-il insister sur ce casting exceptionnel ? Jesse Eisenberg excelle dans ce rôle romantico-maladroit – même si dans sa façon de jouer on retrouve de manière trop flagrante les traits caractéristiques du jeu de Woody Allen lui-même. Kristen Stewart, la belle-drôle-et-intéressante-Vonnie, navigue sans problème entre les différentes facettes de son rôle : passionnée et fougueuse, mariée et superficielle, indécise et amoureuse. Steve Carell, l’oncle Phil, est fidèle à lui-même : sobre, sûr de lui, juste suffisamment amoureux pour qu’on s’y attache.  Enfin, Blake Lively élégante et plutôt simple dans son rôle de seconde-Vonnie, incarne avec justesse l’épouse modèle.

Un récit drôle et entraînant
Bien que l’on retrouve les traditionnelles obsessions du réalisateur, « Café Society » n’est pas un énième film de blabla insupportable et pompeux. Woody Allen traite ici aussi de la famille juive new-yorkaise mais c’est pour faire place à un comique de caractère efficace. Il construit son intrigue autour d’une relation amoureuse entre un homme marié cinquantenaire et une jeune assistante magnifique mais l’histoire dévie rapidement vers un triangle amoureux plein de quiproquo rigolos. Le temps qui passe enfin, est aussi au coeur de l’action. L’histoire se déroule sur plusieurs mois, le film se construit sur trois chapitres. Le récit est entraînant, avec rebondissements et évolution intéressante des personnages. La voix off permet également de raconter des anecdotes autour des personnages secondaires, notamment la drôle de famille de Bobby Dorfman.

En bref, un bon Woody Allen ça fait toujours plaisir. Rien de très original dans « Café Society », mais tout y est juste et efficace. On rit et suit avec attention les drôles de pérégrinations des personnages plus attachants les uns que les autres. C’est beau, drôle et émouvant, à voir !

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