On a écouté : « At Swim », l’album le plus dark de Lisa Hannigan

Ce vendredi 19 août, Lisa Hannigan sort « At Swim », un album très sombre, presque gothique produit par l’une des têtes pensantes de The National. Sublime.

Je l’avoue. J’ai toujours eu un peu de mal à vraiment apprécier les albums solo de Lisa Hannigan. Mais, tu sais ce qu’on dit ? Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis. Elle a réussi à me faire changer d’avis avec At Swim et son folk crépusculaire. Elle m’a totalement captivée et ce, dès la première chanson. Il y a quelque chose de cassé, de sombre, de délicieusement mélancolique dans cet album. Il ne rayonne pas la joie de vivre et le bonheur. C’est plus profond, plus torturé, plus adulte aussi. Dans les thèmes abordés et dans la manière dans ils sont chantés. Elle avait révélé dans une interview qu’elle avait traversé une dépression. At Swim a sans doute était marqué par ce moment de vie. Dans les paroles. Pour l’emballage, on ressent la patte d’Aarson Dessner, le génial guitariste de The National, (docteur ès dépression musicale) signe la production. Les deux se sont bien trouvés.

Dès l’ouverture, le décor est planté : tu vas pleurer, tu vas avoir mal au cœur, il va se serrer, ta gorge aussi, mais putain que c’est bon. At Swim, commence avec « Fall ». Une ballade folk classique. Quelques accords de guitares grattés machinalement, quelques nappes de guitares électriques derrière et cette voix éthérée qui se dédouble par moment pour un effet encore plus évaporé. Elle parle de solitude, d’isolement. On rentre doucement dans l’atmosphère de l’album et on comprend que ce sera sombre dans l’ensemble mais terriblement poétique.

« Hold your horses, hold your tongue, hang the rich but spare the young » (Fall)

Avec « Prayer For The Dying », on change de registre, plus orchestré et plus poignant. La chanson est inspirée d’un décès. Celui du parent d’un de ses amis. La mort, ça marque toujours. Et dans cette prière aux accents sixties, elle s’adresse, avec cette voix qu’elle pousse presque jusqu’à la rupture aux morts comme aux vivants pour rappeler une chose fondamentale : l’amour familial est éternel. La mort, elle en parle encore une fois dans « Funeral Suit » où elle raconte un enterrement, quant à l’amour, il est le thème de « Snow ».

Lisa Hannigan

We, the ashes, we spent our life like matches and burned our ships as black as the end (We, The Drowned)

Le point d’orgue d’At Swim arrive avec « We, The Drowned », où les métaphores composent la majeure partie des paroles et permettent des interprétations à plusieurs nouvelles. (« We sing and sing and the flames go higher« ). Là aussi, l’atmosphère est lourde. Presque anxiogène. Une batterie métronomique, un piano isolé et la voix déchirante de Lisa. L’autre moment suspendu est offert avec « Anahorish », un poème écrit par Seamus Heaney qu’elle chante a cappella.

L’album At Swim tourne autour de ces thèmes pas vraiment heureux. La mort, la dépression, la solitude. Un voile sombre, presque gothique (qui n’est pas sans faire penser à Marissa Nadler) recouvre l’album d’un écrin particulier. C’est l’album le plus introspectif et le plus mature que Lisa Hannigan signe. Un album pour aller mieux sans doute. Signe que la meilleure des thérapies, reste encore la musique.

En concert le 12 septembre à la Maroquinerie, et le 3 novembre au Flow.

Credit : Rich Gilligan

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