« Nite Time Talking », les sombres nuits de Diane Birch

CLIP DU JOUR – Fin d’année 2016, après la sortie de son sublime E.P Nous, Diane Birch décide de publier, en catimini, un clip rempli d’émotion : « Nite Time Talking ». La chanteuse américaine n’a pas fini de nous surprendre, et se tourne de plus en plus vers un univers dark. 

Écrire un court texte et omettre des explications essentielles sur ce clip, ou bien, prendre le temps de contacter l’artiste afin de recevoir de plus amples informations sur « Nite Time Talking », le nouveau titre de Diane Birch. Quand on écoute les paroles, qu’on les traduit, on ressent la part d’ombre de cette « Conversation nocturne ». Ce one-off track de la New-Yorkaise est sombre. Musicalement, littéralement, visuellement.

Alors, à la vue des frissons que nous pouvons avoir à la première écoute de « Nite Time Talking », j’ai choisi la seconde option. Oui, j’aurais pu partager ce clip le mois dernier. Mais j’ai pris mon mal en patience. J’ai contacté l’artiste et j’ai eu mes réponses. Désormais, je peux retranscrire l’histoire de ce titre, qui est bien plus qu’une continuité musicale de Nous, son E.P sorti en février 2016.

Pour ce nouveau titre, Diane Birch a décidé de collaborer avec son ami et l’artiste visuel Meshakai Wolf (du collectif Band Of Light). Le but était de publier un mini-film et de mettre en images « Nite Time Talking ». Filmé en Super 8 et tourné entre Berlin et Vallemaggia (vallée alpine située dans le canton suisse du Tessin, au sud du pays), le film met en avant l’église Mario Botta, une église très moderne, qui fut construite dans le milieu des années 1990, après qu’une avalanche ait détruit la précédente.

Et puis, on le sait depuis longtemps : les églises sont très présentes dans la culture de l’artiste. Son premier album Bible Belt en parlait explicitement, tandis que ses autres albums Speak a Little Louder, The Velveteen Age ou Nous, en faisaient souvent écho par leur musicalité. Elle a vécu entouré de cette culture. Et si Diane Birch s’en est largement éloignée, il demeure un côté religieux dans sa musique. Son E.P berlinois nous le rappelait longuement. Nous était une échappatoire formidable aux longues nuits sombres et hivernales.

Mais ne parlons plus du passé, revenons à ce nouveau titre. Et laissons l’artiste l’expliquer avec ces maux.

L’inspiration de la chanson vient de ma tendance à vivre, la nuit, des changements d’humeur drastiques, d’angoisses, de crises existentielles et d’émotions exacerbées. Ces heures sont les paysages obscurs de mon agresseur intérieur, me poussant dans les recoins les plus sombres de mon âme. Sur ce champ de bataille nocturne, je danse avec mes ennemis et j’enflamme les racines d’un pan de mon identité, que j’ai réveillée. Souvent j’émerge une fois le jour venu, honteuse de ma théâtralité, gênée, vide, et pourtant, étonnamment purifiée par le sacrilège de ma rébellion.

Le film met en scène plusieurs origines de ces sentiments. Mon enfance s’est déroulée dans une église, au sein d’une famille qui plaçait la religion au-dessus de tout. Même si je me suis éloignée de ces croyances en devenant adulte, des strates les plus profondes de ma psyché raisonnent toujours les mots « jugement », « culpabilité », « honte » et « peur de dévoiler ma part d’ombre ».

Les conversations nocturnes de l’artiste sont donc bien sombres, mais jamais depuis ses débuts d’artiste, Diane Birch ne s’était autant dévoilée qu’en 2016. « Nite Time Talking » n’est que la suite de la réunion de sa musique, de sa personnalité, de son univers avec son public. Si son dernier E.P s’intitulait « Nous », il n’y a pas de hasard. Il parlait de sa vie, mais était aussi une vraie offrande à son public.

En guise de remerciement, Diane avait même posté, en fin d’année, un sublime article sur sa page Facebook, pour remercier son public. Je vous laisse le lire.

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