On y était : Charlie Cunningham aux Trois Baudets

LIVE REPORT – Rocknfool était aux Trois Baudets pour le concert de Charlie Cunningham. Son premier à Paris, en tête d’affiche. On te raconte.

Ce n’est pas que je suis réfractaire au changement. Pas vraiment. La preuve, en 2012, j’ai voté pour un mec qui avait comme slogan de campagne « le changement, c’est maintenant ». Je ne suis pas réfractaire. Au contraire, je trouve que c’est nécessaire quand quelque chose ne fonctionne pas. On balance tout sur la table d’un revers de bras et on organise quelque chose de nouveau. Avec la sortie de son premier (et si attendu) album, Charlie Cunningham a décidé de faire évoluer son projet. De cleaner, de lisser son folk flamenco.

Sur l’album, c’était déstabilisant. Même s’il était très beau (l’album, pas le chanteur), il manquait de cette chaleur que l’influence andalouse apporte. En live, après quelques années seul sur scène, l’Anglais décide de changer de formule. Deux personnes se greffent au projet : un claviériste et un percussionniste. Pourquoi ? C’est la question que je me suis posée avant le concert. Et après. Si le clavier apporte une profondeur, une douceur, s’il se fait discret et lointain (enfin, sauf quand il arrive de nulle part comme sur « An Opening »), je cherche encore à comprendre l’utilité des percus. Ok, elles appuient les temps forts, elles accentuent le tempo, mais parfois elles écrasent aussi la guitare. Parfois, ces percus semblent parfaitement superflues.

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Comme un sentiment d’inachevé

Si j’aime écouter Charlie Cunningham, c’est pour cette guitare et ces accents flamencos. C’est pour la touche d’exotisme dans un folk parfois sclérosé. Bien sûr que oui, ce concert aux Trois Baudets était bien. La voix de l’Anglais déclenche toujours une avalanche de frissons sur les avant-bras. Sa maîtrise de la guitare m’impressionne toujours, son humour typiquement British me fait toujours autant sourire. Son regard est perçant et déstabilise et, parfois, son attitude ressemble à celle d’un toréador qui mate la bête, sa guitare. « Minimum » est d’une beauté sans nom, ça n’a pas changé, « You Sigh » approche toujours de la perfection. Ça. N’a. Pas. Changé.

Si ce concert avait été mon premier de Charlie Cunningham, j’aurais adoré. Là, je l’ai juste aimé. Sans l’œil qui brille, encore mouillé par les larmes retenues, et sans le sourire niais et béat à la fin. Attention, c’était un très beau concert, je ne dis pas le contraire. Je suis simplement sortie de la salle avec un sentiment d’inachevé. Moins impressionnée qu’au Pop-Up du Label ou au petit théâtre de l’Atalante.

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Texte : Sabine Swann Bouchoul | Photos : Emma Shindo

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