Grungy blues avec Dirty Deep et son 3e album

CHRONIQUE – Des envies de musique crasseuse, de rock rugueux, de bottes boueuses pour taper la mesure ? Dirty Deep réédite son 3e album, What’s Flowin’ In My Veins. La réponse ? Du blues. Rien que du blues. Ou presque.

Dirty Deep, c’est ce trio alsacien qui sévit à Strasbourg et partout en France depuis de nombreuses années maintenant. Après deux albums remarqués, c’est en 2016 que sort What’s Flowin’ In My Veins sur le label Hell Prod. Changement d’écurie oblige, l’opus sort aujourd’hui chez Deaf Rock, en réédition deluxe. Voici 3 raisons de l’écouter.

Du one-man band au trio

La première bonne raison : tu ne connais pas Dirty Deep, et tu ne veux tout de même pas passer pour le dernier au courant des bons plans musique. Ce serait idiot.
Victor commence le projet en one-man band. Petit génie de l’harmonica qui se déplace seul avec sa grosse caisse, sa guitare et ses bottes, il se taille une solide réputation scénique. L’impression de claque sonore double quand il s’adjoint les services de Geoffroy, batteur aussi rockeur que jazzman avec qui il sort Shotgun Wedding, un deuxième album incroyablement réussi et fidèle à l’énergie live qui se dégage du duo. Et c’est ensuite qu’apparaît dans le groupe Adam, à la basse, pour compléter la formation qui sort donc What’s Flowin’ In My Veins l’an dernier. Et sa réédition.

La deuxième bonne raison d’écouter cet album, c’est que tu ne connais peut-être plus beaucoup de groupes de blues qui sentent le marécage et la sueur. Parce que si le blues semble avoir retrouver ces derniers temps ses lettres de noblesse, peu encore osent le mélanger sans complexe à leurs influences punk ou garage. C’est là que Dirty Deep intervient dès les premières secondes avec « Holy Pocket Boogie ». Tu y trouveras l’essence même du groupe, avec cet harmonica bluesy et cette guitare slide qui sent la poussière sur un rade de la route 66. Mais surtout, surtout, cette énergie contagieuse qui te fera battre la mesure sans discontinuer jusqu’à « Going Down South ». Fan de Scott H. Birham et Left Lane Cruiser, ce groupe est pour toi.

Vaudou et sexy songs

La troisième bonne raison, c’est qu’il sort du chemin qu’il s’était lui-même tracé. Avec la sublime balade « Light And Blue », sorte d’œil du cyclone dans la tourmente. Avec « Howlin’ To The Moon », titre incantatoire mené par un rythme africain hypnotique. Avec « Shine », sexy song de plus de 7 minutes qui te fera peut-être penser à Last Train, ou même à Led Zep dans l’intention. Bref, de l’inattendu, et du bienvenu.

Alors oui, si tu connaissais l’ancienne édition de cet album, tu risques d’être un peu déstabilisé. Artwork différent qui n’est pas sans rappeler feu The Swamp (là, je parle aux plus irréductibles). Tracklist totalement chamboulée. Deux chansons du LP précédent de retour sur celui-là, pas forcément remaniées de la meilleure des manières… Mais dans tous les cas, il ne faut pas hésiter.

Car si What’s Flowin’ In My Veins, édition Deluxe, n’est peut-être pas le meilleur opus du groupe, il aura sans aucun doute le mérite d’une chose : te donner envie de courir voir Dirty Deep là où ils sont les meilleurs. Sur scène. Et c’est bien là l’essentiel.

What’s Flowin’ In My Veins, Deluxe Edition, sortie le 26 mai 2017, Deaf Rock Records
En concert du 8 au 10 juin à Montréal (Week-end Blues Festival), et le 26 septembre à Paris (La Boule Noire).

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