Le Villejuif Undergroud, ces branleurs magnifiques

NEW COMERS – C’est l’un des groupes français les plus fascinants du moment. Un groupe non étiqueté, du Val-de-Marne, qui flirte avec le fantôme de Lou Reed, mais qui n’a rien à voir avec le Velvet. 

Ils avaient un délire, celui de représenter Villejuif. Villejuif Underground. Ce nom de groupe, il est parti d’une blague entre potes. Et puis, c’est devenu réel. Non seulement, c’est brillant comme nom, mais ça cache surtout  le groupe le plus intéressant de ces dernières années.

Alors non. Villejuif Underground n’est pas un groupe de cover du Velvet. D’ailleurs, les mecs n’aiment pas trop le groupe de Lou Reed. C’est ce qu’ils disent dans une interview, par contre, je ne sais pas trop si c’était ironique ou pas. Parce que, quand on écoute le premier album des garçons, on pense forcément à Lou Reed. Pour la voix, pour la nonchalance, l’attitude un peu « branleur magnifique ». Et le phrasé. Ce phrasé si particulier que nombre de chanteurs ont essayé de mimer pathétiquement. Dans la bouche de Nathan Roche, ça passe crème. Tente « On The Seine », pour voir. Ça ressemble sans ressembler. Cela doit être ça, le génie. S’inspirer mais en restant soi-même.

Signé chez Born Bad Records, le groupe rassemble quatre garçons. Un Australien au parcours complètement WTF et trois Français. Nathan, le chanteur du groupe, est venu en France pour une tournée avec son ancien groupe. On lui propose de garder un appartement à Paris quelques mois. Il trouve un job, une nana, vit ensuite dans un squat puis dans une maison à Villejuif, rencontre les mecs qui forment aujourd’hui le Villejuif Underground.

Du rock qui ne se prend pas la tête

Garage ? Pop ? Psyché ? Rien et tout ça à la fois. Et puis, de toute manière, chercher à définir le style à un groupe, c’est vraiment un truc de journaliste. C’est complètement con, d’ailleurs. Non ? Si, carrément. Le Villejuif Underground ne se pose sans doute pas de question sur l’étiquette à poser sur leur musique. Ils font du rock. Un rock qui ne se prend pas la tête. Simple, efficace, sensuel parfois. Juste cool.

Cool, tu le définis comment ? Tu le traduis comment ? « Calme, décontracté, détendu« , d’après le Larousse. Oui, en 2017, on peut toujours ouvrir un dictionnaire. Et ben, le Villejuif Underground, c’est juste l’illustration parfaite du cool : décontracté, calme et détendu. J’ai jamais pris de substance illicite, mais « Daintree is Gone » me met dans le même état que j’imagine être le même qu’après avoir fumé un spliff.

Hors du temps, hors du cadre

Le Villejuif Underground emprunte certainement un peu à droite et à gauche avec cet air détaché de ne pas vraiment y toucher. En mode « who cares? ». Mais ouai, who cares à part ce gars très chiant dans une soirée encore plus chiante qui va te questionner, faussement intéressé, sur le dernier groupe que t’as kiffé ? Il te demandera certainement : « ça ressemble à qui ? ». À personne.

Et aussi à quelques groupes d’un temps que tu n’as pas connu mais que t’as vénérés toute ta putain de vie.  Eux, ils mélangent négligemment les influences, les genres, ils font valser les étiquettes. Ils rendent le rock tellement simple, tellement spontané. Il n’y a pas de pose, pas d’intellectualisation, pas de « c’est dans l’air du temps alors on va faire ça ». C’est hors temps, hors style, hors tout. Et c’est en ça que ce groupe-là est sans doute ce qu’il se fait de mieux, actuellement en France.

Ah, et parce qu’ils sont génialement cons, ils se sont amusés à retourner plan par plan le clip de campagne de Marine Le Pen dans le clip de la chanson « Can You Vote For Me? ».

Big Up au drapeau de l’Algérie.

Ah, ils ont moins de 30 ans.

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