Festival International de Jazz de Montréal : Aliocha, sur les traces de Bob Dylan

ON Y ÉTAIT – Aliocha présentait ses « Eleven Songs » au Festival International de Jazz de Montréal dans un cadre très très intime au Savoy du Métropolis.

Une petite salle, une scène microscopique. Des tables prises d’assaut. Des filles, beaucoup de filles dans le Savoy du Métropolis, à Montréal. Il y a pas assez de chaises libres, alors on s’assoit par terre. Intime, intimiste. Aliocha et ses musiciens jouent deux soirs de suite dans cette antichambre. Un cadre feutré qui sied parfaitement au petit dernier de la famille Schneider. Son frère, Volodia est à la batterie, comme d’habitude. Tom Tartarin à la basse et Christian Sean à la guitare l’accompagnent.

Solaire, lumineux, Aliocha rayonne. À la guitare tantôt sèche, tantôt électrique, il chante les titres de son premier album. En France, il est sorti il y a quelques mois. Au Canada, il vient tout juste d’être dévoilé. Mais, le public connait déjà les titres et les paroles. Toutes les paroles. Au premier rang, on voit cette fille réciter les textes d’une voix. Les yeux pétillants, le sourire aux lèvres.

Le jeune homme a l’habitude désormais de se produire sur scène. Le set est rodé. Il oscille entre titre folk ou plus pop : « The Start », « As Good as you », « Vertue », qu’il dédie à Donald Trump, « Sarah », « Sorry Eyes ». Rétro et moderne. La rencontre de l’ancien et de l’actuel.

Ambiance sixties

Comme tous les folksinger, il a aussi sa protest song à l’ambiance sixties : « Mr Garner », écrit après avoir entendu un tragique fait divers qui s’est déroulé aux États-Unis. Un homme, noir, qui vendait des cigarettes s’est fait tuer par un policier. Un troisième homme qui filmait la scène s’est retrouvé en prison. Le policier, lui, est libre comme l’air. « No, I can’t breath in this world anymore », chante-t-il. Bien sûr, on pense à Bob Dylan, qui n’aurait pas renié ce titre soulignant l’absurdité de notre monde.

L’autre maître musical d’Aliocha c’est Elliott Smith. C’est logiquement qu’il reprend une de ses chansons. « Thirteen », que le public chantera avec lui. Et comme on est à Montréal, le jeune Schneider a une surprise pour les auditeurs : il invite sur scène Charlotte Cardin, pour interpréter avec lui « Flesh in The Pan ». Un moment délicieux. Esprit Greenwitch Village. Un peu plus et on se serait imaginée dans le Manhattan Folk Story de Dave Van Ronk.

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