Cigarettes After Sex : « L’apocalypse a quelque chose de romantique »

INTERVIEW – Après de très longues années d’attente pour les fans et de réflexions pour le groupe, Cigarettes after Sex a sorti son premier album. Un album qui a pris dix ans à sortir.

Leur nom est connu. Leur musique a déjà fait le tour du monde pourtant, ils n’avaient toujours pas sorti d’album. C’est désormais chose faite. À l’occasion de cette release, Rocknfool a rencontre son leader, Greg Gonzalez pour une interview non-conventionnelle. Des mots que l’on pose, des réflexions qu’il partage.

Brooklyn
C’est ma maison, l’endroit où il y a mes amis, et c’est mon moment présent. Je dirai ça. Brooklyn m’a beaucoup influencé quand je suis arrivé ici. Et puis, c’est une ville qui m’a très vite exposé. J’estime que c’est une plateforme, une porte ouverte sur le monde, contrairement au Texas, d’où je viens. C’est deux atmosphères complètement différentes. Disons que Brooklyn a permis de définir le son du groupe.

Romantisme
Je suis un grand romantique. Le romantisme peut définir un paquet de petits moments de ma vie. J’ai écrit beaucoup de chansons après des ruptures, peut-être pour essayer de réparer les choses, pour me réparer aussi. Écrire des chansons quand tu as le cœur brisé, c’est assez réparateur, quelque part. Tu as cette peine intense au fond de toi, c’est comme si ça te brûlait de l’intérieur, et tu as besoin de t’en débarrasser. Tu peux pleurer. Moi j’en écris des chansons. Pas mal de chansons sont venues comme ça.

La nuit
Je dirai que c’est mon moment préféré. Je suis un nocturne. Je socialise le plus souvent la nuit, d’ailleurs. J’écris et je compose beaucoup pendant cette période.

Les années 1980
Je pense directement à la musique. J’ai grandi dans les années 1980, donc la musique de cette époque fait logiquement partie de moi. J’étais très jeune et j’écoutais beaucoup de pop-music, comme Michael Jackson, Madonna. J’étais un grand fan de Madonna. Et aujourd’hui encore j’écoute beaucoup de musique des années 1980, comme Cocteau Twins. J’associe toujours une décennie à la musique, et puis, regarde tous les bons groupes qui sont sortis de cette époque-là.

Paris
Paris est magnifique, je suis venu une dizaine de fois ici, mais je n’ai pas vraiment le temps de visiter. J’ai donné quelques concerts. À vrai dire, j’ai même écrit une de mes chansons ici, « Truly », elle est sur l’album que l’on vient de sortir. Il y a un endroit que je voudrais absolument voir à Paris, c’est la maison de Serge Gainsbourg, j’ai vu des photos, je trouve l’endroit fascinant.

« Jouer sur scène, c’est comme être dans un rêve »

La scène
Jouer sur scène, c’est comme être dans un rêve. Un endroit un peu déconnecté, lointain. Je suis avec le groupe et c’est comme si on était ailleurs. On est un peu en transe. Notre musique est un peu comme ça. Pendant une heure et demi, on est dans cet endroit sombre, avec un public que l’on ne voit pas souvent parce qu’il est plongé dans le noir, mais on les entend.

Tristesse
Ça marche avec l’amour, je crois. La tristesse marche avec l’amour parfois. Mes chansons préférées sont des chansons tristes, d’ailleurs… Écrire des chansons tristes, c’est probablement plus automatique à écrire, pas plus facile par contre. En revanche, les expériences les plus difficiles que j’ai eu en musique, c’est quand il fallait tenter d’écrire une chanson gaie. Rien de gai ne sortait. Écrire « Walkin’ on Sunshine », n’a pas dû être facile, j’aurais aimé pouvoir l’écrire.

Drogue
Drôle ? La drogue peut être marrante dans certaines occasions. Sans excès et avec modération bien sûr. J’ai eu quelques bons moments sous influences avec des amis, des amoureuses aussi. Ça peut aussi t’aider à écrire des chansons, je crois. Ça t’influence parce que tu ressens de nouvelles sensations, ton esprit est plus ouvert.

Apocalypse
(rires). Je dirai romance. Je ne sais pas pour quelles raisons, mais pour moi, l’apocalypse a quelques chose de romantique. Quand tu es très amoureux d’une personne et qu’elle aussi est très amoureuse, tu as cette impression, quand vous êtes ensemble, d’être un peu seuls au monde, comme si vous étiez les derniers survivants d’une apocalypse. Je sais que c’est étrange et je comprendrai que ça n’ait aucun sens pour toi ! (rires)

Politique
Je suis assez indifférent. Ce n’est pas que je m’en fous, au contraire, je voudrais que les choses soient bonnes pour les citoyens. En vrai, j’évite toujours les discussions quand la politique est le sujet. Il y a beaucoup d’artistes qui s’en mêlent, qui écrivent des chansons engagées, ou sur la politique. Je suis fasciné par leur talent et leur aptitude, mais je ne pourrais pas le faire, je pense qu’ils font un meilleur travail que moi.

« Youtube, c’est un peu la roulette russe »

Lady Gaga
Elle a aussi une chanson qui s’appelle « John Wayne » sur son album, c’est pour ça que tu en parles ? Je dirai que je suis fan. J’aime beaucoup Lady Gaga, je l’ai même vue une fois en concert. J’adore la pop-music, j’aime « Bad Romance ». Je sais qu’elle a cette chanson qui s’appelle « John Wayne », mais je ne l’ai pas encore écoutée. J’imagine qu’il y a des guns et des trucs comme ça non ? (rires). Ma version de « John Wayne » est différente, c’est une histoire d’amour. Mais c’est une drôle de coïncidence.

Cinéma
Je dirai passion. Pour moi, la musique c’est le top du top. Mais le cinéma c’est autre chose, c’est être plongé dans une histoire pendant plusieurs heures. Le cinéma a influencé ma musique. Il y a beaucoup de films qui m’ont marqué. Mais celui qui a changé ma vie, c’est probablement Space Odyssey. Je devais avoir 12 ans je crois. Ça a beaucoup nourri mon imagination d’enfant.

Cigarettes
Je dirai qu’il y a un état d’esprit pour fumer. Je n’ai jamais été accro à la cigarette, mais je fume de manière occasionnelle, à certains moments précis parce qu’ils correspondent à un certain « mood ». Quand je bois, quand je cherche un nom de groupe aussi ! (rires)

Twin Peaks
J’aime cette série mais ce que je préfère c’est surtout la musique. La bande-originale est incroyable. Le thème du générique m’a marqué, j’ai acheté le CD juste pour la musique. J’aime cette ambiance surréaliste, étrange. Je voulais que l’atmosphère de ma musique ressemble à quelque chose d’aussi surréaliste que les compositions d’Angelo Badalamenti.

Youtube
Hum, intéressant. Je dirai « succès ». Youtube a tout changé pour nous. Ça nous a permis de trouver un label pour notre album. Il y avait nos chansons sur Youtube, on n’était rien avant, et en l’espace d’une semaine, on ne sait pas comment, les chansons ont traversé le monde. C’est à ce moment que la magie a opéré. C’est quelque chose que je n’explique pas. Youtube, c’est un peu la roulette russe. Ça marche, ça ne marche pas. Ce n’est même pas nous qui avons mis les chansons sur YouTube, c’est un fan… et c’est devenu viral en quelques semaines grâce au bouche-à-oreille où je ne sais pas quel moyen.

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