FAIRE, les mecs qui rendent le punk ringard

NEW COMERS – Faire c’est de la Gaule Wave. Débrouille-toi avec ça. 

« Le punk, c’est la fainéantise à son apogée et fière d’y être. Le punk, c’est dire au rock d’aller se faire foutre. Le punk c’est dire au punk d’aller se faire foutre. Le punk c’est traiter comme de la merde votre collection de 2000 albums. Le punk c’est dépassé. Le punk n’est plus qu’un terme adoré par les médias. Le punk c’est tout ce que vous faites et qui devrait avoir des conséquences mais ou qui n’en a pas ou vous vous en foutez. Le punk est quelque chose qu’il vaut la peine de détruire à toute allure ». Lester Bangs

Est-ce que FAIRE c’est du punk ? Grave, parce que s’appeler FAIRE, en 2017, c’est presqu’un acte de rébellion. C’est lever son majeur. C’est un gros « fuck, tu me trouveras pas sur Google parce que c’est impossible à référencer ». Une manière de dire à nous tous, gratte-clavier, bougez-vous le fion pour voir ce qu’on est, ce qu’on fait. Viens nous voir en concert, si tu veux comprendre. Bouge-toi le cul, lâche les communiqués de presse, les articles de presse écrit par Libé et les Inrocks et viens.

Si tu te contentes de juste lire un communiqué de presse, tu risques juste de lever un sourcil, boire une gorgée de ta bière réchauffée par les 30 degrés ambiants et cliquer sur « fermer ». FAIRE, ils se décrivent comme de la « Gaule Wave ». Ah ! Ça y est, une étiquette cheloue qui va faire bander les journalistes qui cherchent absolument à tout mettre dans un casier. De la Gaule Wave. Débrouille-toi avec ça. Reprend le mot, mets le dans ton article. Et emballez, c’est pesé. Tu peux finir ton article en mettant une vidéo. Ton taf est fini.

Sauf que, quand t’as dit ça, t’as rien dit. Quoique, peut-être t’as envie d’écouter un morceau, vite fait, pour voir de quoi est-ce qu’on cause. Allez, tiens, c’est cadeau :

Libérateurs

« Une bande de jeunes filles bien allumées
qui demandent à toucher notre organe
Nous, fuyant comme des petits-tout bébés
on ne veut pas qu’elles touchent nos bécanes
On est pas des putes
On ne bande pas comme ça » (extrait « C’est l’été »)

Des textes crus, parfois sales et potaches, un peu débiles par moment. Une esthétique et une attitude DIY (ils font leur clip, leur merch, leur t-shirt), c’est un gros bordel désorganisé (oxymore, ma gueule). Un mélange de plein de genres différents, qui normalement ne vont pas ensemble mais qui fonctionnent bizarrement. Un peu d’électro et des synthés et du psyché, le tout en français. Et une envie de tout péter sur scène, derrière, devant, pendant après. FAIRE fait du bien. Vraiment. Une ribambelle de chansons qui donnent envie de sauter, pogoter, donner des gros coups de coude à ton voisin relou en concert, dans ce squat où il fait beaucoup trop chaud. Des chansons qui donnent envie d’enlever le haut, montrer tes seins, si tu veux. Rouler des pelles à des inconnus.

FAIRE est libérateur. Parce qu’ils en ont rien à foutre (mais un peu quand même parce que je pense qu’ils sont des génies), on a envie de les suivre dans leurs délires. Des délires qui les ont menés au Mexique par exemple. Des délires qui les ont poussés à appeler un premier EP  » LeTamale ». Vas-y tape « FAIRE LE TAMALE » sur Google. Tu tombes sur des recettes mexicaines. Rien à foutre. Apparemment c’était voulu, recherché. Génie, je t’ai dit.

FAIRE, c’est une attitude. C’est la personnification du chaos. D’ailleurs, dans une interview à I-D, ils ont raconté eux-même comme s’est passé un concert à l’Alimentation Générale : « C’était blindé, de chez blindé, de chez blindé. Il n’y avait plus de place pour laisser entrer les gens. C’est parti en émeute avant même qu’on commence le concert, du coup les gens ont commencé à débrancher nos câbles, on n’a même pas pu faire le set correctement. On l’a fait complètement à l’arrache. On jouait une minute, et ça se débranchait. Mais les gens étaient quand même contents, ça gueulait partout, le patron de la salle a voulu virer tout le monde à coups de lacrymo. Il a éteint la console de mixage pendant le concert, est monté sur scène, allumé les lumières et : « Tout le monde se casse ! » Ce qui était assez exceptionnel pour nous, comme moment. Et puis les portes et miroirs des loges ont été pétés, aussi. C’est parti loin. On avait ramené 20 kilos de confettis, ça a stimulé les gens, ils se sont dit « C’EST LA FÊTE ! » C’était le but, c’était notre fête« .

En vrai, FAIRE rendent ringard le punk. Ils ont une longueur d’avance.

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