Blanco White, la pureté du métissage

AMOUR – À la croisée de tout ce qu’on aime, il souffle le chaud hispanique et le froid anglo-saxon. Présentation de Blanco White.

Blanco White, alias Josh Edwards, est Londonien mais a étudié la guitare en Espagne et le charango en Bolivie. C’est écrit dans ses chansons. Ça saute aux oreilles comme une évidence, dès la première écoute. La douce grisaille de son folk est traversée de toute part par ces flamboyances andalouses, ces accords latinos qu’on entend bien trop peu dans la musique actuelle. Dans la droite ligne de Charlie Cunningham, Blanco White métisse sa musique par des introductions d’un autre monde (« El Búho »), ou quelques paroles espagnoles (« The Wind Rose »).

Une alliance inespérée

Mais Blanco White invoque aussi bien d’autres noms. Sa voix, sombre mais chaude, n’est pas sans rappeler Neeskens (« Domingo »). Sa musique, souvent, rappelle Bear’s Den (« Lie Alone »). Et ce n’est alors pas une surprise d’apprendre que Colder Heaveans, 2e EP de l’artiste sorti l’an dernier, à peine un an après The Wind Rose, fût produit par le même homme qui se cache notamment derrière les fameux Bear’s Den, Ian Grimble. De quoi mettre en valeur de manière très juste l’univers d’un artiste au songwriting subtil.

Voyages, épopées solitaires, départs, pertes… Les paroles de l’anglais respirent les grands espaces, les embruns et les profondeurs entrechoquées à l’intimité des sentiments. En cela, et à l’aide du violon qui apparaît parfois, il n’est pas sans nous faire voyager aux confins de l’Irlande, au bord de falaises frappées par la verdure et le vent tranchant (« The Lily »). Quelle réussite alors, de savoir rassembler en quelques chansons douceur du sud et dureté du nord. Et quelle surprise, de se retrouver embarquer dans ce mélange incroyable, avec toute la simplicité des certitudes de tenir là quelque chose de beau.

Dans cette époque où l’on élève des murs, Blanco White est la preuve même qu’il existe toujours des artistes extraordinaires pour construire des ponts. Des ponts qu’on est bien heureux d’emprunter.

Colder Heavens EP, sorti en mars 2017 chez Yucatan Records

 

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2 pensées sur “Blanco White, la pureté du métissage

  • 11 août 2017 à 18 h 52 min
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    Entièrement d’accord avec toutes vos pensées sur cet artiste extraordinaire qui Blanco blanc ….. une surprise formidable dans un vaste paysage musical ….. original, profond, jamais banal.

  • 1 juin 2019 à 1 h 52 min
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    il est vrai que les paysages s’entremêlement dans ses compositions pour offrir aux ouïes un savant mélange entre les différents genres de musique, une ligne d’écoute en totale rupture avec le vacarme sonore habituel … une belle rivière avec ses affluents, une rivière qui prend source au nord pour verser au sud

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