Sugar High, la nouvelle décharge électrique de BRNS

CHRONIQUE – Le groupe belge BRNS sort Sugar High. Après l’acclamé Patine, ils s’enfoncent toujours plus dans l’expérimentation.

On aimerait bien commencer par parler de l’album et des 10 chansons qu’il contient. Mais d’abord, on se doit de te parler d’un sacro-saint document dont personne ne parle vraiment d’habitude. Cette fameuse petite page de présentation d’un album qui est glissée dans l’enveloppe avec le CD qu’on t’envoie pour que tu le chroniques. Quand en temps normal, je préfère écouter en premier le disque avant de lire quoique ce soit, cette fois-ci, j’ai failli à ma règle. Tellement de lignes écrites en si petit, je me suis dit qu’il devait y avoir beaucoup de choses à comprendre.

BRNS_Sugar High
BRNS – Sugar High

Et franchement, je n’ai rien compris. Ça commence comme ça : « Doux Jésus, laissons l’expression cathédrales pop aux hipsters barbus ! Après le succès de Patine bousculant les étiquettes post-machin-chose, les Bruxellois gagnent en assurance ». Plus loin : « Mexico, Mexi Qui ? Mexi Jacquie et Michel ! ». « Tu aimes les films de gladiateurs ? ». « Cette expression n’est plus tolérée depuis les accords de Genièvre. Pequet no ? ». « Pense The Knick […], pense Nic-Nac, pense nique-niaque. » Bref, LE. BOR.DEL. Sauf que voilà, Le mérite de ce communiqué, c’est qu’il ressemble à l’album. Et tout le problème est là.

« Plus fun, plus éclaté »

Déjà, cette volonté affichée d’enterrer pour de bon Wounded, l’EP qui a fait connaître le groupe (et gagné ma totale adhésion), comme si le succès de ses titres n’était plus assumé. Mais pourquoi ? Parce qu’ils étaient plus « faciles » de lecture que ceux de Patine ? Oui, Patine était un bel album. Totalement destructuré, mais avec une espèce de cohérence un peu sombre, qui s’apprivoisait. Mais Wounded avait un truc un peu naïf, un peu instinctif, attachant. Et on continuera d’en parler, « Mexico » compris. C’est comme ça. Sugar High, lui, poursuit dans la lancée de déstructuration de Patine, en « plus fun, plus éclaté ». Pour le côté plus fun, on n’est pas sûr, mais plus éclaté, ça oui. Et ça s’entend, entre les titres (le passage de l’un à l’autre est un choc qui se répète) comme dans les titres (« Sarah », « Damn Right »).

À l’écoute, on finit par comprendre pourquoi ils ont nommé cet album Sugar High. Il y a finalement une cohérence quelque part, puisqu’écouter les 10 titres à la suite te mettra probablement dans le même état de nerfs qu’un enfant de 10 ans shooté aux sucreries. On ne peut que reconnaître la force du groupe de creuser toujours plus loin leurs envies de musique qui s’expérimente. Mais à quelques titres près (« Pious Platitudes », « Forest », « Encounter »), on va quand même être franc : on a du mal.

Parce qu’à force de partir dans tous les sens, on ne voit plus trop où ça veut aller. Mais finalement, est-ce bien important ? On les retrouvera sans aucun doute sur un terrain d’entente qui ne se démentira jamais : la scène. Parce que ce 3e album confirme que BRNS, c’est avant tout un groupe de scène.

Sugar High, sorti le 6 octobre 2017 chez Yotanka – [Pias] France

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