En voyage au pays du folk-blues avec Hugo Barriol et Dan Owen

LIVE REPORT – Hier soir les Étoiles ouvraient leur porte à deux folkeux dans les règles de l’art. Hugo Barriol et sa chaleureuse guitare d’abord, puis le phénomène Dan Owen, qui fait salle comble en Angleterre.

La salle n’était pas pleine, mais les boules à facettes rayonnaient hier soir, tout comme les deux garçons qui se sont succédé sur la confortable scène du Théâtre Les Étoiles. Le Français Hugo Barriol, qui sortait son premier EP en juin dernier, ouvrait pour Dan Owen, le jeune folkeux British à la tête d’ange et à la voix caverneuse. Une soirée placée sous la bonne étoile du folk-blues douillet.

Sur les routes avec Hugo Barriol

Hugo Barriol, le folkeux made in France, n’a rien à envier a ses confrères outre-atlantique. Il a la voix grave et chaude, la guitare qui résonne si profondément et la capacité d’exprimer la douleur de ceux qui ont vécu. Et le jeune Français n’en est pas à ses débuts. D’abord chanteur de métro et lauréat du Métro Music Awards en 2016, Hugo sort en juin son premier EP éponyme chez Naïve Records.

En anglais, Hugo chante les voyages, celui en Australie qui lui a inspiré « On The Road », celui de la vie avec « Missing You » ou « Young ». Le chanteur, seul sur scène, s’accompagne d’une guitare aux sonorités chaude et rondes qu’il frappe parfois pour ajouter rythme et profondeur. À l’aide d’une pédale il crée des boucles, arpège, accords, percussions s’accumulent, la voix surpassant le tout. Le jeune homme parsème son set de nouveaux titres, qu’il semble prendre plaisir à faire découvrir. Pour donner plus de texture à sa musique, le voyageur mériterait d’être entouré de quelques instrumentistes. Mais on ne doute pas qu’il en prenne la direction.

En concert le 19 octobre au MaMA Festival.

Dan Owen, le Britannique aux mille talents

Dan Owen fait son entrée, tandis que la scène reste dans le noir le temps des premiers accords, on ne distingue qu’à peine quelques boucles blondes du chanteur, et derrière lui, celles du claviériste-guitariste-choriste Louis. Le premier titre est un peu bancal. Sitôt la dernière note posée, le jeune homme se marre, sa guitare ne fonctionnait pas. Qu’à cela ne tienne, il en prend une autre et le show reprend, plus assuré. Sorti de sa petite ville natale du Shropshire britannique, une petite vingtaine d’années au compteur, le garçon semble avoir pourtant déjà beaucoup baroudé. Sa voix grave, profonde, rauque et d’une intensité surprenante, semble être celle d’un countryman élevé dans la poussière et le soleil. Sa prestance sur scène, semble être née d’une longue expérience de scènes et de tournées. Dan Owen a l’air d’avoir déjà vécu mille vies et il en a gardé mille talents.

Impressionnant d’abord par sa voix, son jeu de guitare n’est pas en reste. Et plus encore, quand il prend au milieu du set l’harmonica, c’est comme un autre homme que l’on découvre. Il passe du chanteur à émotion qui a su interpréter avec juste ce qu’il faut de trémolo dans la voix la magnifique « Moonlight », au chanteur blues sur « Fall Like A Feather » et country avec « Roll Me Up And Smoke Me When I Die ».

Dan Owen chante l’amour romantique, mais aussi l’amour qui se dégage d’une soirée de confidences entre mates au pub. Avec l’émouvante « Made To Love You », il raconte l’histoire d’un ami qui se faisait battre par sa copine. Contenu et contenant, tout est fait avec intelligence et sensibilité. Mais lorsqu’il revient pour un bis, avec l’électrique « Little Red Rooster », il nous laisse aussi l’image d’un vrai showman, se déchaînant sur sa guitare, sa grosse caisse électronique qu’il frappe du pied et son harmonica qui semble prendre vie entre ses lèvres. Le public qui avait discrètement accueilli le jeune homme, le quitte survolté.

Setlist : Parachute Iearus / What Is A Man / Moonlight / Splinter / Fall Like A Feather / Roll Me Up And Smoke Me When I Die / Hand That You Hold / Closer / Made To Love You // Bis : Hideaway / Little Red Rooster

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Texte : Jeanne Cochin | Photos : Emma Shindo

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