Allan Rayman embarque le Badaboum dans sa folie

LIVE REPORT – On l’avait manqué lors de son dernier passage à Paris, on ne s’est pas fait attendre pour voir le phénoménal Allan Rayman au Badaboum. 

Le Badaboum n’est pas bien plein quand on y pénètre vers 20h30. Le temps de siroter un verre de rouge, et voilà Allan Rayman et ses deux musiciens qui montent sur scène, pas de première partie. Un musicien à la guitare électrique, l’autre derrière des machines. Au milieu, Allan Rayman se présente à nous, hoodie noir, jogging Adidas et converses. Pas de chichis.

Le Canadien n’aime pas la lumière. Il demande vite à être plongé dans le noir, quelques faisceaux rouges passent vaguement au-dessus de sa tête. Dans le fond, de la fumée. La nébuleuse Rayman. Celui-ci parle avec un gros accent nord-américain, peu articulé. Et il parle peu. Quand il commence à chanter, on est surpris, on sourit en le voyant se mouvoir de cette étrange façon, tel un funambule maladroit. Ou un Jack Sparrow, à ta guise. Il sautille souvent, donne l’impression de danser étrangement et ne s’assiéra qu’une fois, le temps d’une chanson. Il débite ses textes de sa voix si caractéristique, il les vit. Derrière, la guitare crie et sa distorsion parfaite ajoutent un côté dramatique. La formule oscille entre entre rock, hip-hop et R’n’B. Un gros bazar bien morose, drôlement efficace.

Bad boy de l’ombre au cœur tendre

Allan Rayman s’écoute avec autant de plaisir que son dernier album, Roadhouse 01 qui avait été un violent coup de cœur pour moi en mars dernier. Les « Left Alone », ou « Head Over Heels » sont de pures bombes en live. Cette guitare, qui gronde et rugit par-dessus des instrus aux basses bien fat, donne toute sa saveur aux versions live d’Allan Rayman (« Gun »). Du côté vocal, le songwriter vit ses chansons, il les sort une par une de ses tripes, ou du moins des tripes de son double Mr Roadhouse, auquel il emprunte parfois l’identité pour écrire.

On l’observe amusés, équilibriste ivre, chantant parfois à un mètre de son micro. On l’écoute attentivement, débiter ses textes, parlant tous de sentiments (« Much Too Much », « Lucy The Tease »). C’est tout un personnage, froid et distant. Le bad boy au cœur tendre, celui qui demande une clope au public avant de l’allumer, puis chanter « I never wanna let you go and I am the reason that you let me go » [« 25.22 »]. À un moment, il s’amuse du technicien aux lumières, qui doit refréner ses envies d’éclairer (enfin) la scène et a le malheur de ne pas comprendre quand le Canadien lui demande de baisser les faisceaux lumineux rouge vers ses pieds, tels des rayons lasers avec lesquels il peut alors s’amuser. Ça le fait rire.

Lorsque la fin du concert approche, il nous balance d’une traite : « on va chacun s’en aller de notre côté, de toute façon c’est pas important, vous ne devez pas comprendre ce que je dis », puis se rattrape suite aux protestations du public, « la plupart du temps personne ne comprend quand je parle ». Il nous promet « a couple » de chansons pour finir, mais ne fera que « 13 », et sort de scène, tel un boxeur quittant le ring en fin de combat. Bim, prends ça public, Allan Rayman n’a de comptes à rendre à personne.

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