Etienne Daho : Blitz, la bande-son de sa vie

CHRONIQUE – Étienne Daho a publié son album « Blitz ». Un album envoûtant et très personnel.

Un de mes chefs, au boulot, m’a dit : « non mais t’aime vraiment Étienne Daho, vraiment, vraiment ? ». Oui. Oui. Et oui. Dans mon classement très personnel de mes chanteurs français préférés, Étienne Daho est numéro un. Devant Serge Gainsbourg et Dominique A. C’est te dire combien je vénère cet homme et sa musique, son élégance, sa plume, son avant-gardisme. Il était pop avant que la pop ne devienne la grande mode en France.

Après une traversée du désert et un passage à l’hôpital durant lequel il a failli passer l’arme à gauche, le chanteur de 61 ans a cette soif de vivre, de faire de la musique, faire ce qu’il fait de mieux. Sans jamais se trahir. Cet homme a toujours su se réinventer sans pour autant marcher de travers, ni céder aux sirènes des courants musicaux.

Quand on dit qu’il n’y aura plus jamais de Serge Gainsbourg, j’ai envie de dire, il y a Étienne Daho, aussi. Au même titre, il a nourri le patrimoine musical français. Sans cet homme-là, la plupart des groupes français actuels n’existent pas. Enfant du rock, alchimiste du son, arrangeur psychopathe, Étienne Daho a longtemps travaillé sur ce nouvel album et il a attendu d’être parfaitement sûr de lui avant de livrer Blitz. Un album envoûtant annoncé par les « Flocons de l’hiver ». Un leurre tant cette chanson ne ressemble pas aux restes des chansons qui composent ce nouvel opus.

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Tourbillons sonores

Alors que l’hiver arrive vraiment, Blitz se pose dans le creux de nos oreilles et nous transporte dans un monde qui aurait été dessiné par David Lynch. Étrange, psyché, orageux, tourmenté. Un monde où les guitares tourbillonnent, grondent, où la batterie est métronomique, où la voix d’Étienne Daho, plus délavée que jamais, résonne avec douceur. Elle est le calme à l’intérieur des tourbillons de sons, elle apaise quand le reste se déchaîne. Il écrit mieux que jamais aussi. Joue sur les allitérations, use de la métaphore pour aborder les thèmes qu’il aborde souvent : les peurs, l’amour, la mort, le paradis perdu. Sa plume s’affine toujours, elle se glisse dans les fêlures, joue sur les mots. Voire les maux.

Étienne Daho dit que la musique est un philtre de vie. Que la musique est vitale pour lui. Blitz semble être le miroir de sa propre existence. La bande-son de sa propre vie. Une bande-son dans laquelle on s’abandonne pour mieux comprendre et déchiffrer le mystère Daho. L’éternel Daho.

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