Francouvertes 2018 soir 3 : Mathieu Bérubé, Lou-Adriane Cassidy, Valse Fréquence

LIVE REPORT – Les Francouvertes se poursuivent. Retour sur la 3e soirée des préliminaires avec Mathieu Bérubé, Lou-Adriane Cassidy et Valse Fréquence.

Il y a la queue ce lundi soir devant le Cabaret du Lion d’Or. C’est la 3e soirée des préliminaires des Francouvertes et l’affiche est très attirante. Simultanément je viens de me doper d’anti-inflammatoires pour faire passer un mal de dos bien senti. Tu vois Joey et son hernie discale dans Friends ? C’est exactement moi une demi heure avant d’arriver à la salle. Mais hors de question de rater cette soirée-là (que tous ceux qui sont dans la vibe lèvent le doigt n’est-ce pas ?). En tout cas, bonne nouvelle : le cabaret affiche complet !

Pour nous accueillir, c’est un ex des Francouvertes qui vient jouer pendant 15 minutes. Le deal ? Présenter au moins une nouvelle chanson. Ce soir-là c’est Les Louanges qui rempli la mission avec sa guitare électrique et sa voix haut perchée. Il nous parle du statut d’ex, un an à peine après sa défaite en finale face à Lydia Képinski, avec beaucoup d’auto-dérision. Sans batterie, il nous invite à l’imaginer dans nos têtes, lui se la chante. Il aurait aussi aimé voir tournoyer une boule à facette pendant son dernier titre sur lequel il « se mouille » et se lève de son tabouret pour chanter la sexy « Pitou », extrait de son tout premier album à venir chez Bonsound à l’automne. De quoi se réjouir !

L’efficacité Mathieu Bérubé

Le premier artiste en lisse c’est Mathieu Bérubé. Un nom qui ne nous est pas inconnu. Des airs de dandy parisien moustachu avec ses derbys, son blaser fleuri et un jean découvrant ses chevilles. Un timbre de voix plein de nuances, faussement nonchalant, qui vibre, s’étire et chante la mélancolie folk-rock très joliment sur des tempi lents. Accompagné de quatre musiciens dont une altiste qui s’essaie au thérémine, le Québécois n’en est pas à son coup d’essai ; son deuxième album est prévu à l’automne. Pas très bavard, presque pudique, il semble aux prises avec ses chansons, et ne dévoile des sourires timides que quelques secondes après la fin de chaque chanson. Pourtant musicalement c’est nickel chrome comme on dit dans l’Hexagone. Doux, hypnotisant et extrêmement pansant. Coup de cœur sur le « moment tendre » du show et la ballade « Sainte-Cécile », patronne des musiciens.

Lou-Adriane Cassidy, le diamant brut

Un premier titre au piano puis le reste à la guitare avec son band, Lou-Adriane Cassidy propose un set vibrant et efficace avec des chansons qui figureront très certainement sur son premier album, prévu pour la fin de l’année. Le timbre est vraiment beau, rond et suave. Très maîtrisé. Elle fait des blagues, et admet candidement que ses chansons ne sont pas très guillerettes niveau paroles. Alors pour illustrer ses propos, elle enchaîne en guitare voix par la très belle « La Petite Mort ». Très triste aussi. Lou-Adriane nous raconte aussi l’origine de cette chanson que les sœurs Boulay lui ont écrite. Pas la meilleure de son set à mon goût, malgré tout l’amour que je porte aux sœurs. « Ça va ça va » que lui a composé Philémon Cimon, son premier single d’ailleurs, est bien plus entraînant à mon goût. C’est naturellement avec celui-ci qu’elle clôture son concert, sourire aux lèvres, le devoir accompli.

Valse Fréquence, jeunesse fougueuse

« C’est le groupe que je veux que mes enfants écoutent » glisse une jeune femme enthousiaste à son amie alors que Valse Fréquence vient de finir son set. Les Montréalais étaient attendus par une grande portion de spectateurs, famille, amis et connaissances venus nombreux pour les soutenir. Le trio est une jeune formation plutôt originale : au centre est en effet installé le batteur chanteur. À sa gauche la basse, à sa droite la guitare. Les rythmes sont cadencés, la basse rock peut prendre des allures presque funk et blues, la guitare elle peut être aussi légère qu’incisive. Le groupe s’éclate sur scène et ça se voit, en témoignent les nombreuses grimaces et les états tétaniques dans lesquels se met le bassiste. Musicalement c’est très intéressant, c’est fougueux, mais je suis un peu perdue, il y a de tout, et ça se disperse un peu trop. J’ai plus de plaisir à les regarder s’agiter et s’amuser qu’à essayer de me laisser porter et comprendre leur musique.

Finalement suite au vote du jury et des spectateurs, Lou-Adriane Cassidy prend provisoirement la 3e place derrière LaF et zouz. Mathieu Bérubé et Valse Fréquence prennent respectivement la 6e et la 8e place. La semaine prochaine, ce sont Laura Lefebvre, Julien Déry et Mort Rose qui monteront sur scène.

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Photos : Emma Shindo

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