The Lemon Twigs signent l’album de la rentrée avec « Go To School »

CHRONIQUE – The Lemon Twigs est le groupe le plus no limit du moment. Pour preuve, leur 2e album Go To School : une comédie musicale autour d’un singe qui découvre l’école.

On savait bien que les frères D’Addario n’avaient aucun complexe. Leur premier album, Do Hollywood, était déjà un joyeux mélange de titres qu’on n’aurait pas osé espérer en 2016. Grands fans des Beatles et des Beach Boys, Michael et Brian ressuscitaient le rock glam, baroque et foutraque, mais maîtrisé de bout en bout. Il suffisait d’assister à un concert de The Lemon Twigs pour démonstration.

Deux ans plus tard, on les retrouve qui poussent l’idée encore plus loin, avec un concept album des plus audacieux. Les voilà qui sortent une comédie musicale. Le pitch : Shane le chimpanzé a été élevée comme un humain et se retrouve à l’école. Non, ce n’est pas une blague. Un chimpanzé. Une comédie musicale. Allez, salut.

De l’ambition et de l’exigence, enfin !

Plus sérieusement, ce serait une grosse erreur que de rire et de tourner les talons. Parce qu’on tient là l’album peut-être le plus ambitieux qu’on ait entendu depuis très très longtemps. Parlons forme : 59 minutes, 16 titres. Rien que pour ça, on remercie fortement les Lemon Twigs, à l’heure où les groupes ne dépassent plus les 40 minutes.

Et en fait, une façon de chroniquer cet album se résumerait à un énorme MERCI. Vraiment. Parce qu’à un moment, il faut savoir reconnaître un minimum la folie d’un duo qui n’a pas peur d’oser et de le faire bien. Tu te souviens de ce que tu faisais à 20 ans, toi ? Moi, je peux te dire que je n’étais pas en train d’écrire une comédie musicale. Je n’étais pas en train de revenir sur mes expériences de lycéenne, je n’écrivais pas une histoire à plusieurs protagonistes qui chacun prenait la parole pour exprimer leur point de vue. À 20 ans, je n’invitais pas ma mère à jouer le rôle de la mère d’un chimpanzé. Je n’invitais pas non plus une légende du rock, Todd Rundgren, à incarner son père (ok, j’ai jamais connu de légende, alors forcément ça aurait été compliqué, mais là n’est pas la question). « Never In My Arms, Always I My Heart » devrait te convaincre du coup de génie.

Des références très seventies, toujours

Merci, aussi, de réussir le difficile pari de l’identification à ce petit chimpanzé. De l’histoire d’amour « Wonderin’ Ways » à l’histoire de sexe « Queen Of My School », du harcèlement avec « The Bully » à la relation père-fils sur « Born Wrong / Heart Song », tout y passe pour Shane. Et forcément, on se retrouve dans un de ces thèmes. Sans compter les quelques magnifiques et touchants moments, notamment sur « Fire », le titre le plus long de l’album (6 minutes), presque épique, ou « Lonely », avec un piano à la Elton John.

Des rappels aux grands noms, il y en a. À commencer, forcément, par Big Star, dont le batteur Jody Stephens est présent en guest sur l’album, aux côté de Ronnie D’Addario, le père des Lemon Twigs (oui, tout est une histoire de famille). Mais on ne peut pas ne pas penser à Queen, toujours, aux Beatles, bien sûr, et à Foxygen, groupe ami et influence du duo. Merci, merci, merci. Parce que ses influences, on les adore. Et parce que ça ne reste que des influences, quoiqu’en disent certains critiques. Il y a chez The Lemon Twigs une impertinence et une folie toutes personnelles qui empêchent de les réduire au groupe hommage.

Donc, encore une fois, The Lemon Twigs n’hésite pas à bousculer les codes actuels, et espère peut-être monter cet album en spectacle dans les 5 ans à venir. ON DIT OUI. Un groupe qui, en 2018, préfère monter un musical rock plutôt que d’enchaîner les singles ? Alors, qu’est-ce qu’on dit ?

► The Lemon Twigs, en concert à La Maroquinerie le 1er octobre 2018.

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