Rock en Seine 2018 : Malgré tout, il y avait un peu de rock

CHRONIQUE – C’était à la fin du mois d’août, c’était la fin des vacances pour certains. C’était un Rock en Seine particulier pendant lequel on a cherché le rock. 

Rock en Seine est un festival que j’aime depuis des années. Je l’ai défendu contre ces haters qui le qualifient de festival pour bobos parisiens. Contre ceux qui estiment que la programmation était trop pointue. Ceux-là, ont dû être ravis de voir que les nouveaux programmateurs ont sacrifié l’âme et l’ADN de Rock en Seine pour faire une affiche plus popu, plus dans l’air du temps.

PNL en tête d’affiche, Post Malone, Macklemore… J’ai eu mal. Très mal. Et je me suis même dit que je n’allais pas mettre les pieds cette année dans le domaine de Saint-Cloud.

Et puis en fait si. Parce qu’il n’y a pas que les grandes scènes et les têtes d’affiches. Parce que, dans les festivals, j’ai toujours préféré les noms des artistes écrits en moyenne ou petite police. Parce que sinon, j’aurais loupé la grâce et l’élégance de Tamino. Plus je le vois sur scène, et plus je suis subjuguée par cette capacité à capter l’attention avec un minimum d’effort, et un maximum de magnétisme. Encore une fois, on pouvait entendre les mouches et les abeilles voler. Et puis les soupirs d’émerveillement. La voix de Tamino est sans doute l’une des plus belles choses qu’il soit arrivé à la Belgique. Ça vaut bien plus que deux étoiles. Elle vaut une galaxie entière.

J’aurais loupé aussi le mysticisme de Black Angels et la folie douce de King Gizzard. Ceux-là ont soufflé un vent de rock psyché sur la grande scène de Rock en Seine, bien orpheline du style qui fait pourtant sa particularité. Je n’aurais jamais vu le meilleur concert de l’année si je n’avais pas fait un détour dans la scène de la Cascade pour écouter Idles. C’est bien simple : c’est la meilleure chose qu’il soit arrivée au rock ces dernières années. Une débauche d’énergie folle, des textes qui ont du sens, de l’engagement, et une attitude « jemenbranliste » typiquement British. Ils sont au-dessus. Comme toujours.

En voie de disparition

Je n’aurais pas tiré un trait sur des années de haine à l’encontre de la personne de Liam Gallagher. J’ai complètement changé d’avis sur le personnage après son set sur la grande scène, un samedi soir un peu froid. J’avais besoin de me réchauffer. Il a chanté ses titres, des vieux titres d’Oasis aussi, il avait cette nonchalance qui le caractérise, cet humour pince-sans-rire. Et puis, j’ai chanté « Wonderwall ». Je déteste cette chanson, mais lors de cette édition, il était hors de question de chier sur les morceaux historiques du rock. Ni sur une légende vivante de la brit-pop. C’est en voie de disparition. Presque des espèces qu’on devrait protéger désormais. J’ai décidé de kiffer à fond les quelques groupes que je suis allée voir. Rien que pour Tamino, Idles, King Gizzard, ça valait le coup.

Photos : Sabine Swann Bouchoul

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