Sisters : la dramédie Netflix made in Australia

NETFLIX – Dans la famille des dramédies, je demande l’Australienne. Sisters a dévoilé sa première saison sur Netflix, dans ce genre très délicat qu’est le mélange drama/rires. On mate ou on zappe ?

On mate. Voilà, ça c’est pour ceux qui nous font une confiance aveugle et ne veulent rien lire d’autre avant de s’avaler la première saison de Sisters.

Pour les autres, développons. Diffusée dès octobre sur Network Ten, chaîne australienne, la série Sisters est apparue sur Netflix début septembre. Au milieu des navets qu’on s’est enchaîné à la fin de l’été, par manque de nouveauté à se mettre sous la dent, on était un peu sur la réserve en lisant le pitch. Julius, un prix Nobel de médecine spécialisé dans la fécondation in vitro, décide sur son lit de mort de se confesser à la presse sur ses agissements. Au cours d’une bonne partie de sa carrière, il a remplacé le sperme de ses patients par le sien. Lorsque Julia, sa supposée unique fille, l’apprend, son monde est bouleversé. Elle se retrouve soudainement sœur avec des centaines d’individus, dont deux autres jeunes femmes…

Un casting féminin impeccable

Si le pitch m’a d’abord fait penser à Starbuck, ce merveilleux film québecois sur la paternité, je me suis vite rendue compte que le point de vue et l’angle seraient différents. C’est bel et bien Julia et ses nouvelles sœurs Roxy et Edie qu’on suit de près. Et ce trio est assez incroyable. Trois femmes très différentes, mais avec un énorme point commun : une solitude partagée dans une situation familiale compliquée.

Tout au long des 6 épisodes de cette saison, on apprend à connaître les forces et les défauts de chacune. Et toutes à leur manières, elles sont à la fois agaçantes et attachantes dans leur façon de gérer leur nouvelle vie. Roxy, l’enfant star devenue adulte dépendante et surprotégée par ses parents, est magnifiquement interprétée par Lucy Durack. Elle devient vite le lien entre tous, dans son incroyable envie de liberté et d’autonomie. Edie, elle, est l’avocate en apparence forte et implacable, mais incapable de faire face à ses questionnements existentiels. Là encore, difficile d’imaginer quelqu’un de plus adaptée qu’Antonia Prebble. Et enfin Maria Angelico, soit Julia, qui tente de protéger son père et les siens, au point toujours de s’oublier.

Une question de liens

Le casting est donc incroyable, les seconds rôles (masculins pour la plupart) compris, et donne la part belle à une sororité. Tellement incroyable qu’on s’attache bien vite à ces personnages, et qu’on prend plaisir à voir se nouer et se dénouer les liens. On espère avec ces femmes, on rit avec elles, on pleure avec elles, et on désespère parfois de les voir grandir et se prendre en main. Ces 3 femmes sont en fait 3 facettes de la femme que nous sommes toutes, à différents moments de nos vies. Et c’est bien pour cela qu’on a absolument adoré Sisters.

6 épisodes seulement. C’est là le seul défaut qu’on trouve à cette série australienne, qui surfe avec élégance entre les rires et les larmes, entre la comédie et le drame, sans jamais s’échouer dans le raccourci facile. Et pourtant, le risque est grand, lorsqu’on aborde des sujets aussi sensibles que la transmission de la vie, la définition de la famille, la virginité, les thérapies de couples, les maladies neuro-dégénératives, la mort et j’en passe. En bref, Sisters est sans doute la série la plus attachante qu’on ait vu dernièrement. Et rien que pour cela, on espère bien fort une saison 2.

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