Maniac, la tant attendue et tant acclamée série Netflix

NETFLIX – Alerte série du côté de la plateforme. Maniac, avec son casting 5 étoiles, était attendue par tous les sériephiles, et une partie des cinéphiles. Bien sûr, on s’est jeté dessus.

J’étais prête à la bingewatcher, cette série. À me faire un marathon de ces 10 épisodes de même pas 40 minutes. J’étais vraiment ultra-ready. Et puis j’ai regardé le pilote. Et là, douche froide. Jonah Hill, Emma Stone, Justin Theroux, dans une série réalisée par Cary Fukunaga (saison 1 de True Detective, pour rappel), une douche froide ? Ça ne pouvait pas finir comme ça. Alors, j’ai persisté, mais moins vite que prévu. Et je livre le résultat : après 10 épisodes, que reste-t-il vraiment de Maniac ? (No spoil).

Une bonne série en théorie oui, mais en pratique…

De son pitch, il ne reste pas grand chose. Parce qu’on ne l’a pas vraiment compris, en fait. Deux adultes paumés, l’un schizophrène (Jonah Hill), l’autre (Emma Stone) en dépression suite à la mort de sa sœur, se retrouvent dans un essai clinique censé valider l’efficacité de 3 pillules comme alternative miraculeuse à la psychothérapie. Tout ceci est bien entendu un prétexte pour le réel sujet de la série. Sauf qu’impossible de vraiment l’identifier. Est-ce la gestion du deuil ? Est-ce la rencontre de l’âme sœur ? Est-ce l’épanouissement personnel dans un monde hostile de technologie ? Je n’ai toujours pas levé le mystère.

De ses personnages, là encore, il ne restera rien. Maniac est la preuve en image que tu peux réunir un casting de haut niveau sur le papier, cela ne suffit pas. Rien ne remplacera l’alchimie, cette magie dont la série est malheureusement totalement dépourvue. Tout sonne creux, tout semble surjoué, parfois même à la limite du ridicule (l’entrée en scène de Justin Théroux, tu m’en diras des nouvelles). Dommage quand l’ensemble doit tenir à la supposée connexion entre ses deux personnages principaux…

De son univers, on pourra peut-être se dire qu’il était visuellement réussi. Dans une réalité alternative, la technologie a (aussi) pris le pas sur nos vies, mais d’une manière différente. Au point d’avoir l’impression de se retrouver bloqué dans le monde d’un jeu vidéo des 90s quelque part au Japon, imagerie exploitée dans tous ses genres possibles dans la série. Le problème, comme souvent, c’est l’accumulation, qui confine là encore au ridicule et nuit terriblement à la fluidité.

Pas à la hauteur

Maniac est une série qui avait de hautes ambitions : un scénario en poupées russes à la manière d’Inception, un univers décalé à la Gondry… J’ai même pu lire qu’il y avait une pointe de folie digne d’un Boris Vian. Le problème, c’est qu’à vouloir se hisser à la hauteur de tous ces grands noms, on en oublie l’essentiel. Chaque monde d’Inception apportait du sens au film. Gondry faisait naître un attachement incroyable pour ses personnages. Vian, bien que décalé, mettait toujours la poésie en premier. Voilà tout ce qu’il manque malheureusement à Maniac. Cette série, bien que pas déplaisante, ne marquera pas les mémoires. Et une fois n’est pas coutume, peut-être aurait-il été bien plus judicieux de la raccourcir drastiquement et d’en faire… un film.

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