Dans le noir avec Safia Nolin au Point Éphémère

LIVE REPORT – Lundi soir on était au Point Éphémère en compagnie de Safia Nolin pour le début de tournée de Dans le noir, son deuxième album. Au programme : émotion, introspection et humour noir.

Lundi soir, le Point Éphémère était aux couleurs du Canada francophone. Safia Nolin venait y jouer, devant un public nombreux et connaisseur, les titres de Dans le noir, son deuxième album sorti le mois dernier. Pour fêter ça en famille, la jeune femme a convié sur scène notre Pomme nationale et le grand Pierre Lapointe pour deux duos riches en émotion.

Émotion et introspection

C’est enroulée dans un drap fleuri que la jeune femme fait son apparition. Présence fantomatique qui se cache des regards, elle entame le set en chantant les premiers mots de « Miroir » : « Je m’excuse de mon corps ». Le ton est donné. On entre tout de suite dans un cocon de douceur, intense en émotions. Introspectif et douloureux, ce deuxième opus nous plonge dans de vieilles blessures, comme la difficile acceptation de soi, la mort, le manque, la séparation, etc. avec les titres « Les chemins », « Sans titre » ou « 1998 ».

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À ses côtés, son fidèle Joseph Marchand, à la guitare électrique, offre de la profondeur à l’intimité du duo guitare sèche/voix. Parfois légèrement brisée, en tout cas toujours sensible, la voix de Safia s’exprime avec sincérité. Sa guitare, tantôt chaude et ronde, tantôt pleine de réverb’ rugueuse, donne à la musique son authenticité. On se laisse facilement happer par cette force qui transparaît derrière la fragilité apparente.

Plaire et toucher

Sur la scène le mot d’ordre est sobriété. Trois triangles de néon blanc habillent le fond tandis que les projecteurs diffusent une lumière sombre. Tout est fait pour nous envelopper de mélancolie douce. Mais le spectacle joue avec toutes nos émotions. Entre ses chansons, Safia raconte sa passion pour la burrata et sa fascination pour les épisodes de Faites entrer l’accusé. On pleure et on rit. Ce soir, la fameuse règle de théâtre énoncée dans La Poétique d’Aristote est respectée : plaire et toucher.

C’est dos au public, éclairée d’un spot clair-obscur, qu’elle chante « La Laideur » (paru sur son premier album, Limoilou, 2015). Puis elle invite à monter sur scène Pomme pour le merveilleux duo de « Lesbian Break-Up Song » qu’elles chantent sous une lumière tamisée, autour d’un micro central donnant l’illusion d’une version acoustique. Après avoir fait l’apologie des troubadours, elle reprend « Belle » (oui oui, de Notre-Dame de Paris), offrant aux paroles une nouvelle vie. Et ce n’est pas fini, Pierre Lapointe est à son tour convié sur la scène. Ils chantent à deux la « Drôle d’époque » de Clara Luciani.

Avant de quitter la scène sur la très intense « Dans le noir », elle improvise – sur quelques accords ensoleillés joués par Joseph – des remerciements digne des grands One Women Shows. On est sous le charme.

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