Et l’Oscar du meilleur groupe de rock revient à : Rival Sons !

LIVE REPORT – Lundi 25 février notre belle ville de Lyon a eu le plaisir de se prendre une déferlante rock sur le coin de la tronche. Jay Buchanan, Scott Holiday et le gang des Rival Sons ont enflammé la capitale des Gaules !

Nous avons déjà eu l’occasion ici de vous parler du dernier album des Rival Sons sorti fin janvier, et du fait qu’il était indubitablement déjà si tôt dans l’année, le meilleur album rock de 2019. Nous pouvons très sereinement affirmer que leur concert au Transbordeur de Lyon lundi dernier sera une des meilleures prestations rock live de l’année dans notre palmarès de 2019. Il n’y a plus assez de superlatifs pour chanter les louanges des Californiens. On se demande même comment on a fait pour bêtement ne pas les avoir vus avant sur scène. La faute sûrement à un agenda incompatible, mais tant pis, ne vivons pas dans les regrets inutiles, et réjouissons-nous de ne plus pouvoir nous passer d’eux à l’avenir.

Dès le début de leur prestation, sans avoir besoin d’un setting ostentatoire, les lascars proposent un décor intriguant et prometteur. Le fameux chien de chasse endormi ?/drogué ?/repu ?/mort ? de la pochette de l’album est projeté en fond de scène, mais sous sa forme définitivement morte cette fois : il n’en reste que le squelette. Pourtant il grogne. Et visible au travers des côtes de sa cage thoracique, un cœur rouge vif, qui bat fort dans la salle. Le tout rendant délicieusement excitante l’attente du groupe. C’est avec « Back In the Woods » qu’ils décident d’ouvrir le bal, un des titres les plus catchy de Feral Roots.

« Sugar on the Bone » suivra, puis arrivent les titres d’albums plus anciens. Le public est visiblement composé de fans de la première heure, et qui ne se sont pas encore accaparés Feral Roots. C’est le seul bémol d’ailleurs que l’on mettra à ce concert, la salle semble parfois moins réceptive à la nouveauté qu’à ces vieux titres, mais laissons-leur le temps, ça viendra ! Jay Buchanan a une voix absolument hallucinante de puissance. Nous ne le découvrons pas la chose bien sûr, c’est en partie ce qui fait la force de ce groupe, mais il faut reconnaître qu’en live c’est encore plus impressionnant et bluffant ! Il n’y eut que très peu de notes à côté, alors que le bonhomme rugit à tout va.

Laisser place au fauve

Comme s’il avait senti que le fauve pouvait laisser place à l’agneau, Jay se pose après « Too Bad » et prend le temps de remercier le public d’avoir rendu le Transbo sold out ce soir, et ce pour la dernière date en France du groupe. L’émotion pour les garçons est forte et ils souhaitent donc nous proposer un titre d’une beauté absolument renversante : « Jordan », issue de l’album Head Down. Quelques mots l’introduisent pour expliquer qu’il n’y a pas de bonnes manières, de bons conseils pour se remettre d’événement douloureux, et qu’il aimerait ce soir grâce à ce titre, que la personne ou les personnes se sentant concernées, soit entourées de tout le public. La salle offre à ce titre le silence de cathédrale qu’il mérite et autant dire qu’il fallut deux mouchoirs pour éponger, un mascara ruiné, un nez patate… Et honnêtement, la vague de bienveillance et d’émotion ressentie nous habite encore aujourd’hui.

La parenthèse de douceur se referme pour l’instant, il est ensuite temps de retourner au turbin pour Scott Holiday et de sortir sa guitare à double manche sur « Feral Roots ». Arrive ensuite « Torture », la salle est chauffée à blanc, en veut plus et s’inquiète un peu visiblement quand la guitare acoustique de Jay est de retour pour « Imperial Joy ». Après quelques cris de bourrins réclamant du lourd, Jay rassure le public qu’il est bien ici pour faire du « fucking rock’n roll » mais il ne dévie pas (et heureusement, merci !) de son idée, qui est de proposer un magnifique duo à Scott, guitare/voix en toute simplicité sur « Sacred Tongue ». Re-mouchoirs et fin définitive d’une quelconque figure présentable. Mais P…IN QUE. C’EST. BEAU… Jamais on a vu un concert de rock, et de rock plutôt musclé et testostéroné, vous arracher les larmes comme ça !

Cinq étoiles

Sur des titres en acoustique plutôt doux, on peut imaginer qu’il est plus prévisible d’être ému, mais sans aller jusqu’à la larme, les titres rocks des Rival Sons sont tout aussi sublimes grâce à l’interprétation habitée et la voix de leur charismatique leader. La scène est à lui, mais en toute humilité, il vient chercher chacun d’entre nous dans le public. « The End of Forever », notre favorite, puis « Do Your Worst » mettent nouveaux et anciens fans d’accord, et ces titres finiront de sceller le lien entre le groupe et le Transbo. La qualité de la prestation fera l’unanimité en quittant la salle. Que ce soit le son, en passant par le travail de chaque membre sur scène, et on le redit, surtout la voix de Buchanan. Le show était un spectacle rock classieux méritant cinq étoiles. Un Oscar. On continuera à s’interroger longtemps après le concert, sur pourquoi les Rival Sons ne sont pas célèbres comme des Black Keys ou comment d’autres jeunes, type Royal Blood et autres Greta Van Fleet, qui bénéficient actuellement de beaucoup plus de publicité. En un sens c’est incompréhensible et regrettable pour eux, mais pouvoir profiter d’un groupe aussi exceptionnel dans une salle à taille humaine comme le Transbo, égoïstement, on ne peut qu’avoir envie que cela dure éternellement.

Ils seront présents cet été au Mainsquare d’Arras, et à Musilac, on espère à Rock en Seine qui sait, donc faites le déplacement !

Un grand merci à Kymmo pour (une fois n’est pas coutume à Lyon !) ses superbes photos.

Crédit photos : Kymmo

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