Comment Rocketman a fait naître mon obsession pour Elton John

RÉFLEXION – Si les biopics musicaux permettent de rendre plus curieux, alors ok : allons-y pour les biopics !

Ouais. Ouais. Je sais. Je vais énerver pas mal de monde avec cet article. Les puristes d’Elton John vont probablement partager cet article sur leurs forums et groupes privés pour me traiter de tous les noms. J’avoue. J’ai jamais fait l’effort d’écouter en profondeur sa musique. Je connaissais quelques titres. Des titres sur lesquels je m’époumone en voiture (tu vois le moment « Benny and the Jets » à fond les ballons ?), ou que je chante quand il passe à la radio. Typiquement « Rocketman », « Your Song », « I’m Still Standing », « Don’t Go Breaking My Heart ».

Je connais mal Elton John. Pour moi, c’était l’artiste un peu kitsch, qui en fait toujours trop. Je suis stupide. J’avais des a priori. Et j’ai fait tout le contraire de ce qu’une personne pourtant amoureuse de la musique doit faire : écouter avant de juger.

La fièvre et les passions

Il a fallu que le biopic Rocketman sorte au cinéma pour que je fasse valser mes préjugés de parfaite idiote. Pour un fan d’Elton John, peut-être que le film ne sera pas assez accurate. Je sais qu’en tant que fan de Queen, ça m’a pas mal gêné avec Bohemian Rhapsody que j’ai regardé à contre-cœur, trois cents ans après la guerre. Peut-être que pour le cinéphile convaincu, il sera trop lisse ou trop convenu. Pour moi qui ne suis ni une puriste d’Elton, ni une cinéphile chevronnée, c’était un bon divertissement. J’ai passé un très bon moment, j’ai été transportée par la fièvre et le kitsch. Par ce côté comédie musicale totalement assumé.

J’ai été séduite par le jeu d’acteur de Taron Egerton et par la musique. La musique surtout. Qui venait au bon moment pour souligner des moments clés de la vie d’Elton John. Ce n’est pas un biopic chronologique. Elton John n’était pas un génie tel qu’il chante à 11 ans un titre qu’il ne sortira que 20 ans plus tard. J’ai découvert des titres que je ne connaissais pas, même si apparemment c’était les plus connus. Et je m’en suis voulue en sortant de la salle de ne pas avoir plongé plus tôt dans la discographie de ce grand fou qu’est Elton John.

Je suis tombée en amour pour « Crocodile Rock », « Honky Cat », « Saturday Night Alright ». J’ai ensuite découvert « The Bitch Is Back », « Take Me to the Pilot » (sans en comprendre les paroles, j’avoue), « My Father’s Gun ». Je suis tombée en extase devant sa collection de costumes, pour son extravagance assumée, son glamour, sa passion, pour son personnage haut en couleur, pour son avant-gardisme, sa grandiloquence et sa sensibilité extrême.

Aparté :
En passant : je parcours beaucoup les Internets pour en apprendre un peu plus sur Elton John, je suis tombée sur ce dossier de Vice que je trouve formidable :
je tiens à le partager avec toi.

Pourquoi les biopics ?

Alors oui, j’ai un peu levé les yeux au ciel par moments devant Rocketman. Typiquement, le film passe trop de temps à s’apitoyer sur la solitude de l’artiste. Sur la drogue, sur l’argent, le sentiment de mal-être… C’est à peu près ce qu’il s’est passé pour la plupart des artistes des années 70/80. Solitude, drogue, sexe ? C’est le package offert aux rockstars de ces années-là. Dexter Fletcher, le réalisateur, aurait pu aller plus vite sur cette partie-là, mais Elton John étant le producteur exécutif, probablement que jouer sur le mélo était voulu.

Je me suis toujours demandé quel était le but d’un biopic ? Sachant qu’il ne sera jamais à 100 % véridique. Sinon, ce serait un documentaire, n’est-ce pas ? Peut-être que c’est l’occasion pour les novices de mettre le nez dans quelque chose qu’ils n’auraient jamais essayé. J’imagine que certains se sont découvert une passion pour Queen après Bohemian Rhapsody (le film), pour Joy Division après Control, pour Mötley Crüe après The Dirt, pour Johnny Cash après Walk The Line. Là aussi, c’est un jugement que je révise. Avant Rocketman, je serais restée cette connasse qui lève les yeux au ciel en entendant quelqu’un dire « ouais, je connaissais pas avant le film« … Tout le monde change.

Si les biopics permettent de rendre plus curieux, alors ok : allons-y pour les biopiocs. Go pour un film sur David Bowie, Lou Reed, Iggy Pop, Janis Joplin, sur Patti Smith, Leonard Cohen et les autres rockstars.

Advertisements