Il y a quarante ans, Joy Division sortait « Unknown Pleasure » et changeait la face du rock

CÉLÉBRATION – Unknown Pleasure a quarante ans. Pour l’occasion, dix réalisateurs ont imaginé des clips pour les dix titres qui composent l’album.

Le 15 juin 1979, Joy Division sort son premier album Unknown Pleasure. L’un des meilleurs albums de rock de tous les temps. Disque noir, intense, triste, morbide par moments et teinté de romance. Et profond. Terriblement profond. Il incarne le chaos d’une jeunesse paumée. Il est l’âme de Manchester. Sa brume, sa grisaille. Unknown Pleasure, c’est l’équivalent rock d’un Stanley Kubrick. Je ne sais plus où j’ai lu ça. Mais l’auteur de cette phrase disait que c’était 2001 : l’odyssée de l’espace. Il est mystérieux, enregistré étrangement, avec des fréquences et des sonorités étranges. On pourrait l’écouter des milliers de fois, il sera impossible d’en saisir complètement la mesure. On sait juste qu’on se sent vidé. Comme si on venait de subir un exorcisme.

Nuance de gris

Ian Curtis et sa bande ne savaient probablement pas qu’avec cet album, ils allaient marquer la pop culture. Après tout, ce n’était que des kids de Manchester, des novices qui n’y connaissaient pas grand-chose en débarquant au studio Strawberry Studios de Stockport. Ils ont apporté un son novateur, ils assumaient leur part d’ombre, ils voyaient la vie en nuances de gris. Ils étaient okay avec ça. Ian Curtis, « ce mec avec écrit haine dans le dos » sortait ses tripes dans chacune de ses paroles. C’était brut et expressif.

Unknown Pleasure, c’est aussi une pochette. « L’album a été un choc, car il venait de Manchester, d’un label indépendant, sans aucune publicité. Il venait d’une autre planète […] et le design était censé stimuler l’imagination »,déclare Peter Saville sur ARTE. Il représente les ondes du tout premier pulsar découvert. Cette pochette, elle est aussi célèbre que Sticky Fingers des Stones, que la banane du Velvet, l’éclair de Bowie, le prisme de Pink Floyd. Elle est entrée dans l’histoire. On retrouve cet artwork tatoué sur des bras, floqué sur des t-shirts à H&M, il a été détourné, animé, pompé. Il fait partie de l’histoire.

Unknown Pleasure a quarante ans. Et quarante ans, ça se fête. Pour l’occasion, dix réalisateurs ont imaginé des clips pour les dix titres qui composent l’album. La vidéo de « I Remember Nothing » a été dévoilée jeudi 13 juin. Il est l’œuvre de Helgi & Hörður (collaborateur de Sigur Ros et Yoko Ono, notamment). Il met en scène Baltasar Breki Samper, récemment aperçu dans la série dramatique Chernobyl.

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