Navaja, l’album d’Hicks & Figuri pour tous les amoureux de lo-fi

CHRONIQUE – Un album paru au printemps mais parfait pour une fin d’été : Navaja d’Hicks & Figuri.

C’est difficile de faire fi du passé. De ne pas parler d’un artiste qu’on a aimé. De ne pas se souvenir d’un concert, d’un album, d’une voix, de mettre tout ça de côté pour se laisser happer par la nouveauté. Par le présent, par la réalité de ce qui est en écartant ce qui n’est plus.

Hicks & Figuri, l’artiste aux multiples visages

Loyola n’est plus. Spide n’est plus. Marxer n’est plus. Autant d’identités parallèles de l’artiste Pierre Walter. Autant de projets passés qui ont marqué une empreinte chez tous ceux qui s’en sont approchés de près ou de loin. Parce qu’une voix et un songwriting comme ceux de Pierre Walter, on ne les rencontre pas souvent. On s’en souvient, et on s’y attache durablement.

Alors quand il est temps de s’en défaire pour laisser place à une nouvelle identité, celle d’Hicks & Figuri, il est difficile de ne pas avoir en tête les arrangements aériens, la voix douce, la profondeur, l’obscurité et la lumière de tous ces projets. Mais dès les premières secondes, on sourit, on lève un peu les yeux au ciel, et on se dit qu’il aura beau prendre tous les noms possibles, Pierre Walter aura toujours le même pouvoir que dans le passé. Cet homme-là est une sorte de médium. Un intermédiaire entre les esprits de la musique et nous. Et pas n’importe quels esprits.

Album lo-fi pour pépites musicales

Un enregistrement maison sur un quatre pistes. Quatre pistes pour la voix, la boîte à rythme, le synthé, la guitare. Les esprits musicaux qu’Hicks & Figuri convoquent sur l’album Navaja sont ceux de la simplicité, de la pureté, de l’honnêteté sans faille qui te font virevolter sur des mélodies légères, ou partir les yeux dans le vague pour sonder tes profondeurs. Ceux qui te poussent à coller ton nez à la fenêtre, à danser lentement avec ton amoureux, à fermer les yeux sous les rayons du soleil de fin d’été. Ceux qui te rappellent qu’il n’y a décidément pas besoin de plus que 4 pistes pour lier passé, présent et futur dans une même bulle de bonheur musical.

Qui sait sous quel nom on retrouvera Pierre Walter la prochaine fois. Qui sait où, quand et comment il réapparaîtra. Peu importe. Parce que jusqu’à cette prochaine fois, nous voilà avec 13 titres supplémentaires à coller près de ceux de Daniel Johnston, Elliott Smith, The Microphones, Magnetic Fields ou Pavement… Tous autant qu’ils sont magiciens de l’évidence vers qui on se tourne quand notre monde à nous devient soudain un peu trop compliqué à comprendre. Et ce n’est pas peu dire qu’on en a besoin.

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