Pop Montréal : la démonstration solo de Fink au Rialto

LIVE REPORT – Pop Montréal 2019 a ouvert ses portes pour sa 18e édition. On est allé voir le grand Fink, en solo, accompagné de Camille Delean en première partie.

Pour débuter notre festival Pop Montréal, quoi de mieux pour nous que d’assister (logiquement) au concert de Fink, en tournée solo pour patienter avant la sortie d’un nouvel album fin octobre. La soirée affiche complet.

On se dirige vers le 1er étage d’un bâtiment à quelques mètres de l’enseigne lumineuse du grand Théâtre Rialto. On se retrouve dans une longue salle à l’estrade en bois, parquet apparent et grinçant, rideaux en velours rouge et chaises assorties. Une jolie salle de cachet parfaite pour accueillir en toute intimité l’Anglais Fink et sa première partie Camille Delean.

En chaussettes et vêtue d’un long caban, Camille Delean est une jeune femme de contrastes. Un petit gabarit mais un coffre de voix surprenant. Un visage sans aucune expression apparente mais un univers musical enveloppant et réconfortant.

L’Ontarienne n’offre pas d’autre choix que de se laisser hypnotiser par de limpides envolées lyriques portées sur fond d’apaisante pop aérienne nourries de nappes de deux guitares, un clavier, une basse et une batterie légère. Dire qu’elle n’a qu’un album daté de 2017 dans ses bagages, et déjà un univers bien marqué. Si le set démarre plutôt froidement, la jeune femme gagne peu à peu en prestance, sa voix devient plus constante et plus claire, son attitude plus assurée. On aurait aimé embarquer plus rapidement, mais cette courte ellipse hors du temps en valait la peine.

Fink, des pédales et trois guitares

Ponctuel, Fink débarque sur scène quelques minutes avant son show. Il veut faire un test de voix. Chose dite, chose faite. Ça lui prend 25 secondes en tout et pour tout. Et puisqu’il est là, autant commencer le concert, avec « We Watch the Stars » qui nous plonge direct dans l’univers folk nébuleux de l’artiste anglais.

Assis au milieu de la scène, ses pédales aux pieds, ses guitares derrière lui, Fink revisite chaque chanson permis par sa formule en solo. C’est simple, il fait de ses intrus ce qu’il veut, selon son humeur. Ce n’est franchement pas pour nous déplaire, d’autant plus que ce musicien est un fin guitariste. Qui a besoin d’un band quand un homme et sa guitare suffisent ?

Cette guitare si fluide et aérienne avec ses effets de réverb, ses percussions sur le coffre, ses pickings et tappings qui créent ces accompagnements folk-blues électroniques enveloppants qui combleraient n’importe quelle blessure.

Des happy songs… ou presque

Fink fait un bien fou. Comme une menthe à l’eau en pleine canicule. Comme se blottir dans les bras de la personne que l’on aime après un coup dur. Plein de dérision, il équilibre la sombre mélancolie de ses chansons avec des interventions qui ne manquent pas de faire sourire un public attentif et connaisseur. Il tente malgré tout de glisser des relatives « happy songs » entre deux, comme « Pilgrim » et « Warm Shadow ». Même si cette happy song-là, écrite à Paris, a trop souvent été prise pour une chanson sur le thème du suicide nous dit-il en haussant les épaules… Rires dans la salle.

Comme une menthe à l’eau après une traversée de désert, un concert de Fink se savoure à petites lapées, chacune toujours plus savoureuse que la précédente. Dans nos oreilles « Cracks Appear » qu’il admet adorer jouer, l’addictive « Wheels », bluesy à souhait, les anciennes mais toujours aussi bonnes « Maker » et « Sort of Revolution », la fabuleuse « Yesterday Was Hard On All Of Us » qui arrache une larme… mais également de nouvelles chansons, qui figureront sur Bloom Innocent, son nouvel album qui sortira le 25 octobre. Et on peut d’ores et déjà vous dire que ça risque d’être beau.

Photos : Emma Shindo

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