On y était : Fuzeta + Lenparrot au Point Éphémère

On voltige, on flotte. On plane. C’est fou ce qu’un concert de Fuzeta peut faire du bien. Les Bretons étaient hier soir au Point Éphémère pour la release party de Pavilhão Chinês leur second EP, plus rock et plus brumeux que Dive aux compos pop-solaires. Retour sur cette lumineuse soirée.

Fuzeta, tu le sais déjà, on les connaît grâce au Prix Ricard S.A. Live, un tremplin qui leur a permis de jouer notamment sur la place Denfert Rochereau pour la Fête de la musique, sur la place de l’Hôtel de ville de Paris pour le Fnac Live, ou encore de parcourir les villes de France  et de Navarre en long, en large, et en travers. Une sacrée visibilité. C’est pourtant la première fois qu’on les voyait dans une salle à huis-clos avec leur nom en tête d’affiche. Et que de beau monde dans cette salle, un public venu nombreux — à leur grande surprise — spécialement pour eux. Les garçons débarquent sur scène, sourire aux lèvres, discrètement, comme s’ils devaient encore faire leurs preuves.

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On ne le dira jamais assez, mais on est toujours bluffés par la qualité de leur son et de leurs arrangements. Chacun est à sa place, chaque ligne de guitare est admirablement bien calée par rapport aux autres instruments, les voix se mêlent avec force et justesse, chaque silence respecté au demi-soupir près dans une belle harmonie sonore. Une harmonie aussi bien délicate et mesurée (« On the Road We Came Back », « Ferns », « Y ») qu’ardente et passionnée (« Across », « Rise). Gros coup de coeur pour « Canopy » et cette espèce de downtempo sombre et dépouillée, cette tension aussi, qui chemine vers une longue partie instrumentale teintée d’espoir. Et comment passer à côté du titre éponyme de leur second EP ? « Pavilhão Chinês » et ce fond oppressant de la même note de guitare pendant plus de 2 minutes alors que chaque temps est martelé scolairement par la batterie. Étrangement, on se laisse prendre et qu’est-ce que c’est bon ! La seule chose que l’on regrettera ? Que les garçons, visiblement impressionnés par le nombre de personnes venues les écouter — et ceux qui entonnaient toutes les paroles de leurs chansons — n’aient pas pris le temps de plus interagir avec leur public qui ne demandait que ça.

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En première partie, Fuzeta avait invité Romain Lallement (que vous connaissez peut-être de Rhum for Pauline) dans son side-projet Lenparrot. En fait, ils sont deux sur scène : Romain au chant, et Olivier à l’accompagnement, légèrement en retrait, derrière sa tablette. Romain c’est d’abord un charisme scénique et une voix impressionnante, des graves à la Ian Curtis à des aigus à la a-ha, qui viennent se caler sur des beats et des vagues électro minimalistes et ultra planantes, mélange de Depeche Mode et Portishead. Lenparrot venaient eux fêter la sortie de leur 2e EP, Naufrage, sur lequel on peut retrouver « Halo Highway » et « Amedeo’s Wife », qu’on ne saurait vous conseiller d’aller écouter de suite. À suivre de très près !

Texte : Emma Shindo | Photos : Sabine Swann Bouchoul

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