The OA, la série la plus déroutante de l’année

SÉRIE – The OA a été annoncé en mars 2015. The OA a été oubliée jusqu’au 13 décembre. The OA est apparue le 16 décembre. On est le 22 décembre, et on vient de terminer les 8 épisodes. On vous dit tout.

Petit rappel du pitch : Prairie Johnson, jeune femme aveugle, a disparu de façon mystérieuse. Sept ans plus tard, sa réapparition l’est tout autant. Surprise en plein saut depuis un pont, elle regagne le foyer familial de banlieue morne et grise, sans rien expliquer de son aventure à ses parents. Étonnement : elle voit à nouveau, et se met en quête de 5 personnes dans son voisinage, pour accomplir une mission dont on ne sait rien. Mystère, vous avez dit mystère ?

La narration comme seul point fixe

La caractéristique principale de The OA, c’est sans aucun doute son absence d’étiquette. Tour à tour thriller, fantastique, récit initiatique, mélodrame, ou science-fiction, il serait bien facile de se perdre dans les quelques 8h d’épisodes de cette première saison. La narration elle-même n’est pas des plus linéaires. Entre arc narratif présent, montrant Prairie se débattre avec son retour chez ses parents adoptifs, et arc narratif passé, qu’elle raconte aux 4 adolescents et à leur professeur qu’elle a recruté,  et qui mêle son enfance russe et l’explication de sa captivité, le spectateur navigue littéralement dans l’espace-temps sombre d’un destin étrange. Et l’espace-temps, justement, est lui aussi malmené. Car tout dans l’histoire est affaire de recherche entre plusieurs dimensions.

Une série qui bouscule tous les codes

Si une chose est sûre, c’est qu’il n’y a aucune certitude. On est bousculé. Par le pilote, déjà, qui, avec ses 1h15, nous installe pendant les 55 premières minutes dans un confort relatif, avant d’entamer réellement le vif du sujet. Par les acteurs, aussi, tous plus doués les uns que les autres (mention spéciale à Jason Isaacs, dans le rôle du « méchant » et à Patrick Gibson, ado tourmenté fascinant). Par la réalisation, des plus étranges elle aussi, parfois parfaite, parfois ridicule. Par le format, qui défie toute logique (la longueur de chaque épisode change !), ni série, ni film. Et puis tout simplement par l’histoire.

Car quel est vraiment le sujet de tout ça ? La série est-elle l’histoire d’une femme qui se remet d’un enlèvement ? Ou bien l’histoire d’une métaphore sur l’expérience de mort imminente et le sens de la vie ? Difficile d’y répondre, même en fin de saison, tant le mystère demeure. Mais peut-être que le vrai sujet, c’est « simplement » la narration : comment raconter une histoire ? Et voir la série sous cet angle sous-entend une mise en abîme, qui elle-même nous bouscule.

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Un bilan partagé

Très honnêtement, on ne sait toujours pas si on a aimé. On est encore partagé entre l’impression de « too-much » et l’envie d’en savoir plus. Mais Brit Marling, qui incarne à la perfection Prairie, étant à la fois co-créatrice, co-scénariste, et co-réalisatrice du projet avec Zal Batmanglij, le projet maintient une cohérence bienvenue. On sent que l’univers a été construit et on sait d’avance qu’on ne sera pas laissé le bec dans l’eau comme à la fin de Lost. Alors on attend impatiemment la saison 2. Et c’est peut-être bien là la preuve que le pari est réussi.

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