Noé Preszow à l’Européen : on a dit oui à un deuxième date

LIVE REPORT – Ce lundi 26 janvier, Noé Preszow revient à l’Européen pour un concert acoustique. Retour sur cette soirée suspendue.

On y était en juin et ce soir, on brave le froid pour aller applaudir Noé Preszow pour ce deuxième concert acoustique où le piano et la guitare sont mis à l’honneur. Pas de première partie mais un concert tout en simplicité.

Manier les mots comme Noé

Côté setlist, deux morceaux inédits sont joués ce soir : “Debout” en ouverture, comme le 30 juin précédent et “Par le feu”, jamais entendu auparavant. Bien sûr, Noé réinterprète beaucoup des morceaux de ses deux albums. Le public aura pu danser sur “Que tout s’danse”, pleurer sur “Exils” et avoir la fureur de vaincre avec “Juste devant”. Pour ravir les oreilles de votre rédactrice, “Comment fais-tu pour vivre” et “Les armes que j’ai” sont de nouveau de la partie.

Au risque de nous répéter, quel bonheur de réentendre tous ces mots. Noé, il vise juste à chaque fois. Et quelle poésie ! Quelle finesse ! En tous les cas, le public est conquis : je suis au premier rang (groupie 4 ever ici) et de ma place, j’entends les refrains repris par tout l’Européen. Sur scène, Preszow nous encourage à chanter, prenant exemple sur le premier concert où il avait été étonné que le public entonne autant ses refrains.

De la poésie, un peu, et de l’engagement, beaucoup

Comme d’habitude, un concert de Noé n’en est pas vraiment un s’il n’est pas engagé. Ce soir, c’est évidemment l’Iran qui est tristement mis à l’honneur puisque Preszow reprend en musique un poème de Forough Farrokhzad, une poétesse iranienne. Les paroles “Téhéran debout qui chante Bella ciao” du morceau “L’Intime et le Monde” n’ont jamais sonné aussi juste.

Dans un monde où les murs sont de plus en plus hauts, comme il l’explique sur scène, il y a des morceaux qui ne peuvent pas ne pas être joués. “Exils”, qui évoque l’exil d’un enfant sur une terre qui n’est pas la sienne. “Juste Devant”, impossible à oublier, qui évoque la “vague brune” qui s’annonce en Europe. L’occasion pour l’artiste de rappeler que, en Belgique aussi le paysage politique “se droitise”. Cette ligne politique, Noé ne la trahit jamais. Elle est là, en filigrane, dans chacun de ses morceaux et à chacun de ses concerts.

Un moment hors du temps avec Noé Preszow

L’énergie ressentie dans un concert de Noé, je ne la retrouve nulle part ailleurs. C’est comme si, pendant une heure et demie, tout était mis sur pause. Comme si, au-delà des portes de l’Européen, plus rien n’existait. Et j’ai l’impression, sans trop m’avancer, que je ne suis pas la seule à le ressentir. Le public hétéroclite passe par toutes les émotions. C’est d’ailleurs drôle de penser que chaque morceau joué est important pour quelqu’un pour des raisons si personnelles et pourtant, on se retrouve tous là à l’écouter au même moment. Et il raisonnera différemment chez chacun de nous. Bref, nous, on signe pour le troisième concert en février. Une belle histoire d’amour qui, on l’espère, ne fait que commencer.

Texte et photos : Lou Geniller