DITTER à Django : pop is the new rock
LIVE REPORT – Après une découverte l’été dernier, on retrouve DITTER à Strasbourg à l’espace Django. Sans surprise, on a adoré.
Ce jeudi a été long, très long. Une journée passée sous la pluie dans un camp de concentration et dans un mémorial qui nous a plongé à la fois dans le passé et dans une lecture violente du présent. C’est lourd de cette journée qu’on débarque à l’espace Django pour le concert de DITTER. On sait bien ce qui nous attend, depuis qu’on a croisé leur route l’été dernier aux Décibulles. Et on a hâte.
La joie est un acte de résistance
Après une première partie assurée par Ile de Garde, trio féminin et féministe breton, on file prendre des forces. Oui, parce qu’on sait qu’on va suer et sauter. Rosa, François et Sam débarquent sous leur nom éclairé en gros au-dessus de leurs têtes. La scéno est minimaliste et efficace. Une estrade à l’arrière avec ampli et partie électronique. Guitare et basse sur les côtés, place nette pour Rosa au centre. Et ça commence très vite dans une excellente humeur, avec un public déjà conquis pour une grande partie. Les autres suivront en quelques minutes.

C’est qu’il est difficile (impossible ?) de résister aux hymnes écrits par ce groupe. Entre les paroles ultra-fédératrices dans notre chère société libérale (“qui a déjà fait un burn-out ?” pour introduire “You Need A Break”), et la musique qui pousse à la danse (cringe ou sautillante), on se retrouve vite dans une humeur festive et chorale. On entonne les “ahahaha” de “Follow No One”, on crie les “lalalala” de “Way Too Cool For You”. Chanson sur l’amitié chantée à trois assis au bord de l’estrade, ou moment de beauté vocale, même les titres calmes nous rappellent que tout est politique. Et qu’il est grand temps pour nous d’inonder ce monde de joie et d’amour. La joie comme acte de résistance ? Ça nous rappelle quelque chose.
DITTER et la force du collectif
Le conseil est appliqué à la lettre. Le concert finit en boum géante, avec un passage de Rosa dans le public, puis le public invité à monter sur scène. On aura droit à des rappels, à coup de message partagé. “Antifa” noté à l’arrière de la basse et “siamo tutti antifascisti” scandé par le public ? De quoi boucler la boucle de notre journée grand-écart !

Et au final, ce concert confirmera bien des choses. DITTER est un groupe générationnel : que ce soit dans leurs paroles ou leur musique, il n’y a pas mieux pour décrire notre époque, et on les en remercie. DITTER fait ce qu’il dit et transforme le cringe en new sexy, en faisant exploser les normes et en rebattant les cartes avec les codes existants. Et en profite en même temps pour transformer la pop en engagement politique, à l’exact endroit où le rock remplissait ce rôle à une certaine époque. Le monde change, et DITTER rappelle ce qui commence à nous manquer de plus en plus ces derniers temps, et qu’il faut protéger partout tout le temps : la force du collectif. Merci pour ça.

