Hugo Barriol à la Maroquinerie, remède aux jours pluvieux

LIVE REPORT – On est allé se réchauffer à La Maroquinerie pour une soirée folk, avec Hugo Barriol et son groupe. On vous raconte.

La première fois qu’on allait voir Hugo Barriol, c’était dans un appartement strasbourgeois, dans cette période étrange qu’était l’automne 2020. La musique live nous manquait, on grapillait ce qu’on pouvait, où on le pouvait. Même dans des appartements d’inconnus, donc. Cinq ans et demi plus tard, on peut certes revoir les folkeux dans des salles de concert, mais la période n’en est pas moins aussi étrange. Un autre genre d’étrange, de celui où on se dit que ces moments-là, il faut les chérir. Que c’est une joie de se retrouver avec des inconnus dans une salle, juste pour écouter et applaudir des artistes. En ces temps incertains pour la culture, quel bonheur de se dire que des artistes comme Hugo Barriol parviennent à faire leur chemin, et à jouer ici à La Maroquinerie, devant une foule de vrais fidèles, si on en croit les bribes de conversations glanées ici et là.

L’orage au violoncelle

Mais d’abord, Cécile Lamarche. Elle est violoncelliste, connaît bien Hugo Barriol, avec qui elle a notamment partagé une tournée en Australie, et assure sa première partie ce soir. Trois morceaux seront joués. Seule avec son cello, et quelques pédales, elle déploie des titres qui semblent se construire au gré des vagues qui l’animent à l’intérieur. Elle expliquera, pour son dernier titre “Fugue”, qu’il s’agit d’un morceau composé après la dissolution inattendue de l’Assemblée Nationale par Emmanuel Macron il y a deux ans. Le public comprend, et écoute religieusement tout en regardant le ballet des mains et de l’archet sur les cordes. Une parfaite entrée en matière pour la suite.

Les trois musiciens d’Hugo Barriol s’installent dans la pénombre, avant que lui-même ne se présente avec sa guitare, à la seule lumière des ampoules disposées sur scène. L’ambiance est posée. Je distingue dans le fond un trombone qui attend sagement, et ai hâte que les lumières se fassent un peu plus vives, un peu plus directes, pour profiter pleinement du groupe. C’est que je n’ai vu Hugo Barriol qu’en solo dans le passé. Et avec le concert de Leif Vollebeck deux jours plus tôt, les envies de belles lumières me reprennent. Je les attendrai tout le concert malheureusement. Enfin, les lumières ont été belles. Mais toujours tamisées, éclairant par l’arrière, et entourées de cette petite fumée homogène si habituelle dans les salles françaises. Tant pis pour le fond de scène…

Hugo Barriol au coin du feu

L’avantage néanmoins avec ces lumières, c’est que l’ambiance intimiste est vite créée. Cette ambiance au coin du feu, qui contraste avec la pluie ininterrompue de la journée. Et qui colle parfaitement à la setlist, toute en douceur. “The Wall”, “Hey Love”, “Cassis”… Dès le départ, on comprend que les titres seront donc un subtil mélange d’ancien et de nouveau. Ce qui, forcément, séduit le public. On continue encore plus dans l’ambiance feutrée quand le groupe entier se réunit autour de l’ampoule centrale pour deux titres en acoustique, “Forgiveness” et “Always”. Un vrai moment suspendu dans une Maroquinerie aux anges. Le public ne se fera pas prier ensuite pour chanter en chœur les “allez, allez” de “Je pars avec toi”, seule chanson en français du set. Arrive ensuite Cécile, pour ajouter son violoncelle et une touche de grandeur aérienne.

Le concert touche à sa fin, mais le public sait que le rappel s’en vient. Un de mes voisins annonce, confiant, qu’il reste au moins 4 chansons. Il ne se sera pas trompé. C’est sur “As It Is”, titre éponyme du dernier EP sorti en janvier, qu’Hugo Barriol et son groupe laisseront le public retourner dans le froid. Après une bien jolie et chaleureuse parenthèse.