Florence + The Machine à Bercy : notre exception

LIVE REPORT – Une fois n’est pas coutume, on a mis les pieds dans une arena. Mais pour Florence + The Machine, zéro regret.

Je n’aime pas les grandes salles. Et pour vous donner une idée, le Zénith de Paris est déjà une trop grande salle pour moi. En tant que public, comme en tant que photographe, je suis adepte des cafés-concerts et des SMAC. Alors autant dire que Bercy (l’Accor Arena blablabla) est loin d’être mon idéal. La dernière fois que j’y suis allée, c’était en 2011. Quinze années plus tard, me voici de retour pour le concert de Florence + The Machine. J’y suis allée en touriste accompagnante, parce qu’il était temps que je vois sur scène cette artiste dont les grands classiques figurent dans mes playlists.

Attention, je ne fais pas partie des énormes fans. Je trouve son univers incroyable esthétiquement, on partage pas mal de références en plus d’une année de naissance, les paroles de quelques unes de ses chansons me parlent particulièrement, oui. Mais je n’avais ni robe ni couronne de fleur dimanche soir. Je ne fais pas partie de cette team-là, qui joue sa vie sur ses concerts ou s’identifie comme une mini witch, mais je me suis tout de même retrouvée plutôt bien placée pour profiter suffisamment du spectacle, malgré la taille de la salle.

Une première partie cohérente

Paris Paloma ouvre la soirée. On se retrouve face à une incarnation d’Alice au pays des merveilles, avec cette immense robe bleu pastel et ses longs cheveux blonds. A la musique, un batteur et un guitariste, qui passe parfois à la basse quand la chanteuse saisit la guitare acoustique. Clairement, une arena pour un si petit set up n’est pas l’idéal pour moi. Cela ne me transcende pas, mais semble plaire au public, dont une partie est déjà complètement fan et connait les paroles par cœur. Elle sautille sur scène, tournoie dans sa robe, nous explique sa gratitude et sa surprise de jouer ici des chansons écrites dans sa chambre d’étudiante. Tout est très bien rôdé déjà. Sa route est tracée, pas d’inquiétude pour elle.

Mais on attend un peu plus de profondeur et c’est ce que nous donnera Florence + The Machine. Elle débarque sur “Everybody Scream” et joue déjà à faire chanter le public comme la cheffe d’orchestre qu’elle est. Sa robe est sublime, elle est pieds nus comme à son habitude, et accompagnée de quatre danseur.euse.x qu’on ne quittera pas des yeux du concert. Quatre aux couleurs de cheveux différentes, et oui, c’est le genre de détail qui accroche mon œil. Comme leurs tenues, leur pas, leur talent. Même chose côté musiciens. Si l’ensemble du public suit de la tête les mouvements de Florence, je me retrouve souvent à regarder de l’autre côté, vers le fond de scène. Violon, saxo, harpe, les instruments s’enchaînent pour assurer l’habillage sonore parfait à chaque titre.

Florence + The Machine, plus qu’une frontwoman

La setlist est excellente, nouveaux titres, anciens, et grandes surprises. Des moments de poésie (“Daffodil”, “King”), des moments de joie (“Say My Name”, “Dog Days Are Over”), des moments d’émotions, notamment avec “Never Let Me Go”, titre que Florence avoue avoir fait réapparaître dans ses setlists devant la demande populaire. Elle introduit une autre de ses chansons en expliquant que celle-ci a failli être écartée de l’album, tant elle se trouvait trop vieille pour la chanter. “Buckle” parle de ghosting et “now no matter how old, [she’s] gonna sing it forever“, tant elle a plus à son public. Une preuve de plus que la queen respecte son public.

Et elle y plonge d’ailleurs, fait le tour du pit, prenant le temps de serrer les mains de ses plus grand.e.s fans, au son des “come on, come on” de “Sympathy Magic” puis de “One Of The Greats”. Les trois derniers titres finiront de résumer ce qu’est un concert de Florence + The Machine. “Dog Days Are Over” pour un moment sans téléphone, à sauter tous ensemble. Free, parce que j’aurais demandé un remboursement si je n’avais pas eu le droit de danser là-dessus ce soir. Et “And Love”, parce que finir un concert sur des paroles comme “peace is coming” semble être la meilleure chose à faire ces temps-ci.

Aller à des concerts aussi. (Mais c’est encore mieux dans des petites salles où vous ne vous faites pas évacuer par un cordon de sécurité en moins de 5 minutes après le concert, promis.)

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