Francouvertes 2026, soir 3 : Charlie Rivard, Chaude Chaleur, Komēdza

COMPTE RENDU – Soirée bondée au Cabaret du Lion d’Or pour la suite des préliminaires des Francouvertes 2026. À l’affiche, Charlie Rivard, Chaude Chaleur et Komēdza (et toutes leurs communautés de fans).

Deuxième semaine de préliminaires aux Francouvertes et le soir 3 affiche complet. Il semblerait que certaines propositions de la soirée aient déjà une bonne communauté de fans. Isabelle Ouimet, la merveilleuse, remplace Élise Jetté, en convalescence après une chute dans des escaliers gelés. Pour cette 30e édition, on doit avouer qu’on n’est pas peu heureux de retrouver Isabelle. Son humour et sa voix de velours nous avaient manqué ! Ah, sacrée nostalgie de ces nombreuses soirées qu’elle nous a présentées ! Revenons à nos moutons et à cette soirée dont le niveau a, selon nous, surpassé les deux premières. 

Les Louanges en impose

Le concert s’ouvre, une fois n’est pas coutume, sur la prestation en guitare-voix de “l’ex”, Vincent Roberge. Plus connu sous son nom de scène : Les Louanges. Le Québécois a participé à l’édition 2017 (remportée par Lydia Képinski) et a également été porte-parole avec la même Lydia en 2022. Sur une chaise au milieu de la scène, il ne s’excuse pas : à 30 ans il joue assis, son verre de thé fumant à ses pieds. La performance de Les Louanges nous fait le même effet que des petites guimauves déposées sur un chocolat chaud bien chaud. Une petite délectation bonus.

Le silence imposant du Lion d’Or, pourtant bondé, en dit beaucoup. On adore la version épurée de “Encéphaline”, la préférée de sa gérante. On découvre en primeur  “Ne me quitte pas des yeux” son dernier single en date qui figurera sur son nouvel album attendu le 10 avril. Une nouvelle ère louangeuses est annoncée : celle de la profondeur, du calme et des questions existentielles… la trentaine finalement. “Sur ce, amenez les vrais bands !” lance-t-il en quittant la scène, presque gêné de l’effet qu’il a produit. Chapeau bas l’artiste !

Charlie Rivard au sol

Place à Charlie Rivard et sa “petite famille”, son “gros band de lesbiennes”, ou presque. Elle est en effet accompagnée de ses sœurs-musiciennes : Charlie-Rose aux machines et guitare, Agathe Dupéré à la basse, Marie-Anne Tessier aux drums, Marie-Claudel à la guitare et Norah Lapointe-Riverin aux back vocals. Elle livre une performance pop-rock entraînante, langoureuse et agréable, portée par un timbre de voix bien contrôlé – avec un éraillement maîtrisé lors de certains refrains – et d’une aisance scénique sensuelle qui la voit s’agenouiller dès la première chanson. Et ce n’est que le début des séquences au sol.

Au cœur de ses textes, les relations humaines (amoureuses surtout) et les questionnements identitaires. Elle-même parle “crise du quart de siècle”. Son premier album, réalisé par Ariane Moffatt (rien que ça), est attendu cet automne. Notre seule petite frustration vient des 30 secondes de solo de saxo sur la chanson finale. Comme un soufflé, l’enthousiasme de son arrivée retombe vite, et nous laisse pantois. Le set se termine en cris et fracas, avec la salle qui se lève pour la première fois de la soirée. Et pas la dernière. Résultat, une artiste pop prometteuse.

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Chaude Chaleur donne chaud

Chaude Chaleur est LE groupe dont tout le monde parlait en coulisses des Francouvertes cette année. Il y a quelques machines sur scène, heureusement vite complémentées par de vrais instruments et instrumentistes. Sans surprise, Chaude Chaleur s’engouffre dans un jazz fusion-r’n’b tendance (même si apparemment le groupe s’en dédouane, serait-ce devenu honteux ?). Forcément on pense à Rau_Ze, lauréats de la 26e édition (Rose était d’ailleurs dans le public). Mais aussi à L’Impératrice pour les rythmiques disco-funk, et à Erykah Badu et Tinariwen (ou c’est moi qui fume ?). Le tout est bien ficelé, bien joué, malgré une propension aux ruptures de tempo en fin de toune.

Nomile Leclair, à la (belle) voix, d’abord campée derrière son petit synth en coin de scène finit par l’investir et combler le vide du milieu de scène. C’est mieux. En plus des cinq membres du groupe, Noah Tremblay-Mimouni (Muhoza et sa troupe) agrémente les arrangements de lignes de saxo suaves et de quelques percées de flûte traversière. Le groove est solide et le public en profite avec enthousiasme et léger fanatisme. Chaude Chaleur est venu jouer et ne souhaite pas trop parler pour dispose de leurs 30 minutes allouées. “Ni homme, ni femme, enfant du chaos” chante le groupe qui rappelle aussi que leur single “Chambre noire” sorti aujourd’hui, est désormais disponible partout. Sauf sur Spotify. Fort bien. Pour la deuxième fois de la soirée, le Lion d’Or est debout, et on entend des “Chaude Chaleur ! Chaude Chaleur !” suivis de “J’ai chaud ! J’ai chaud !” qui nous amusent bien. 

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Komēdza, la force tranquille

Dernier à passer, Komēdza semble bien seul sur scène (et pourtant si imposant en taille et présence). Ses trois musiciens (Ismael Chagnon aux drums, Antoine St-Onge de Malaimé Soleil à la basse, et Julien Thibodeau à la guitare) coincés en fond de scène, accompagnent le Québécois d’origine togolaise. Ils ont tous revêtus leur plus belle chemise et costume des grandes occasions. Par-dessus, des séquences (cordes, chœurs…) pourtant bien calées, font parfois tâche avec les musiciens. On ne comprend pas bien le mariage et le dosage. Avec son timbre de basse et ses lignes vocales à la Lomepal et ses influences afro-rap très françaises (il cite Luidji, on pense aussi à Gaël Faye, à Gims aussi), Komēdza mêle des sonorités d’Afrique de l’Ouest au rap mainstream. 

Il en impose sur scène. Il l’arpente en prenant le soin de poser son regard, de sourire et de profiter du moment. Ses interventions oscillent entre naïveté et généralités, quand ses textes ont en commun la réappropriation des racines et le mélange culturel. Komēdza enchaîne les chansons tirées de son premier album ((ElaYi)) et a même le temps de chanter avec deux invités. Notamment Sandrine Marin (sosie vocale de Charlotte Cardin) sur “Seule ((sans toi))” qui clôt son set de façon un peu… inattendue. Il laisse le Lion d’Or sur sa faim, lui-même ne sachant pas si c’est la fin. Deux fois n’est pas coutume, troisième standing ovation pour Komēdza qui prend la première place du classement provisoire.

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Classement provisoire :
1. Komēdza
2. Chaude Chaleur
3. Dauphins
4. Colin Léo
5. Charlie Rivard
6. MARIE NEIGES
7. Olivier Faubert
8. Roxane Teddy
9. Kèthe Magané

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Texte : Emma Shindo – Photos – François Vautour (sauf Les Louanges : E.S.)