Coup dur et Les Hay Babies : les Acadiens à Strasbourg
LIVE REPORT – À la Maison Bleue, la francophonie se porte bien. Les Hay Babies nous le prouve avec une virée en Acadie… et en Louisiane.
On commence la soirée avec Coup Dur. Notre chemin avait déjà croisé le leur il y a quelques semaines lors d’une virée parisienne. On retrouve donc ce soir leur pop colorée, vintage et yéyé. Leurs titres sont mi-naïfs, mi-dansants et leurs goûts pointus au vu de leurs choix de reprises (“Part Time Punks” de Television Personalities, et “Uncontrolable Urge” de Devo). Une bonne petite entrée en matière pour accueillir les canadiens des Hay Babies.

Un direct France – Canada
On n’est pas vraiment là par hasard. C’est un peu l’avantage d’avoir une partie de l’équipe basée à Montréal (coucou Emma), qui nous envoie les recos en nous disant “il faut que tu ailles voir ça !”. Ce sera d’ailleurs l’une des raisons qui nous poussera probablement à squatter le Pelpass Festival en mai, mais on en reparlera. Donc on se devait d’aller voir Les Hay Babies, pour qui Strasbourg est étrangement identifiée comme “ville du rock”. Ai-je mal compris ? Je ne sais pas, mais je m’interroge encore sur le pourquoi du comment…



On comprend vite que les Acadien.nes sont là pour nous faire voyager. Et pas seulement avec leur accent (promis juré, on a compris bien plus de 70% du contenu). Mais d’abord avec leurs tenues, quand on les voit débarquer tout en rouge, santiags aux pieds, franges blanches aux manches et étoiles cousues sur les bras. Ça sent l’Amérique et on est presque déçu de ne pas voir les chapeaux associés. Niveau musique, même chose, de l’americana pur jus. Ce mélange de country, de folk, de rock qu’on entend trop peu de notre côté de l’Atlantique.
Les Hay Babies et la francophonie
Mais écouter de l’americana chanté en français a une saveur particulière. Et Les Hay Babies, sous leurs airs de groupe feel good pas volés, nous enseignent mine de rien une belle leçon d’histoire de la francophonie. Julie Aubé, Katrine Noël et Vivianne Roy nous racontent leur voyage en Louisiane, s’y perdant à la recherche des sons d’origine, qu’elles découvrent être toujours finalement ces grands classiques country qui ont passé les frontières. Elles en profitent pour nous montrer le lien entre des populations liées par un passé migratoire mais aussi entre des situations qui se retrouvent partout, cette importance de créer du lien, de ne pas mettre de côté, de s’ouvrir au monde.

Ajoutons à tout cela la joie et le plaisir à les voir naviguer entre guitares folk, électriques et basses, les odeurs de fleurs et de pelouse françaises qu’elles convoquent et la petite leçon de lutte contre les maringouins (comprendre les moustiques), et on se dit que décidément, c’est toujours une fine idée que de venir voir des Canadiens en concert. Merci Emma !
