François & The Atlas Mountains et Manu Delta à La Maison Bleue

LIVE REPORT – La pop 5 étoiles de François & The Atlas Mountains était de passage à Strasbourg à La Maison Bleue pour son album Halage. 

On n’arrive plus vraiment à mettre de date sur la dernière fois qu’on a vu François & The Atlas Mountains. Dix ans peut-être, plus sûrement. Mais malgré les années, on se souvient qu’on aime profondément ses lives. Alors on fonce à La Maison Bleue pour la sortie de Halage, le dernier album tout juste 1 an après Âge fleuve

Mais avant tout, on retrouve un visage qui nous dit quelque chose. Manu Delta est un “ancien strasbourgeois” qui évoluait dans le groupe Amor Blitz et qui s’est depuis un an installé à Paris. Seul avec sa guitare, il a fait évoluer sa musique vers quelque chose de moins électronique. Plus pop, toujours en français, on voit la filiation avec François & The Atlas Mountains. Penché sur sa guitare et sa casquette vissée sur la tête, Il avoue avoir l’habitude de jouer devant de plus petites audiences et s’appuyer sur les amis qu’il a invité ce soir. Il en profite pour ne jouer que des inédits ou presque, puisqu’un seul titre est disponible sur la toile “Reprendre ses esprits”. Une reprise de Françoise Hardy plus tard (“Moi vouloir toi”), place à la suite.

François & The Atlas Mountains, roi d’une pop faussement légère

La suite est en trio. Tous de beige vêtus, les musiciens entrent et déroulent un set très électronique et joyeux, à l’image de Hâlage. Et pourtant, le set commence par de nombreux titres d’Âge fleuve, prouvant que ces deux albums sont décidément les deux faces d’une même pièce. On y retrouve ce que j’aime le plus chez F&AM, cette complémentarité entre une voix douce, contemplative, et poétique, et des percussions organiques qui font bouger les pieds avant même qu’on s’en rende compte.

On retrouve aussi François Marry et son aura de poète mi-gourou mi-surfeur. Cheveux longs lâchés, il distille sourires et pas de danse. Il profite de la soirée pour jouer “Essaie encore” pour la première fois en live, mais nous offre quelques anciennes pépites, comme “La Vérité”. Et on ne peut pas s’empêcher de se dire qu’il construit album après album une discographie ambitieuse et follement cohérente. L’eau en fil rouge, les rêveries ouvertes par la nuit en terrain de jeu, et la chaleur du soleil plein les partitions.

On le suit dans toutes ses expérimentations, sans se poser de question. Et c’est le pouvoir de cette pop-là. Cette apparente légèreté et profonde poésie nous remue aussi profondément qu’un blues (“Aïeul Inconnu”), nous fait danser comme dans un club (“…”) mais nous fait chanter comme un tube pop. C’est d’ailleurs comme ça qu’on finira, en chantant tous ensemble la toujours excellente “Les plus beaux”. De quoi clore une journée enseoleillée jusque dans ses premières heures nocturnes.