On a écouté: Strangers In The First Place de Robert Francis

« Mon histoire » avec Robert Francis c’est une histoire de filles notamment, d’amis plutôt, en 2010, son album Before Nightfall fut la bande son de bon nombres de moment heureux: les délires entre nanas, le début de ma grossesse… Si mon fils avait été une fille, June faisait partie de la liste des possibles, et l’idée qu’elle puisse encore chanter « Junebug » dans quelques années m’avait amusé… Ce fut donc un album et un artiste attachant, une voix singulière, puissante et pourtant souvent dépassée par l’émotion, un guitariste particulièrement talentueux. Pour rappel, Ry Cooder lui met sa première guitare dans les mains à l’âge de 9 ans et il sera le seul élève du grand, Ô respect à toi, John Frusciante. Oui, quand-même, Cooder et Frusciante, on fait plus moches comme fées au dessus de son berceau musical ! Ce que j’ai moins aimé en revanche c’est son jeune âge qui l’empêchait d’être vraiment dans le partage, difficile de faire le tri entre la timidité maladive et la pose cliché du jeune L.A. rocker-donc-drogué-donc-torturé-donc-sentimentalement-inapte. Et puis le public de très jeunes filles qui lui collaient aux basques, décridibilisant un peu la qualité de l’artiste, hélas…

Il a un peu disparu de tout ce remue-ménage médiatique après sa tournée, moi aussi je l’ai rangé dans un coin de ma mémoire et la découverte de ce nouvel opus sonnait un peu comme des retrouvailles avec un vieux pote. Stranger in the first place est présenté comme l’album de la maturité. Les chansons ont été pour certaines d’abord des poèmes écrits par Robert lui-même (aïe, toujours aussi difficile ce prénom!) avant de trouver les mélodies qui en feraient des chansons. C’est donc d’abord un album à texte, et je dois dire que c’est peut-être ce qui me pose problème…

Parce que cet album il ne me fait pas tellement d’effet, il me laisse tiède, et c’est un sentiment qui n’existe pas dans mon nuancier ! C’est agréable à écouter, mais dans le mauvais sens du terme, c’est-à-dire que ça a le bon goût de ne pas être désagréable. Beaucoup d’instruments, du piano, de nombreuses voix pour les choeurs, des violons, cela en devient assez pompeux, c’est très produit, trop produit. Typiquement « Some Things never changed » commence comme une belle balade folk mais se transforme petit à petit en un tube mainstream et fade. Ce qui me gène parfois, c’est que l’on a la sensation que Robert peine à caser l’intégralité du vers de son poème dans la ligne de la mélodie. Je m’explique, ça sent un peu le « je me dépêche de finir ma phrase et tant pis si ça rime pas au final »… « Perfectly Yours » me rappelle dans sa mélodie un « Something Stupid » mais de supermarché. « Heroin Lovers », spontanément on pense titre annonçant la controverse, du tout on nage en plein « Senza Una Donna » de Zucchero ! Tout ça est très fleur bleue, chose que l’on pouvait déjà reprocher à certains morceaux du premier album certes, mais les autres titres équilibraient l’ensemble, là non. Sa voix si particulière est parfois ici presque agaçante quand il en joue trop, un coup grave, un coup aïgue, un coup Shakira

Certains morceaux comme « Eighteen » vont cartonner en radio, c’est évident, le joli duo avec la voix féminine, c’est pop et super entraînant, cela devrait être présenté comme le nouveau « Junebug », mais sinon aucun autre titre n’est vraiment renversant ou marquant. Je ne veux pas non plus être totalement négative, je l’ai dit, cela reste une jolie balade agréable. J’espèrais une randonnée dans les Rocheuses Canadiennes avec un grand shoot d’oxygène, ça sent plus le bubblegum fraise et le roller-blade sur la plage de Malibu… Mais bon après tout, c’est là qu’il vit ! Donc je crois simplement que je ne suis pas l’acheteuse de cet album, mais qu’il va plaire au grand public, à nos mères certainement et surtout aux très jeunes filles, celles mêmes à qui j’aurais bien bourré une chaussette au fond de leurs bouches hystériques il y a 2 ans en arrière !  Ou alors dernière requête: Robert, propose le nous en accoustique, juste toi et ta guitare, comme dans la version ci-dessous, c’est dans la simplicité que tu nous as séduits et c’est là que nous aimerions te retrouver…

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Une pensée sur “On a écouté: Strangers In The First Place de Robert Francis

  • 22 mai 2012 à 14 h 25 min
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    Une critique qui une fois de plus, décrit la structure mentale de son auteur. On ne peut pas plaire à tout le monde et c’est sans doute cela qui vous met mal à l’aise…

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