Des artistes engagés à Mawazine

Placebo à Mawazine
Placebo à Mawazine

On aurait voulu passer rapidement et occulter la polémique sur une J-Lo très peu vêtue sur la scène principale du festival Mawazine en concert d’ouverture, qui a donné des sueurs froides aux organisateurs et à Mounir Majidi, le président du festival. Mais finalement, c’est assez révélateur du double-jeu auquel fait face le festival. Un festival à la frontière entre les traditions et les valeurs marocaines, et cette volonté de s’ouvrir aux mœurs occidentales en invitant des grandes stars internationales. Jennifer Lopez, en s’habillant court, revendique le droit des femmes à disposer de leurs corps. Akon a souhaité évacuer le débat entre Islam et musique, quant à Placebo, c’est sur la question de l’homosexualité au Maroc qu’ils ont des choses à dire. Bref, cette édition 2015 de Mawazine, les artistes l’ont clairement placée sous le signe de l’ouverture.

« C‘est impossible que la musique soit haram ».akon

Musulman pratiquant, le rappeur d’origine sénégalaise a expliqué sa vision des choses concernant le débat à propos de l’Islam et la musique. En conférence de presse, devant des journalistes d’Europe et d’Afrique, il estime que « c’est impossible que la musique soit haram (péché) ». Il développe : »Nous prions dans la mélodie. N’importe quelle prière de la journée est une mélodie. Personne ne peut considérer, en ces termes, que la musique soit haram. Mais c’est mon avis personnel« . Et d’ajouter, avec un calme olympien devant une audience qui l’écoutait religieusement : « Pourquoi quelqu’un vient nous dire ceci est bon et cela n’est pas bon. Autoriser ceci et non pas cela. Tu dois suivre ton cœur, toujours. Fais ce qui est bon. Parce que la musique permet des opportunités à ceux qui n’y ont pas droit. Il faut toujours suivre ton cœur. Fais ce qui est juste à travers la musique, si tu décides de l’utiliser… on s’en fout, quelle décision que tu as prise, mais fais ce qui est bon. Parce qu’Allah est en train de voir. Tu ne peux pas te cacher. La lumière contre l’âme sombre. À la fin de la journée, tu seras bien, fais ce qui est bon et juste« . Standing ovation dans la salle de presse.

« Mon soutien pour ceux qui doivent se battre pour leur droit à aimer ». La veille, sur la grande scène, c’est Placebo qui a attiré l’attention par l’intermédiaire de Stefan Olsdal, le bassiste du groupe qui a rappelé son soutien à la cause homosexuelle au moment du rappel. L’homme, gay affirmé, n’a pas dit un mot mais seulement barré le numéro 489 tagué au marqueur noir sur son torse. L’article du code pénal qui interdit « les actes licencieux ou contre nature avec une personne du même sexe« , passibles d’une peine de trois ans d’emprisonnement au Maroc.

Bravant cette interdiction controversée, Stefan a même joué à plusieurs reprises avec une basse aux couleurs de l’arc-en-ciel, le drapeau LGBT mais aussi avec une guitare blanche, elle aussi portant le nombre « 489 » barré au marqueur noir. L’engagement a été très commenté sur Twitter et Stefan lui-même est revenu sur son action : « l’article 489 condamne l’homosexualité au Maroc. Débarrassons-nous de lui ! Tout mon amour et mon soutien pour ceux qui doivent se battre pour leur droit à aimer« . L’après-midi même, à Rabat, deux militantes Femen avaient mené une action contre la pénalisation de l’homosexualité, en posant poitrine nue et en s’embrassant devant les photographes avec l’inscription « In gay we trust« . Arrêtées à l’aéroport de Rabat, elles ont immédiatement puis expulsées vers la France, avec interdiction de revenir sur le territoire marocain, les autorités parlant d’un acte de provocation.

À lire également :

Retour en photos sur l’édition 2015 du festival Mawazine

Placebo : « On prend du plaisir à semer le trouble dans la tête de nos fans »

A voir :

Le making of du Festival chez nos amis de Melty :

sur le making of du Festival: http://www.melty.fr/making-of-mawazine-2015-de-mounir-majidi-a-jlo-et-pharrell-a415758.html (avec une vidéo très sympa).

 

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Une pensée sur “Des artistes engagés à Mawazine

  • 6 juin 2015 à 13 h 40 min
    Permalink

    Dommage pour les fautes d’orthographe…
    Pour Stefan Olsdal, c’est une basse multicolore, pas une guitare. Il l’utilise lors de chaque concert depuis environ un an.
    Article intéressant toutefois, bien que très descriptif

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