Star Wars 7 : Le Réveil de la Force mais pas vraiment de la créativité

Je m’étais préparée mentalement. J’avais fait en sorte de ne rien lire. Aucune critique. Je me bouchais les oreilles et chantait des chansons nulles intérieurement dès que quelqu’un parlait de Star Wars 7 pour ne pas me laisser influencer. Je suis passée à travers les spoilers sur Twitter (à ce qu’il paraît, il y a même un mec qui s’est fait virer du réseau pour avoir balancer une info capitale… imagine si c’était Game Of Thrones?). Bref, je me sentais ready. J’ai quand même attendu deux semaines avant d’y aller. J’aurais pu le voir dès le 16 décembre, lors de la soirée Star Wars à Disneyland (mais comment on rentre après ? La projection était prévue à 00h30). J’aurais pu le voir aussi le dimanche de la sortie, mais en véritables quiches, on n’a pas pris les billets à temps. C’est donc deux semaines après la bataille que j’ai vu Star Wars.

Mais tout le temps d’attente avant d’atteindre le Saint Graal, je l’ai mis à profit pour me refaire toute la saga. TOUTE LA SAGA. C’était le 25 décembre. J’étais malade, il n’y avait rien à faire d’autres de toute manière que de bouffer du chocolat et rester dans son lit. Parfait, j’ai donc regardé les six épisodes les uns après les autres. Je te dis pas à quelle heure j’ai fini… tu me prendrais pour une folle à lier. Ce que je suis peut-être. Mais bon, j’étais ready. J’avais aussi oublié que L’Attaque des Clones était encore plus pourri que La Menace Fantôme. Mon esprit avait aussi occulté la badasserie nonchalante d’Han Solo. Merde, qu’est-ce que je t’aime Harrison. Bref, tout était bien en ordre dans ma tête, les dossiers étaient rangés dans les bons tiroirs, j’étais au point sur le taux de midi-chloriens, sur les espèces, sur les planètes, les morceaux de corps perdus dans les batailles. La paix était revenue dans la galaxie, plus d’étoile noire, plus de Dark Vador, on laissait les Skywalker faire la fête avec les Ewoks sur Endor. Youpi. Je pouvais enchaîner le samedi sur le septième volet de la saga. Déjà, on était une trentaine à tout péter dans une salle immense… Merde, tout Paris a déjà vu le film visiblement, je suis dans les dernières ?

Sans doute. On s’en fout.

Le film commence. Ah. C’est de nouveau la guerre. L’Empire a disparu, à la place il y a le Premier Ordre. C’est quoi exactement ? On ne saura pas. Ok. Poe et un vieil homme parlent, il lui file une carte devant une tente dans un petit village au milieu du désert. Des stormtroopers débarquent. Tuent tout le monde. Poe est capturé, heureusement, il a pu donner la carte à BB-8 (le droïde tout choupinet) qui s’enfuit dans le désert pour remettre la précieuse carte à l’Alliance Rebelle.

Euh…

Ça ressemble un peu à l’épisode 4 non ?

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BB-8 s’enfuit donc et croise la route de Rey, sur la planète désertique de Jakku. Une jeune orpheline qui vole des pièces détachées pour vivre.

Euh… ça ressemble à… non rien. OK.

Finn, un stormtrooper qui se rend compte que tuer tous le monde c’est pas trop cool, décide de déserter. Il aide Poe à s’enfuir, ils se perdent de vue et croise la route de Rey. Ils deviennent potes de galère. Quand les stormtroopers débarquent sur Jakku à la recherche de BB-8, ils parviennent à s’échapper à bord d’une « vieille épave » : le Faucon Millenium. Vielle épave ? Tu te rappelles, c’est comme ça que qualifient Luke et Leia, le vaisseau d’Han Solo…dans l’épisode 4. Dis donc, ça fait beaucoup un peu…

Et c’est ce qui m’a dérangé pendant tout le film. Il y a de grosses similitudes entre le Star Wars de J.J. Abrams et Un Nouvel Espoir. S’il ne s’agissait pas de la même saga, on pourrait même parler d’un affreux gros plagiat. Tout est attendu, on peut deviner le déroulé de la scène en avance et même la fin du film dès la première heure passée… Ok, J.J Abrams, le docteur ès remake à Hollywood, a voulu respecter le travail de Lucas et donc il n’a pris aucun risque. Mais alors, vraiment aucun.

Je veux bien qu’on parle de « film pour les fans », mais je ne pense pas que le fan absolu de Star Wars veuille vraiment voir une resucée d’un vieil épisode qu’il connaît déjà par coeur mais une saga qui avance ? Parce que sinon, ça s’appelle juste un remake. Et comme dans un remake de vieux films modernisés, on prend les vieilles histoires et… on modernise avec les nouvelles technologies. Donc, les images sont belles, les combats impressionnants, les vaisseaux, les plans, les effets spéciaux bref l’habillage est super. On est loin des petits 11 millions de dollars de budget du Nouvel Espoir. Ce sont des paillettes, de la poudre aux yeux, car au final c’est super creux et pas vraiment inventif. On a un méchant ado-emo-en-guerre-avec-lui-même-et-aussi-contre-son-père-qu’il-ne-le-comprend-pas, un autre plus gros méchant, Snoke (Hello Palpatine) qui ressemble à un vilain #CroisonsLes entre Voldemort et Golum, une Alliance Rebelle qui sort d’on-ne-sait-pas-vraiment-d’où avec une Leia là sans être là, des gentils qui balancent des idées complètement fumeuses pour empêcher les méchants d’utiliser leur Starkiller (hello l’étoile noire !), une Rey qui débarque de nulle part aussi, qui n’a jamais touché un sabre laser mais maîtrise aussi bien voir presque mieux qu’un Obi Wan Kenobi… J’aime bien tout de même le personnage de Finn, le renégat, la vraie nouveauté dans la saga. Et le torturé Kylo Ren. Mais par pitié qu’il s’achète un kilo de noirceur s’il veut être crédible et se placer vraiment du côté obscur de la Force. Pour l’instant, il ressemble davantage à une victime émotive. En attendant, ce septième épisode est une cruelle déception. On peut critiquer autant qu’on veut la prélogie de Lucas, elle avait néanmoins le mérite d’être inventive, d’enrichir la mythologie Star Wars, de créer des intrigues et d’amener parfaitement les personnages vers la trilogie originelle. L’épisode 7 n’apporte rien de neuf. Star Wars, comme bien des autres films, est victime de la pauvreté créative qui gangrène Hollywood. Plus rien ne se fait, tout se recycle.

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