Festival international de Jazz de Montréal #3 : Brian Wilson, Lord Huron et Peter Bjorn and John

C’était le festival des légendes. Comme chaque fois quand on regarde la programmation du Festival international de Jazz de Montréal. Parmi les légendes de cette année : Brian Wilson. Le survivant comme beaucoup le surnomme. Il fêtait le cinquième année anniversaire de l’album Pet Sounds des Beach Boys et par la même occasion, il faisait ses adieux définitifs à la scène, à son public, à sa vie d’artiste. Forcément, l’ambiance était particulière dans la salle Wilfred Pelletier. L’immense complexe moderne est complet. Des jeunes, des moins jeunes, des filles, des garçons, des fans et des curieux étaient tous là, au rendez-vous pour cet événement spécial. Si spécial que le directeur du festival intervient avant le lever de rideau : ne filmez pas, ne prenez pas de photos, gardez plutôt ça pour vous, dans votre mémoire. Si jamais votre voisin se lève subitement pour danser, laissez-le faire, c’est la dernière fois qu’il pourra le faire.

C’est la dernière fois. Avec ces mots, on prend conscience de l’ampleur de la soirée. Je dis souvent qu’il ne faut pas voir les légendes passées sur scène. Voir Marianne Faithfull ; Sixto Rodriguez ou Lou Reed m’avait anéantie. Les voir si faibles, si fatigués, si âgés, écornent l’image d’éternels jeunes fougueux qu’on garde en mémoire. Celle des vieilles vidéos et photos d’archives. Mais voir Brian Wilson, les 70 ans dépassés depuis quelques printemps, fait quelque chose. Entendre tout l’album Pet Sounds, les « California Girls », « Dance, Dance, Dance » ou « I Get Around » est assez émouvant. C’est dans une formation très large qu’il joue. Entouré d’une tribu de dix musiciens. Bien sûr, ce n’est pas les Beach Boys puisque certains membres sont passés de l’autre côté du fleuve. On retrouve en revanche Al Jardine, son vieux copain et Blondie Chaplin, membre du groupe au début des seventies. Ça sonne comme les Beach Boys, des harmonies à tout va, comme on aime. Quand Brian Wilson, assis derrière son piano – il ne joue pas tout le temps – ne peut plus assurer la voix, c’est Matt Jardine (et sa voix haut-perchée magnifique) qui prend le relais. Ce n’était pas le concert du siècle, cela donnait l’impression d’un chant du cygne mais il fallait y être. On ne reverra plus jamais Brian Wilson sur scène. Il fallait être là.

Brian Wilson

Je te vois déjà rouler des yeux : encore un barbu qui fait du folk. Ok, Lord Huron est barbu et chante en acoustique mais pas toujours. Sur scène, ça envoie même du très lourd. Au Métropolis, le chevelu chanteur présentait son dernier très bon album Strange Days dans une version très rock mais aux allures d’épopées américaines. Ça sent le western, les grands espaces et c’est surprenant. Moi qui m’attendait à voir un Ben Schneider statique, en dedans et un concert intimiste, j’ai été surprise (agréablement) de découvrir un band énergique qui, si on ne faisait que regarder, pouvait donner l’impression de jouer du hard-rock. Rapport aux headbangs du chanteur et des guitaristes très remuant du cuir chevelu.

Lord-Huron-5
Ça me brise le cœur de dire ça, mais sans doute était-ce ma plus grande déception : Peter Bjorn & John au Club Soda, c’était d’une platitude sans nom. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir une ribambelle de tubes (enfin, plus vraiment depuis « Young Folks », je te l’accorde).  La salle n’est pas pleine quand le concert commence. Pire elle se vide à mesure que le concert avance (il commençait à 22 heures). Après un début en fanfare, un petit bain de foule pour Peter, le groupe perd de son énergie et enchaîne les titres sans saveur et sans intérêt non plus. Ce qui refroidit très vite le public, il faut le dire. Ce n’est qu’avec le rappel et le fameux tube de pub que le groupe retrouve l’attention du public. Smartphone levé et mélodie entonnée par toute la salle. C’était pas suffisant pour garder les spectateurs. Une fois le tube chanté, une grosse partie quitte le Club Soda.

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Crédit photo : Denis Alix, Benoit Rousseau.

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