On a vu : « Rock’n Roll » de Guillaume Canet

CINÉMA – On ne s’y attendait pas mais Rock’n Roll, le nouveau film de Guillaume Canet, nous a bien surpris, et fait marrer, et fait réfléchir et interloqués. À voir d’urgence !

Pour être honnête, en entrant dans la salle je m’attendais à voir une comédie mignonne devant laquelle j’aurais souri avec condescendance. Je n’avais même pas pris la peine de voir la bande-annonce, c’est pour dire. Et bien, je m’étais complètement fourvoyée ! Rock’n Roll n’est pas un simple film mignon, c’est un bel ovni WTF, une intelligente satire du show-biz et une subtile critique de la société.

Crise de la quarantaine

On ne peut pas dire grand-chose du scénario, par peur d’en dévoiler les nombreuses surprises et autres rebondissements. L’intrigue qui démarre tranquillement et simplement, prend en effet des directions inespérées. À la suite d’une interview avec une jeune journaliste et d’une discussion avec une tout aussi jeune collègue (Camille Rowe), Guillaume Canet, dans son propre rôle, se sent devenir vieux. Pas très rock’n roll, lui dit-on ; ringard et fini, comprend-il.

S’ensuit un long questionnement sur lui-même et quelques expériences désastreuses (sexe, drogue et rock’n roll évidemment), après quoi il trouve enfin la solution à sa crise de quarantenaire. Mais cette solution (et pour votre plus grand bien, on en taira les subtilités) n’est pas du tout du goût de sa femme Marion Cotillard, de ses producteurs les frères Attal et de tous les gens du cinéma que l’acteur côtoie. La carrière de Guillaume Canet prend alors un tournant insoupçonné et le film prend le chemin de l’humour fou.

Un casting de stars

On côtoie le monde du cinéma français : Guillaume Canet, Marion Cotillard, Yvan et Alain Attal, Gilles Lellouche, etc. Tous jouent leurs propres rôles à merveille. On les voit évoluer dans leur milieu naturel, dans une caricature cinglante pleine d’humour.
À ceux-la s’ajoutent d’autres têtes bien connues, notamment l’incroyable Johnny Hallyday, qui n’hésite pas à faire une cascade inoubliable, sa femme Laeticia, l’américain Ben Foster, le jeunot Kev Adams, le beau gosse Maxim Nucci, l’exaspéré Philippe Lefebvre, le rockeur Yarol Poupaud, j’en passe et des meilleurs. Ils jouent tous leur rôle à la perfection, facile peut-être puisqu’ils jouent leur propre personnage, mais pas si simple quand même d’avoir une telle dose de second degré.

Rock'n Roll

Second degré, en veux-tu en voilà

Car oui, du second degré il y en a ! C’est d’ailleurs ce sur quoi repose tout l’humour du film, à côté de l’absurde et de l’extravagant. Guillaume Canet se moque de lui-même, père et époux vieillissant, acteur en fin de carrière, corps flasque et vie rangée. Mais à travers la caricature de son personnage et du milieu du show-biz, ce qu’il dit surtout c’est qu’il n’y a pas de mal à être tout ça à la fois. Qu’il faut accepter les rides et les critiques. Heureusement, cette bonne et gentille morale transparaît seulement en arrière-plan. Bien loin derrière l’humour désemparant des situations. De bonnes chutes bien lourdes, des répliques acerbes, des costumes extravagants, des accents ridicules, des situations grotesques, etc.

Un scénario qui prend des directions inouïes

Le scénario, qui pouvait sembler simple et prévisible pendant les 40 premières minutes, prend un tournant totalement insoupçonné. Sans trop en dévoiler on peut dire que Guillaume Canet pète les plombs. Comme son personnage, le film devient un extraterrestre drôle et touchant. Une fois lancée, la machine infernale ne peut plus revenir en arrière et on se demande jusqu’où le personnage et le film vont aller. On n’est pas déçu !

Un seul conseil, allez voir ce film !

Rock’n Roll de Guillaume Canet, avec Guillaume Canet, Marion Cotillard, Philippe Lefebvre, Gilles Lellouche… En salle depuis le 15 février.

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