BELLFL0WER : « Le live c’est comme une grosse fête, ça explose »

INTERVIEW – On ne les connaît pas encore en France, pourtant au Québec, ils font déjà parler d’eux, et en bien. Découvrez le talentueux octuor québécois BELLFL0WER.

BELLFL0WER a été LE coup de coeur de mon Festival d’été de Québec 2016. Depuis ce jour, on attend les Canadiens de pied ferme en France pour revivre cette intense expérience musicale. Il faut dire qu’on n’était pas préparé à un tel bouillonnement aérien de nuances, de sons et d’émotions. En attendant de les retrouver de l’autre côté de l’Atlantique, on a pu discuter avec Em’ Pompa, chanteuse et compositrice de BELLFL0WER.

« Nous sommes huit amis. »

Rocknfool : Est-ce que vous pouvez vous présenter brièvement pour tous les Français qui ne vous connaissent pas (encore) ?
Em’ : Nous sommes huit ami(e)s et nous nous sommes presque tous rencontrés à l’Université de Montréal pendant nos études il y a de ça environ neuf ans. Au tout début j’ai amené mes compositions à William Côté (batteur) ainsi qu’à Félix Petit (saxophoniste). Nous avons tous les trois réalisés le premier album The Lotus Factor. Pour cet album paru en 2013, nous avons demandé à nos amis de se joindre à nous (à l’exception de notre choriste Kathryn Samman qui s’est jointe à nous un peu plus tard). Depuis nous sommes une grande famille de huit.

BELLFL0WER au Festival d’été de Québec (c) Emma Shindo

Le nom BELLFL0WER vient de cette cloche que vous avez sur scène ou pas du tout ?
Pas du tout ! (rires)  William et moi avons trouvé cette cloche dans un marché aux puces à Montréal.  Nous venions tout juste de composer la pièce « Cyclone Waltz » dans laquelle il y avait un faux son de cloche. Nous avons sauté sur l’occasion pour la ramener avec nous afin de l’avoir sur l’album et en spectacle. Bel adon (hasard ndlr) !
Pour ce qui est du nom BELLFL0WER, je l’ai choisi pour la sonorité du mot. C’est bien difficile de choisir un nom de groupe.  Des fois nous cherchions trop loin pour qu’il y ait un rapport parfait avec le groupe et/ou la musique. BELLFL0WER est en fait un film bien particulier et un peu trash que j’ai bien aimé. J’aimais le mot, je l’ai choisi… Pas plus simple que ça !

Vous avez sorti il y a quelques mois votre second album et vous vous êtes agrandi en même temps. Que s’est-il passé entre The Lotus Factor et The Season Spell ?
La première pièce que j’ai composée après avoir sorti The Lotus Factor était « Cyclone Waltz ». C’est avec cette pièce que j’ai commencé à expérimenter un peu plus avec les harmonies vocales. En avril 2014 nous avons enregistré et filmé une session live de cette pièce. J’ai demandé à Kathryn Samman de se joindre à nous pour cette captation et depuis elle fait partie de la famille.  Il faut dire aussi que j’adore rajouter des instruments à mes compositions. Pour le deuxième album The Season Spell, Marie-Noëlle Bois s’est aussi rajoutée pour enregistrer du saxophone baryton.

Comment vous décririez The Season Spell à une personne sourde ?
Je l’inviterais à l’un de nos spectacles.  Ça en dit beaucoup quand on nous voit en live.  On est super expressifs et énergiques.  Même si cette personne n’entend pas, je pense bien qu’on serait capable de l’emporter dans notre univers.

Vous êtes huit. Forcément, on se demande comment vous vous organisez, comment vous vous répartissez l’écriture des paroles, les parties instrumentales ?
C’est principalement moi qui compose tout au départ. Je fais des maquettes sur lesquelles j’enregistre presque tout. Je chante aussi les parties des saxophones et de la trompette. Cela donne une bonne base à apporter au groupe afin de pouvoir monter une pièce ensemble. Il n’y a rien de fixé dans le béton, il est très important pour moi d’avoir la participation des autres musiciens. Ils mettent beaucoup de leur personnalité dans leur playing et ils proposent aussi de belles idées. C’est comme ça que les pièces se forment et c’est ce qui donne la sonorité et le caractère de BELLFL0WER.

« Nous créons des atmosphères, des mondes, c’est très cinématographique. »

D’où viennent vos paroles, et vos idées musicales ?
Pour les paroles je m’inspire de ce que je vis, ce qui m’entoure et de ce qui m’inspire. J’aime bien mettre des images sur des sentiments afin de créer des ambiances et raconter des histoires. Côté musical c’est un peu la même chose. Nous créons des atmosphères, des mondes, c’est très cinématographique par moment. Nous avons tellement d’influences musicales que cela se ressent beaucoup dans nos pièces.

Qu’est-ce que vous écoutez comme musique ?
Plusieurs trucs. J’aime beaucoup Alabama Shakes, Tom Waits, James Blake, Elbow, Radiohead… il y a tellement d’artistes qui me font tripper. C’est drôle, ces temps-ci je réécoute du Metallica. J’aime beaucoup replonger dans des trucs que j’écoutais quand j’étais plus jeune. C’est mon côté nostalgique.

Des goûts en commun ou un vrai arc-en-ciel de goûts et couleurs au sein du band ?
Un peu des deux. Nous avons plusieurs goûts en commun, mais le fait d’être nombreux aussi nous permet justement d’échanger nos goûts et de découvrir d’autres bands et styles musicaux.

BELLFL0WER au Festival d’été de Québec (c) Emma Shindo

Je vous ai découverts en live, c’était grandiose. Et j’avoue ne pas retrouver les mêmes émotions quand j’écoute votre album qui est forcément plus linéaire/contenu que votre live que j’avais absolument adoré. Quelle est justement votre relation au live ? Comment vous l’appréhendez ?
C’est certain qu’en live ça explose. C’est comme une grosse fête. Nous sommes bien excités d’être sur scène et c’est une expérience beaucoup plus « dans ta face » que d’écouter l’album. C’est très vivant, la scène est bien remplie et c’est très divertissant pour les oreilles  mais aussi pour les yeux… Ça bouge pas mal ! On a aussi beaucoup de plaisir à chaque fois et ça transparaît dans notre musique.

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J’ai eu un mal fou à trouver les mots pour vous décrire par écrit. Vous ne rentrez dans aucune case ?
Tu n’es pas la seule. C’est difficile pour moi de mettre une étiquette sur ce que l’on fait. Comme je disais un peu plus tôt, nous avons tellement d’influences musicales et il est impossible pour nous de rentrer dans un moule précis. Je crois que c’est ce qui donne beaucoup de richesse à BELLFL0WER. « Pop-orchestral » semble être un bon qualificatif, mais à cela il faudrait rajouter des traits de folk, de rock, de jazz, de musique cinématographique etc.

Est-ce qu’être aussi nombreux est une chance au niveau de l’ébullition des idées ou plutôt facteur de dispersion du travail et de l’énergie ?
Les deux. C’est certain qu’avec beaucoup de gens c’est facile de s’éparpiller, mais j’ai généralement une bonne idée de comment une pièce devrait sonner. Dans l’autre sens par contre, il y a des idées auxquelles je n’aurais jamais pensé. N’étant pas saxophoniste, ni bassiste, ni pianiste, il y a des trucs auxquels je ne pense pas, et c’est là où l’expertise des instrumentistes et leurs multiples idées sont essentielles à notre musique.

C’est quoi la suite ? Un nouvel album ? Une tournée européenne ?
On vise un troisième album c’est certain !  On adorerait une tournée européenne aussi. Nous avons une petite tournée en Alberta cet été ce qui est bien excitant, sinon nous essayons de jouer un peu partout chez nous au Québec. Notre but est de pouvoir partager notre musique avec le plus de gens possible. Donc c’est certain qu’on vise à sortir du pays et faire des tournées un peu partout dans le monde… Le rêve !

Propos recueillis par Emma Shindo

Écouter BELLFL0WER :

Merci à Em’ et à Marie-Noëlle.

Photo de couverture (c) Philippe Richelet

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